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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 28 octobre 2012
Sa note : 14/20

LINE UP

-Tas Danazoglou
(chant + basse + batterie)

-Stamos K
(guitare)

TRACKLIST

1) Leonard Rising - Night of the Whip
2) Between Belial and Satan
3) One Thousand Goats in Sodom
4) Hail Tritone, Hail Lucifer
5) Galloping Blasphemy
6) Death Possessed
7) Death to Life
8) Slaves of the Inverted Cross
9) Satan's Wrath

DISCOGRAPHIE


Satan's Wrath - Galloping Blasphemy
(2012) - heavy metal thrash metal à la sauce black, bien sûr - Label : Metal Blade Records



Leonard Rising… Pour les gars de ma génération, dont la petite enfance a été bercée par L’Ile aux Enfants, il n’y a qu’un Léonard, le myhtique Léonard le Renard, compagnon d’Hyppolyte et Casimir, les célèbres monstres gentils vert et orange de cette fameuse île. Du coup, si le titre de l’intro de Galloping Blasphemy, premier album des Grecs de  Satan’s Wrath, était destiné à faire peur, c’est loupé…  Ce petit détail est néanmoins l’une des rares choses qui ne fonctionnent pas sur cette œuvre, œuvre qui, ne vous fiez pas complètement au nom ni à la pochette, n’officie ni dans le brutal death, ni dans le true black metôl. Si le duo d’artistes semble avoir fait un pacte avec le grand cornu, musicalement parlant il s’inspire du metal des années 80, en ratissant assez large d’ailleurs.

Thrash metal estampillé 80s et NWOBHM (pour ne pas dire Iron Mesdents), tels semblent être les deux genres de prédilection du groupe. Pour utiliser une métaphore culinaire, on peut dire que la base du plat servi est un black-thrash cru appuyé par une voix grave et éraillée, qui rappelle un peu les premiers opus du projet scandinave Bewitched ou aux evil-teutons de Witchburner ("Between Belial and Satan"), et beaucoup les grands classiques que sont Bonded By Blood, Seven Churches (surtout sur "Death To Life") ou Show No Mercy (notamment sur le début très Slayerien de "Death Possessed"). Cette base, nos black cuisiniers l’ont enrichie d’une sauce heavy metal british qu’ils ne servent pas vraiment à dose homéopathique : les morceaux initial et final (et sa petite merveille de chorus de guitare qui commence la chanson) sont directement et totalement inspirés de la NWOBHM, tout comme le petit intermédiaire "Galloping Blasphemy", totalement Maidenien. Le groupe vont même plus loin dans leur amour pour Steve Harris : ils introduisent dans la quasi-totalité des titres des breaks inspirés de la Vierge de Fer, même dans les plus furieux d’entre eux ("Death To Life" par exemple).
Que penser d’un tel mélange ? Qu’il fonctionne en général très bien : étant donné le bon niveau technique des musicos, l’introduction de cette dose massive de heavy donne une touche aérée, variée et mélodique à l’album. Cela fonctionne à merveille sur des morceaux comme "One Thousand Goats in Sodom", peut-être le plus équilibré de l’album, ou sur le déjà mentionné "Death To Life". On signalera également l´atypique "Hail Tritone, Hail Lucifer", qui paraît un hommage simultané au doom de Candlemass, aux compatriotes de Necromantia et aux rawissimes Beherit (le refrain semble tiré tout droit de leur cultissime titre "The Gate of Nana"). L’autre avantage est que ces variations fréquentes titillent le conduit auditif et l'attention est retenue sur l’ensemble de l’album. Le revers de la médaille est que Galloping Blasphemy n’a pas la force brute de certaines formations de raw thrash (Aura Noir, par exemple), et que si la qualité de l’ensemble des titres est certaine, il n’y a pas de moments totalement transcendants. On écoute l’œuvre avec beaucoup de plaisir, mais sans avoir à aucun moment envie de bouger comme un dément ou de rouler des yeux en hurlant à la lune, en quelque sorte…


Galloping Blasphemy est donc un album étonnant, mais en fin de compte dans la lignée d’une certain tradition grecque du metal extrême, tradition faisant la part belle au heavy metal de papa et maman, initiée il y a plus de vingt ans par des formations comme Necromantia, Varathron ou Vorphalack (ah Under the Sight Of Dragon…), et perpétuée de nos jours par de jeunes groupes comme Litrosis ou celui qui fait l’objet de cette chronique. Sans changer grand-chose à sa formule, si Satan’s Wrath arrive à se trouver une touche un peu plus personnelle et à créer des moments un poil plus intenses, nous auront peut-être droit bientôt droit à un album qui sera l’un des fondateurs de la NWOBHM, la New Wave Of Black Heavy Metal.


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