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CHRONIQUE PAR ...

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Wrathchild
Cette chronique a été mise en ligne le 19 novembre 2012
Sa note : 12/20

LINE UP

-Eric Dufour
(chant)

-Chris Francheteau
(guitare)

-Eric Robin
(basse)

-Rod Chaillou
(batterie)

TRACKLIST

1) Change The Reality
2) Juggernaut (Fury Road)
3) The Lone Star State
4) Rollerball
5) Cigarette
6) Heads Or Tails
7) Escape From Earth
8) Down In The Rain
9) Badass Motherfucker
10) Uncle Pirate Blues
11) Heavy Foot Cool Hand

DISCOGRAPHIE


Heavy Manic Souls - Heavy Manic Souls
(2009) - rock blues - Label : Autoproduction



Il est certain que les raisons sont multiples d'avoir le blues en France. Mais c'est un style que nos artistes hexagonaux laissent un peu de côté, si ce n'est par Jean-Jacques Milteau, Paul Personne, ou bien encore Little Bob. Il faudra donc désormais compter avec ce Heavy Manic Souls, renommé Chris Rolling And The Heavy Manic Souls, ce dernier n'étant personne d'autre que Chris Francheteau qui se donne une note américaine qui pourra lui être utile dans le futur.

Heavy Manic Souls est un nom bizarre pour une bande de mecs jouant du blues. La pochette originale fut différente elle-aussi. On s'attendait plus à du métal ou du rock alternatif. Mais la nouvelle montre bien les couleurs, c'est-à-dire une orientation texane. Pour un disque autoproduit, le son est plus que correct, même si l'on peut se prendre à vouloir la guitare avec un peu plus de son. La batterie, quant à elle, aurait mérité d'être un peu plus en arrière, permettant ainsi au bassiste d'être un peu plus entendu. Mais, je chipote. Ce disque est sorti il y a trois ans et le groupe, qui s'appelle désormais Chris Rolling & Heavy Manic Souls, se prépare à sortir une nouvelle galette l'an prochain. En attendant, l'album est réédité numériquement et sera dispo sur tous les bons sites de téléchargement. Chris Rolling m'a annoncé un prochain album qu'il a totalement écrit, dans un style proche de celui qui nous intéresse, avec un côté plus agressif, plus rentre-dedans.
Donc, justement, ce disque. L'inspiration du sieur Francheteau-Rolling est bien le grand Stevie Ray Vaughan, comme sur "Rollerball" et "Cigarette". Mais il sait aussi peindre son blues avec une palette de nombreuses différentes couleurs, comme son jeu très funk de "Juggernaut" qui rappelle les Red Hot. Ou la ballade languissante et chaude "Uncle Pirate Blues" qui évoque notre grand Paulo national.Ce titre n'aurait pas du tout honte d'être sur une galette de ce dernier - notamment pour le très bon solo. La façade et orientation Texas est bien là sur "The Lone Star State" pour un shuffle très typique. Chris se montre très capable et évoque également Jimi Hendrix sur un "Heads Or Tails" rempli de groove . On peut se demander si la nouvelle orientation du groupe sera dans la veine de "Heavy Foot Cool Hand", dernier titre de l'album qui nous renvoie à un classic rock trempé dans un blues farouche avec des guitares assez agressives.  
Mais derrière tous les prouesses du guitariste se cache le plus gros défaut de ce disque. Le bât qui blesse ici, c'est l'anglais du chanteur, et non sa voix. Son accent fait simplement hérisser les poils du dos. Les accents toniques ne sont pas placés là où il faut, rendant l'ensemble incompréhensible. Il est des styles où des ratages de ce genre sont pardonnables. On les connait tous - amoureux de la musique extrême, levez la main. Mais, pas dans le blues, ce style mérite un phrasé impeccable. Malheureusement ici, c'est du charabia avec quelques phrases ici et là qui sonnent comme la langue de Calvin Russel. Il ajoute un "h" aspiré pour un résultat proche du risible dans "Badass Motherfucker" ou bien dans "Lone Star State" où la ville de Galveston devient « Galvestone ». Et ce ne sont que deux exemples parmi tant d'autres. Non, son baragouinage semble prouver qu'il n'est qu'une autre personne qui pense que pour prendre l'accent américain, il suffit de parler - ici, chanter - comme si on avait un chewing-gum dans la bouche. Ce qui rend le titre "Down In The Rain" une petite oasis dans le désert car instrumental.


Un album fort agréable, qui n'invente rien, mais dont le blues rock réussit le pari de sonner comme là-bas et pas du tout franchouillard. Si ce n'était pour ce chant anglais qui démérite malheureusement toute l'affaire. A défaut d'être vache, la nouvelle que le chanteur n'est plus là et ce sera Chris qui s'occupera du chant sur la nouvelle galette présage de très bonnes choses.


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