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CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 13 octobre 2012
Sa note : 13/20

LINE UP

-Josh Gibson
(chant)

-Steve Rice
(guitare )

-Roberto Proietti
(guitare)

-Danyael Williams
(basse)

-Wayne De Vecchi
(batterie)

TRACKLIST

1) The Serpentine Ritual
2) Torn Down
3) Time To Kill
4) Ambush
5) Old School Thrasher
6) Coat Of Blood
7) Cold Hard Floor
8) Law Of The Land
9) The Day The World Dies
10) Prisonner Of The Flesh
11) My Neighborhood (bonus) 

DISCOGRAPHIE


Kill Ritual - The Serpentine Ritual
(2012) - thrash metal - Label : Scarlet Records



Kill Ritual est un groupe qui a été formé en octobre 2010 par 2 membres d’Imagika, groupe relativement connu pour ne pas être connu, qui ont recruté Danyael Williams, un ex-Dark Angel à la basse. Notons que nos copains viennent d’un petit endroit à côté de la célèbre Bay Area, et ça se ressent. Ils nous offrent cette année un album qui montre que les gus ont déjà quelques heures de vol dans le métier.

55 minutes de thrash c’est long, bien trop long, ça fait au moins 10 minutes de plus que le maximum humainement tolérable. Exodus connaît bien ce problème avec ses dernier albums d’ailleurs, avec ces morceaux de 8 minutes auxquels on pourrait retirer deux couplets pour éviter ce genre d’écueils. Bref, vous aurez du mal à finir l’album, à moins que celui-ci ne contienne des passages mémorables à la pelle pour compenser. Cou de chance, The Serpentine Ritual ne s’en tire pas trop mal de ce côté-là. Chaque titre a un riff principal relativement solide ("Torn Down" ou "Old School Thrasher" en particulier) pour le porter, même si un certain manque de passage réellement marquant se fait sentir à plusieurs reprises. Pour aider l’auditeur, le groupe a eu la bonne idée de prendre un chanteur de heavy, loin des Petrozza, Souza et autres Baloff, éminents spécialistes du chant sur 3 notes. Le gus apporte d’ailleurs des mélodies qui facilitent l’assimilation de l’album, sans se lancer dans des montées dignes d’un des sopranos du power metal. En revanche, l’imitation d’un punk à chien sale et qui pue avec sa crête sur la tête (c’est la fête !)  sur "Prisonner Of The Flesh" était tout à fait dispensable.
Il n’est d’ailleurs pas le seul à avoir un potentiel mélodique, car sous leurs airs de gros thrashers, les petits gars de Kill Ritual diluent leur musique avec une bone dose de heavy, un peu comme si Peace Sells rencontrait Youthanasia. Ecoutez "Time To Kill" et les nombreuses leads qui sont dispersées en son sein ou la superbe fin de  "Prisonner Of The Flesh" pour vous en convaincre. Les rythmiques ne sont pas en reste, efficaces, bien que basiques, la batterie alternant le tap-tap thrash avec du rythme binaire rock, et ne prennant pas réellement le risque de faire quelque chose de plus personnel. Eventuellement, on pourra saluer la tentative de faire plus nuancé, voire progressif sur "Coat Of Blood", avec même un côté épique pas désagréable sur les refrains. Il en faudrait plus des comme ça, au lieu des pièces qui se vautrent un peu, comme ce "Cold Hard Floor", assez poussif malgré la petite accalmie pas mauvaise au milieu. Et voilà, encore une sortie thrash qui ne fait que suivre les codes du genre en faisant plutôt bien ce que tant d’autres ont déjà perpétré par le passé. C’est ça The Serpentine Ritual, une prod' énorme qui permet même de distinguer la basse, une musique relativement simple dans sa construction avec de la mélodie un peu partout, la bonne vieille recette des Metallica et Megadeth, un thrash mâtiné de heavy efficace, mais sans réelle prétention car dénué de l’éclair de génie que ces deux formations ont pu avoir.


Bien que disposant d’un potentiel intéressant, Kill Ritual se verra très sûrement noyé dans une vague revival thrash qui semble avoir encore de beaux jours devant elle, même si elle peine à révéler un disque aussi mémorable que la glorieuse période des années 80. Un bon groupe de D2 qui mérite l’audition pour ceux qui seraient lassé des Hexen, Toxic Holocaust et autres Bonded By Blood. Avec une prise de risque plus grande la prochaine fois, ou même un simple gimmick personnel qui les distinguerait un tant soit peu de la masse, le groupe pourrait récolter plus d’honneur. Reste que pour un premier essai cela reste fort satisfaisant.


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