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CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 18 septembre 2012
Sa note : 5/20

LINE UP

-Marco Gregor
(chant)

-Patrick Bayernhammer
(guitare)

-Martin Ibele
(basse)

-Christian Gratewohl
(accordéon)

-Martin Bottlinger
(tuba)

-Christian Häberlein
(batterie)

TRACKLIST

1) Da Deifel is a Oachkatzerl
2) Da Mäddelbänger
3) Fürstenfeld
4) Geh lass ma mei Ruah
5) Bayer
6) Brutaler Modelwahn
7) Mausig schaut mei Alte aus
8) Säuferjodler
9) Küss die Hand
10) Herr Kerkermeister
11) Die oide Goass
12) O'Zapft is
13) Volksmetal Thema

DISCOGRAPHIE

Volksmetal (2012)

Volksmetal - Volksmetal
(2012) - punk folk daube - Label : Soulfood



Je ne suis pas un homme joyeux. Même devant un habile humoriste, je ne parviens le plus souvent qu’à esquisser un sourire quasiment indétectable, pouvant facilement être confondu avec un rictus sadique ou affligé. En ce qui concerne la musique, c’est bien pire encore : pour moi, musique et humour sont absolument antinomiques. Je n’écoute pas de la musique pour rire, mais plutôt pour frissonner devant une puissance terrifiante, être impressionné par une noirceur spécialement intense ou une virtuosité élégante. Alors les gens qui plaquent trois misérables accords pour essayer de faire rigoler l’assistance, ça me donne juste envie de mourir. Comme Volksmetal.

Volksmetal = folk + metal (ne me remerciez pas, j’ai fait Allemand 1ère langue). Tout est dit. Mais attention, pas du folk mélancolique, mystérieux, évoquant le ménestrel sortant de la brume pour nous fasciner avec ses contes et légendes : non, ici, il faut sortir la chope de 2 litres, les saucisses, l’accordéon et la trompette, sans oublier les bretelles et les chaussettes montantes. Ajoutez juste quelques guitares saturées et une batterie metal, et voilà, c’est parti pour un ska/punk/metal/folk en allemand, où tout a été pensé pour se rouler par terre, vomir sa bière, tabasser son voisin, aller chercher du rab de saucisse-frites et recommencer l’opération, sans oublier de sourire bêtement parce que Volksmetal, les copains, c’est trop rigolo.

Alors voilà, douze titres et trente-sept minutes plus tard, les oreilles saturées de mélodies champêtres et de sonorités musettes, c’est l’air hagard qu’on appuie sur stop et qu’on se demande ce qu’il vient de se passer. Qu’a-t’on bien pu faire pour mériter ça ? Chaque chanson est plus affligeante que la suivante, avec ses rythmes idiots et ses paroles que l’on devine bas du front même sans chercher à les comprendre, le tout déclamé en allemand d’un air concerné donnant l’impression d’être coincé à une kermesse campagnarde, entre la pêche à la ligne et le bar à bière. Le pire, c’est qu’on ne peut même pas dire que ça soit mal fait : la production est bonne, solide, et tout cela respire le sérieux dans la mise en forme. Mais rien n’y fait : c’est insupportable.


Traitez-moi de peine-à-jouir ou de pisse-froid, mais non, Volksmetal ne m’aura pas arraché un sourire. Ou alors, éventuellement là maintenant, tandis que je rédige la conclusion de cette chronique, car cela signifie que je vais pouvoir ne plus jamais écouter Volksmetal. Et si cela devait être le cas un jour, laissez-moi le temps de boire 4 litres de bière avant : ça ne rendra pas la musique meilleure, mais au moins j’aurais plus de mal à m’ouvrir les veines. Vite, un disque de suicidal black.


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