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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 30 octobre 2012
Sa note : 12/20

LINE UP

-Lord Worm
(chant)

-Dark Rage
(guitare)

-Alvater
(basse + claviers + samples)

-Fredrik Widigs
(batterie)

TRACKLIST

1) Violence is Golden
2) Hunt with Murderworms, Sculpt
3) The Gifts of the Crucified
4) Endziel
5) The Sorrow Children at Mourningside
6) 30 Seconds in the Killhouse
7) Unrelenting Fucking Hatred
8) The Gallows and the Black Coffin
9) The Feeding Habits of Homo Horribilis

DISCOGRAPHIE


Rage Nucléaire - Unrelenting Fucking Hatred
(2012) - black metal - Label : Season Of Mist



Rage Nucléaire, c'est tout d'abord l'histoire de quelques membres plus ou moins reconnus de la scène metal québécoise qui se réunissent en une congrégation très méchante de black metal à faire pâlir la plus endurcie des oreilles. Comptez un ex-Criptosy au chant (Lord Worm) et un ex-Frozen Shadows à la basse (Alvater). Le groupe ne part donc pas de rien, et peut même s'appuyer sur les ex-faits d'armes pour s'assurer une promo et une reconnaissance plus immédiate alors que voilà seulement leur premier album.

Pourtant le groupe est actif depuis 2000, pas vraiment un petit jeunot. Et sa musique surtout ne ressemble en rien aux groupes sus-cités. Ne comptez pas retrouver la technique de Criptosy ou la froideur forestière de Frozen Shadows. Car la troupe porte plutôt bien son nom et c'est effectivement un défonçage de gueule en règle auquel vous aurez à faire. Ca commence en guerre comme un Panzer Division Marduk (et ça reviendra régulièrement via les samples guerriers). Le blast frénétique est l'option la plus couramment choisie et les rares breaks quelque peu mécaniques ne viennent pas vraiment changer la donne. On pense immédiatement à Anaal Nathrakh pour l'intensité et la rapidité des blasts. N'en attendez cependant pas la puissance ou la folie. Ironiquement, Anaal Nathrakh composait avec une boîte à rythme qui sonnait comme une batterie.
Rage Nucléaire compose avec une batterie tellement triggée qu'elle en sonne boîte à rythme. Rien de bien méchant, mais c'est dommage. Qui plus est, Rage Nuclaire saisit assez souvent l'opportunité de poser du mid-tempo étrangement. N'attendez pas du mid-tempo à s'endormir, on reste dans un rythme toujours soutenu, mais on apprécie vivement cette richesse des rythmes, c'est un bon présage. Et du coup on quitte un peu le territoire Anaal Nathrakh pour virer sur du Impiety période Asateerul Awaleen et Emperor version Wrath of the Tyrants. Ce n'est pas uniquement dû à ce mid-tempo mais surtout à quelques pointes de claviers et un son strident de guitare qui nous ramènent à cette époque. Et également des compositions dont les riffs simples et directs font hommage (ou copient, à vous de voir) aux aînés.
Car encore une fois, Rage Nucléaire surprend en proposant régulièrement une guitare purement rythmique de type mur de son gras qui sert de base à la seconde lead qui case des mélodies plus aiguës tout à fait délectables. Bref, on s'attend au bourrin bas-du-front alors que finalement, des variations sont plantées çà et là. Cela ne rend pas l'album progressif pour autant ni foncièrement riche et divers, mais cela lui permet de tenir la durée et de ne pas fatiguer inutilement nos tympans, ce qui est une performance agréable en soi. N'espérez cependant pas avoir un album pour l'éternité, ça reste de la violence gratuite qui ne peut satisfaire qu'une certaine frange du public black metal. Et ce d'autant plus que le chant n'est pas franchement un modèle du genre. Croisement entre du black et Last Days of Humanity, il s'exprime en borborygmes incompréhensibles et dispensables, trop fortement distordu pour être honnête.


Alors, pour qui, pour quoi ? Rage Nucléaire c'est plutôt bien fait pour ceux qui veulent du black metal ultra violent, rageur et haineux, et un peu ridicule il faut l'avouer. Il distille suffisamment de mélodie pour être une curiosité valable pour tous les autres amoureux du black metal, voire du brutal death (douteux). Et pour les autres, aucun intérêt, strictement.


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