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CHRONIQUE PAR ...

16
Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 26 septembre 2012
Sa note : 13/20

LINE UP

-Felix Orschel 
(chant + guitare) 

-Andy Arnold 
(guitare)

-Locke Heylmann
(basse) 

-Christian Bogert 
(batterie)

TRACKLIST

1) Schmerz, neu definiert
2) Mein Weg, mein Wille, mein Leben
3) Seite an Seite
4) Benzin
5) Paranoia
6) Diese Traum
7) King Kongs Schwester
8) Jag mich zum Teufel
9) Nur wenn Du träume hast
10) Leuchtfeuer
11) Alles was ich will

DISCOGRAPHIE


Unherz - Das Wahrheit liegt dazwischen
(2012) - rock heavy metal punk - Label : Massacre



Encore eux ? Trois albums en trois années d'existence, voilà un rythme rarement vu depuis le début des années 80 ! Soyons clair, ceux-ci ne risquent pas de rivaliser avec l'imparable triplette Iron Maiden / Killers / The Number of the Beast mais bon, quelle est la probabilité de revoir un tel exploit aujourd'hui ? Et puis au pire, les gars d'Unherz pourront toujours se recycler dans la communication politique : en effet, si Bayrou avait utilisé ce genre d'image pour utiliser un slogan comme « La vérité se trouve au milieu », il aurait sûrement fait beaucoup mieux que 9%...

Mais bon, la reconversion attendra car Unherz a encore pas mal de bonnes choses à nous offrir. D'ailleurs ils ne perdent pas de temps, puisqu'avec "Schmerz, neu definiert", Unherz dispose d'un excellent burner animé par cette énergie punk qui caractérise le groupe. C'est une rampe de lancement parfaite pour le meilleur morceau de l'album, "Mein Weg, mein Wille, mein Leben". Comme souvent, c'est grâce à l'intensité du chant de Felix Orschel que les Allemands font la différence. Du coup, sur l'irrésistible refrain groovy, quand il nous balance un truc genre « Bienvenue dans mon monde, si ça vous plaît pas je m'en cogne parce que c'est ma vie », et ben on y croit à fond. Fidèle à ses bonnes habitudes, Unherz sait aussi parfaitement calmer le jeu, en l'occurrence avec "Seite an Seite" qui mixe metal et rock plus mainstream sur le refrain aux arrangements plus soft. Déjà, rien qu'avec ses 3 titres, l'affaire est quasiment pliée.
La suite n'est pas mal non plus, mais elle se situe tout de même un bon cran en-dessous. Pour faire simple, disons que les idées sont là, mais qu'il manque régulièrement la touche finale : le refrain qui tue. C'est le cas sur "King Kongs Schwester", un morceau punk assez léger qui souffre justement de son refrain un peu balourd, et surtout de "Paranoia". Sur ce titre, le plus agressif de l'album, Unherz est à deux doigts de tenir son nouveau "Inferno" ou "Kein Paradies", qui figuraient tout deux parmi les temps forts de leurs albums respectifs. Malheureusement, si le riff allie une nouvelle fois à merveille simplicité et efficacité, l'estocade tant attendue n'a pas lieu. Tant pis, cela restera un titre "juste" sympa, comme "Jag mich zum Teufel" un peu plus loin et son riff hard rock bien envoyé. Profitons-en d'ailleurs, car le groupe a décidé de lever sérieusement le pied sur le dernier tiers de l'album.
Celui-ci commence par "Nur wenn Du träume hast", une ballade, pas franchement le terrain de jeu favori des Allemands jusque-là. Bonne pioche cette fois, car il se dégage de ce morceau émouvant une réelle touche mélancolique, renforcée par un joli solo bluesy. Plus surprenant, "Leuchtfeuer" : ce titre acoustique, qui laisse une grande place à l'accordéon, ressemble à un chant de marin à entonner dans les rades du port de Hambourg, comme si les Pogues avaient débauché un chanteur allemand ! Quant au dernier titre, présenté comme un bonus track, il s'agit avant tout d'une petite fantaisie. Encore en acoustique, chanté par un autre musicien, celui-ci nous raconte que le rock est tout ce dont il a besoin, qu'il aimerait que Bon Scott et Kurt Cobain reviennent, qu'il aimerait qu'AC/DC joue à son anniversaire… En somme, une conclusion légère dans la lignée de "La Complainte de Fanch" sur le premier album de Matmatah.


Ah, ces mecs-là, ils ont vraiment un truc. Ce ne seront jamais les meilleurs compositeurs du monde ni les meilleurs interprètes, on peut affirmer sans trop s'avancer qu'ils ne sortiront jamais quoi que ce soit d'exceptionnel, et pourtant leurs albums ont toujours ce petit goût qui donne envie d'y revenir. Das Wahrheit liegt dazwischen ne fait pas exception à la règle, et si vous êtes un peu à plat et que vous êtes en quête d'un peu d'énergie à l'état brut pour vous rebooster, ne cherchez pas plus loin.


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