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CHRONIQUE PAR ...

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Wrathchild
Cette chronique a été mise en ligne le 05 novembre 2012
Sa note : 13/20

LINE UP

-Fabio D'Amore
(chant)

-Davide Penna
(guitare)

-Sam Lanfranchini
(claviers)

-Juan Manuel Savoini
(basse)

-Fabio Nasuelli
(batterie)

TRACKLIST

1) Prisoner
2) Earn Your Answers
3) Vicious Circle
4) Lost In A Belief
5) Joke
6) Deeper Signs
7) Walkabout
8) Missing
9) Broken Soul

DISCOGRAPHIE

Walkabout (2012)

Mirrormaze - Walkabout
(2012) - metal prog - Label : Bakerteam Records



Qui l'eut crû ? On savait les Italiens forts à l'aise dans le power metal, mais il semble dorénavant qu'il faudra aussi compter sur eux dans le métal progressif. Chose que tente de prouver Mirrormaze, un jeune groupe formé en 2008 et qui se vit complété en 2010 par le chanteur Fabio D'Amore. Voici donc leur premier méfait, ou bienfait. A voir, donc.

Ce qui est très clair, dès les premières notes de "Prisoner", c'est que Mirrormaze, au cours de ce premier opus, puise son inspiration chez Dream Theater - on peut tout à fait imaginer que devenir calife à la place du calife est l'ambition des membres du groupe. Ils jouent un metal assez mid-tempo agrémenté de nombreux passages instrumentaux. Ils ajoutent aux riffs évoquant le groupe sus-nommé certains qui auraient toute leur place chez des groupes comme Nightwish, comme sur "Earn Your Answers". Les musiciens connaissent leur affaire, aucun doute là-dessus. Ils affichent un professionnalisme et une virtuosité digne de ce style de musique. Le batteur n'est pas au niveau de Mike Portnoy - ce n'est pas à la portée de tout le monde - mais il met un point d'honneur à ce que le coeur de la machine batte à plein. A travers ce disque, Mirrormaze y ajoute des notes acoustiques ici et là, des passages jazzy ou gypsy, ou bien encore plus heavy rock ("Broken Soul") pour un metal très varié, à cheval entre une musique très actuelle et des références nombreuses aux années 80.
On peut parfois se trouver à regretter les nombreaux changements de rythme dans les chansons. Oui, on peut en entendre certains clamer « C'est du prog' ! Faut s'y attendre ! » Oui, c'est pas faux ; mais, par moment, ces changements et autres intermèdes musicaux n'apportent rien au titre. Au contraire, ils aident à perdre de vue cette entité qui s'appelle chanson. Un titre comme "Lost In A Belief" en est un très bon exemple : il commence avec une intro sympa à la guitare sèche style gypsy, et se perd ensuite dans des méandres musicaux - avec un nom comme Mirrormaze, il y avait certes danger. Pas moins de dix changements de mélodies au compteur pour un titre qui avoisine les neuf minutes, ça fait toujours beaucoup. Certains y prendront leur pied, sans aucun doute. L'autre bémol est dans le choix de ces ambiances. Ici, elles ont quelques fois un côté ringard. Les passages orgues Bontempi des années 80 devraient être bannis de tout album digne de ce nom en 2012. Un titre comme "Joke" se voit affublé de passages évoquant certaines atmosphères de film d'horreur, mais pour le coup, ceux-ci donnent dans le carton-pâte de film de série B. Ou encore le duel guitare / claviers sur "Lost In A Belief" qui sonne un peu has-been.
Mais ces points négatifs restent une minorité. Car, il faut le dire, la majorité du disque reste très bonne, Mirrormaze nous livrant des compos inspirées et agrémentées de nombreux passages progressifs. "Vicious Circles" se présente comme une pépite forgée dans un power metal de haute volée - chose que les Italiens savent faire - et qui met un peu le côté prog' au second plan. Le morceau titre, "Walkabout" est une composition exemplaire de ce qu'est capable de faire le groupe et demeure un moment de haute voltige. Huit minutes de pur bonheur qui démarrent doucement pour ensuite se plonger dans un heavy rock avec un riff enivrant. Les breaks divers s'assurent à maintenir l'intérêt de l'auditeur et apportent des ambiances diverses au morceau. Les musiciens font ici preuve d'une belle intelligence et ce titre marque clairement la direction à suivre.  Une chanson tout simplement sublime. Il est également à noter l'intervention vocale de Ray Alder (Fates Warning) sur l'excellente power ballade qu'est "Deeper Signs", assez traditionnelle certes mais très bien exécutée.


Premier essai dans le monde du prog' fort bien réussi, même si le disque compte quelques faux pas. L'avenir est prometteur pour ces Italiens, et c'est tout le mal qu'on leur souhaite. Une très bonne surprise qui mérite un passage répété sur la platine afin de pouvoir apprécier la diversité des morceaux. Allez, faites-vous plaisir.


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