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CHRONIQUE PAR ...

90
Seth
Cette chronique a été mise en ligne le 22 août 2012
Sa note : 10/20

LINE UP

-Nathan Perry
(chant+guitare)

-Mark Hoffman
(chant+guitare)

-Darren Amaya
(basse)

-Greg Spalding
(batterie)

TRACKLIST

1) Sexual Overture - While You Were Away
2) Out for Blood
3) Raw and Order
4) The Parcher
5) I Know What Is Right (In the Night)
6) Anytime
7) Can’t Turn Off the Sun
8) Yer Boy
9) Night Street

DISCOGRAPHIE


Bible of the Devil - For the Love of Thugs and Fools
(2012) - hard rock stoner - Label : Cruz Del Sur Music



Des Américains qui font du stoner / hard rock, on ne va pas se mentir, ce n’est pas forcément super rare. Bible of the Devil, qui outre s’illustrant par un nom grandement évocateur de clichés, n’en sont cependant pas à leur premier méfait puisque les quatre garçons de l’Illinois se sont formés en 1999. For the Love of Thugs and Fools constitue leur sixième album studio, reste à savoir si le pouvoir du rock n' roll est encore avec eux.

Bible of the Devil officie donc dans un stoner honnête aux couleurs old school, rappelant ainsi le doom et le hard rock d’une époque aujourd'hui révolue. Les influences au travers de leur musique sont claires, tant par les références directes à Black Sabbath, à travers la voix et l’attitude vocale du chanteur qui ne sera pas sans rappeler Ozzy Osbourne, mais également par des riffs épais et efficaces à l’image de ceux de Tony Iommi. On aura également des influences plus subtiles, un peu moins perceptibles comme un peu de Kiss par moment, mais également du Thin Lizzy ancienne époque, bref, que des bonnes choses. Il est cependant difficile, lorsque les influences musicales sont si évidentes, de parvenir facilement à s’en démarquer. Bible of the Devil arrive plus ou moins à se forger un son, mais il est malheureusement loin du niveau de celui de ses idoles.
Pour faire court, Bible of the Devil, c’est un peu comme une fête rock n' roll avec de la bière (beaucoup de bière) et un barbecue. Oui, le barbecue à son importance. Le genre de fête ou l’on écouterait Motörhead et AC/DC, Black Sabbath et les autres, et où l’on remuerait les cheveux de façon frénétique en faisant du air guitar, ce qui ne manquerait pas d’effrayer les voisins. Mais c’est également le genre de fête où l’on s’enfilerait tellement de bière qu’au bout d’un moment on n’y verrait plus très bien, on n’entendrait la musique qu’à travers le filtre déformé de notre esprit embrouillé, et l’on serait obligé de s’asseoir parce que « ça tourne ». C’est généralement à partir de là que la soirée devient beaucoup moins drôle.
Voila donc l’impression générale de For the Love of Thugs and Fools. La musique est là, vibrante et physique, à la limite du palpable tant elle sera épaisse, mais les mélodies sont parfois tellement incohérentes qu’elles en deviennent étrangement écœurantes si l’on s’obstine à essayer de les suivre. L’exemple le plus frappant sera sur "I Know What Is Right" : Je sais ce qui est bon. Nous, clairement pas. Ou alors vraiment pas en écoutant cette chanson. L’incohérence sera tellement agaçante par le fait qu’elle ne s’arrête jamais vraiment tout au long de l’album qu’elle est deviendra proprement énervante, car l’on sait malgré tout que ces musiciens sont probablement capables de mieux (par mieux on entend faire écrire les lignes musicales par quelqu’un d’autre, ce sera déjà un énorme progrès).


Vous l’aurez compris, For the Love of Thugs and Fools ne vous donnera pas vraiment des frissons, ou alors du genre pas très agréable. Ils ont certes de bonnes influences qui transparaissent clairement dans leur musique, mais malgré cela il sera difficile d’apprécier la mixture tant les mélodies semblent hasardeuses. Mais encore une fois, en fin de soirée lorsque notre conception du monde est d’avance déformée par une consommation qu’on ne peut qualifier de raisonnable, peut-être que ça passe bien.


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