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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 25 septembre 2012
Sa note : 15/20

LINE UP

-Wilson
(chant)

-Myk
(guitares+chant)

-Martin
(guitare+chant)
 
-Scrivener
(basse+chant)
 
-James
(synthé)
 
-Sam
(batterie)

TRACKLIST

1) Construct: Illusion
2) Into Etherea
3) Aphotic
4) Eternal Eclipse
5) Shadow of Prophecy
6) Traces From the Past
7) Dimensions
8) Origins of the Future
9) The Immaculate Deception
10) Wreathed In Flame (Bonus Track)

DISCOGRAPHIE

Dimensions (2012)

Saturnian - Dimensions
(2012) - black metal symphonique - Label : Indie Recordings



Décidément, Dimmu Borgir et Cradle Of Filth n’en finissent plus de faire des émules. Saturnian semble être le dernier rejeton de l’héritage des deux poids lourds du genre – à savoir, bien sûr, le black métal symphonique pompeux et riche en clavier – même s’il faut reconnaitre que lesdits poids lourds ne sont plus vraiment depuis un moment au top de leur forme. Alors faut-il parler d’héritage ou de relève ? Trop tôt pour le dire, mais en tout cas Saturnian va s’avérer être un challenger plus que sérieux.

Les Anglais nous servent ici, pour un premier album, une œuvre étonnamment dense, riche, mature et puissante. Tous les canons du genre sont respectés : du blast, des passages plus lents, beaucoup – très beaucoup – de claviers, des riffs criards et un chant varié, tant black que death et voire même parfois chanté. Sauf qu’avoir les ingrédients, c’est plutôt facile, mais faire prendre la sauce est un tout autre défi, sur lequel beaucoup se sont cassés les dents en proposant de simples riffs avec surenchères d’arrangements inutiles. Dimensions évite avec une étonnante facilité cet écueil en proposant une musique puissante et variée, bien mise en valeur par les orchestrations et portée par un chant inspiré et puissant.

Bien sûr, les réminiscences tant de Cradle que de Dimmu sont vraiment sensibles : plus d’une fois on se surprend à se dire que tiens, tel gimmick, tel arrangement ou tel riff rappelle l’un ou l’autre des maitres du genre – voire les deux. Mais il faut reconnaitre que ce ressenti nous ramène plutôt vers l’âge d’or des deux formations, cette période ou Dimmu Borgir avait des tonnes d’idées à la seconde et où la bande à Dani n’était pas encore tombée dans la surenchère caricaturale et répétitive. Du coup, on hésite un peu à blâmer le groupe pour ces ressemblances évidentes ou à le féliciter pour avoir appliqué la recette de manière talentueuse et intelligente, tout en restant cantonné dans le rassurant pré carré délimité à la fin des années 90 par les pionniers du genre.

Dimensions est un album dense et long (presque une heure), sans véritable temps mort, le rendant assez ardu à appréhender. Il y a gros à parier que certains auditeurs finiront un peu écœurés à la fin de l’album par tant d’arrangements et de richesse. La plupart des titres font plus de six minutes, ce qui n’est certes pas surprenant dans le style pratiqué, mais la qualité de l’œuvre souffre un peu de ne pas être un peu plus aérée – d’autant que la production n’aide pas à donner de la légèreté à l’ensemble : pas qu’elle soit mauvaise, mais entre une batterie en blast, des chœurs, des violons, deux chants différents et toutes les guitares, autant dire que c’était mission impossible pour Russ Russel, qui a pourtant déjà travaillé avec Dimmu Borgir en tant qu’ingénieur du son lors de tournées.


Toutefois, au fil de l’eau et pour qui n’est pas allergique à une certaine pompe et aux orchestrations très imposantes, Dimensions se révèle au fur et à mesure des écoutes un album efficace et réussi. Certes, on préfèrera souvent s’en envoyer une chanson seule et en profiter à fond, l’écoute intégrale de l’album ayant tendance à diminuer l’impact pourtant bien réel de la musique de Saturnian. En tout cas, pour un premier album, c’est carrément prometteur.


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