5573

CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 08 novembre 2012
Sa note : 12.5/20

LINE UP

-Margo
(chant + claviers)

-Val
(guitare)

-Nick
(guitare)

-Andrew
(basse)

-John
(batterie)

TRACKLIST

1) My Garden of Seasons
2) In Cage
3) Black Orchid
4) It Can't Rain All the Time
5) Pandora
6) Sometimes in My Heart
7) Beneath the Sky
8) The Lines of Fear
9) Flying Through Imagination

DISCOGRAPHIE


Ghosthill - Flying Through Imagination



Au début, je pensais que le power metal ne pouvait venir que d'Italie. Celui qui chasse les dragons dans des terres enchantées, c'était le seul qui m'avait été donné d'entendre. Puis mes connaissances dans le metal se sont élargies, et on se rend bien compte que ce style est finalement plutôt international : la preuve, nos amis les Allemands ou les Suédois sont plutôt des experts en la matière. Et même les Russes ! Non ? Si, et pourtant, leur scène, qui regorge de ce genre, n'est pas très connue à l'étranger. Il faut l'avouer, les moyens d'exportation sont un peu plus difficiles, et chanter dans la langue maternelle n'aide pas toujours. Si le porte étendard reste Aria, une autre formation peut faire un clin d’œil : Ghosthill.

Second opus des Russes, Flying Through Imagination reprend certains codes du heavy / speed metal à la lettre : si le rythme y est globalement très rapide et véloce, le tempo reste assez varié et alterne entre passages plus doux et accélérés. De ce fait, l'écoute est loin d'être éprouvante, et cette galette a la capacité de s’enchaîner du début à la fin sans avoir à casser ses structures ou à immiscer quelques influences d'autres genres pour savoir se rendre intéressante. Le travail des instruments est suffisamment conséquent pour cela, surtout la guitare, joliment située au premier plan grâce à une production loin d'être mal foutue. Assez puissante pour maintenir le cap du début à la fin, elle possède la plus grosse part dans la musique délivrée. Cependant, un autre instrument n'a pas à se plaindre de sa position : le clavier.
Celui-ci est polyvalent, et ses sonorités peuvent se révéler kitsch, mais jamais déplaisantes ou mal dosées. On connaît cette profusion dans le genre power, et Ghosthill évite la surenchère, fort heureusement. Ainsi, ce dernier reste à sa place, en prenant des teintes parfois plus symphoniques, mais surtout electro ou futuristes (comme sur la douce / agressive "In Cage"). On pourrait bien dire que ce dernier incarne à lui seul les dualités du brûlot, et compense avec le manque de variation du chant de Margo. Si les chanteuses ne sont pas légion dans ce registre heavy / power, la frontwoman russe délivre tout de même une prestation plutôt honorable et, sans aller déranger les ténors, la maîtrise est suffisante pour garder la tête hors de l'eau. Si son registre peut se révéler parfois monocorde, ses intonations et autres changements (passant de la douceur à la rage sans problème) aident à palier à ce manque. De ce fait, la chanteuse tire son épingle du jeu.
Par contre, dire que tous les morceaux se valent serait une erreur. Ghosthill délivre une partition variée et alléchante, mais la qualité n'est pas toujours au rendez-vous. Preuve en est avec "Sometimes in My Heart", une power-ballade où s'invitent violon, trompette et voix masculine, trois protagonistes qui échouent dans leur mission d'émouvoir. Pire, on se passerait bien d'un chanteur totalement dispensable. Même reproche pour "Pandora", rapidement à bout de souffle. On préférera donc quelques titres nettement plus inspirés : "It Can't Rain All the Time", par exemple, est un ovni. Fusion de claviers dance / disco sur un ton power avec un refrain pop et un chant féminin heavy, voilà qui est étonnant, et qui fait mouche. Et même dans une facture plus classique, les Russes savent prendre aux tripes : l'opener "My Garden of Seasons", les prenantes "In Cage" ou "Lines of Fear" et la longue mais bien construite et riche "Flying Through Imagination" laissent un goût positif, qui donne envie d'écouter le brûlot à nouveau.


Si l'on retrouve donc quelques clichés parfaitement assumés par le groupe, l'écoute de Flying Through Imagination est loin d'être désagréable ! Combinant divers éléments sur une base power / heavy toujours bien torchée avec un chant tout à fait à la hauteur, Ghosthill peut se placer comme un sympathique concurrent à d'autres noms européens. Et bien que la qualité soit parfois un peu hétérogène (on se dispenserait aisément de l'exercice de la ballade), les bons moments l'emportent et nous convainquent qu'on peut espérer une suite digne de ce nom. Prometteur, en somme.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6