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CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 23 septembre 2012
Sa note : 10/20

LINE UP

-Thebon
(chant)

-S. Gronbech
(tous les instruments)

TRACKLIST

1)In Otherness
2)The Host
3)Darker Days Coming
4)Inhuman States
5)So Cold
6)The Malady
7)Va Shia (Into The Spectral Sphere)

DISCOGRAPHIE


Khonsu - Anomalia
(2012) - black metal metal prog amosphérique moderne - Label : Season Of Mist



Alors, Khonsu, c’est euh… un groupe avec… enfin non, pas un groupe, mais un one-man band qui fait une musique plutôt… metal, je dirais. Bon, on trouve pas mal d’influences progressives, c’est vraiment varié, un peu extrême, mais pas trop non plus, genre pas tout le temps. Même si des fois ça blaste dur. Au final, c’est un peu chouette, même si par moment pas super réjouissant, voire carrément naze. Mais y a de chouettes passages, et euh… non, c’est plutôt l’inverse, en fait. Je ne sais plus.

Oui, j’éprouve quelques difficultés à cerner Khonsu. C’est un metal plutôt extrême parce que la majorité du chant est hurlé et que le blast n’est pas vraiment timide, mais on oscille entre Samael, Fear Factory, Emperor, Dimmu Borgir et Arcturus - des ambiances par moment presque électros, des synthés aux sonorités un peu audacieuses, presque « space », et pas mal de passages surprenants avec chant clair, plus posés… Assurément, c’est varié et plutôt osé. Khonsu est une œuvre née de l’esprit de S. Gronbech, connu principalement pour être le frère du guitariste de Keep Of Kalessin avec qui il a déjà travaillé, mais Anomalia est sa première vraie apparition. Il joue sur cet album tous les instruments, le chant étant quant à lui assuré par Thebon, chanteur de (évidemment) Keep Of Kalessin : c’est donc une histoire de famille et d’amis, surtout que A. O. Gronbech, le frérot de Keep Of Kalessin, joue en live avec lui. Petit comité, on met ses relations à profit : voilà quelque chose d’intelligent.

Mais au final, le résultat laisse un peu songeur. Assurément, on ne sait pas par quel bout le prendre, cet album. "In Otherness" est le premier titre à nous tendre la main, avec son atmosphère assez proche d’Arcturus, son piano entêtant, sa guitare acoustique et sa batterie indus', le tout enrobé de nappes de synthé : le tout est plutôt sympa, mais étiré sur plus de 9 minutes, il perd de son efficacité en se répétant trop longuement. "The Host" est plus typiquement black symphonique, avec son chant et son atmosphère malsaine, mais là encore le manque de concision du titre l’empêche de dévoiler son plein potentiel. "Darker Days Coming" se pose avec son ton plus atmosphérique, plus progressif, avec voix susurrée et rythme lent, mais pour la troisième fois d’affilée, on se prend à trouver le temps long, la chanson manquant clairement de tension pour retenir l’attention de l’auditeur.

Retour au brutal avec "Inhuman States", qui évoque Emperor avec un titre là encore très long – une fois de plus, on dépasse les 9 minutes – mais cette fois-ci déjà plus convaincant, son côté sans concession et ses blasts ravageurs installant une atmosphère plus poisseuse, plus agressive, portée à son paroxysme et parvenant, sur son final électro-symphonique (rappelant un peu Jean-Michel Jarre, avec ce son de synthé un peu démodé) à vraiment donner une cohérence à sa musique. On passera rapidement sur la pénible "So Cold" avec enfin un titre vraiment efficace : "The Malady". Ambiance très dark, lente, synthés qui glissent et voix trainante, voilà presque de quoi mettre en musique une messe noire. Le chant rappelle par moment celui d’Elend, et quant au thème, il est habilement mis en valeur par une batterie sobre mais bien écrite : voilà bien le seul titre quasi sans faute de l’album. Car les dernières 14 minutes de "Va Shia (Into The Spectral Sphere)" se révèleront fades et peu inspirées, servies par un chant asthénique et pénible…


Sur 58 minutes, trop peu de matière mémorable. L’album est long mais dans sa globalité lourd, pénible, plat et fade, hormis les deux titres cités plus haut : la violence d’"Inhuman States" et la torpeur de "The Malady" sauvent l’album du naufrage, mais ça n’est clairement pas assez pour le tirer vers le haut. On laissera donc cet album de Khonsu flotter mollement entre deux eaux, dans son inoffensive médiocrité, et on passera vite à autre chose.


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