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CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 08 novembre 2012
Sa note : 10/20

LINE UP

-Harry Hess
(chant + claviers)

-Peter Lesperance
(guitare + basse)

-Creighton Doane
(batterie)

TRACKLIST

1) Living in Yesterday
2) Reach for You
3) It's Over
4) Don't Leave Me
5) What If
6) Nothing Lasts Forever
7) Falling Down
8) I Live for You
9) I Don't Wanna Want You
10) Where to Run

DISCOGRAPHIE


Hess - Living in Yesterday
(2012) - rock - Label : Frontiers Records



Hess, c'est avant tout le projet d'un mec qui s'appelle Hess. Oui, ça vous étonne, pas vrai ? Canadien d'origine, Harry Hess, de son patronyme complet, a décidé de se lancer en solo, dans sa propre carrière rien qu'à lui, parce qu'avec sa voix, il peut dominer le monde ! Ou du moins, il l'espère. Chanteur de Harem Scream, le frontman vaut-il le coup dans son essai solo Living in Yesterday, le second après Just Another Day ?

Qui dit projet solo d'un chanteur, dit forcément voix. Et sur ce point-là, la réponse à la question ci-dessus est oui. Harry Hess est très bon, et souhaite d'ailleurs se mettre outrageusement en avant, le mixage le plaçant parfois un peu trop sur le devant de la scène par rapport à des instruments qui, eux, brillent moins. C'est d'ailleurs un contraste assez saisissant qu'Hess nous offre : si son chant est techniquement très maîtrisé et sait véhiculer de l'émotion, derrière, ça coince, et l'accompagnement est bien trop léger pour que la musique soit bien mise en valeur, elle qui est de toute façon évidemment orientée sur la voix du bonhomme. Son chant, plutôt aigu, aurait pourtant accompagné à merveille cet AOR s'il avait été de meilleure tenue.
Car en effet, les craintes d'ne musique assez banale, presque ennuyeuse, sont fondées. Il y a quelques bons moments : l'opener "Living in Yesterday" passe très bien, avec un refrain profond où Harry Hess fait merveille, dans des tons plus agressifs mais, surtout, surdes passages doux qui régalent. Mais de la douceur, Hess en fait un peu trop, ce qui achève l'écoute avec une sensation blasée. Les recettes sont toujours les mêmes : des morceaux mélodiques aux couplets calmes, qui aboutissent à des refrains où les guitares arrivent en trombe (mais avec trop de retenue), et la surprise disparaît très (trop ?) rapidement. Une fois l'opener écoutée, on comprend la suite tout de suite, dès "Reach For You", elle aussi de bonne facture, le côté découverte du premier morceau en moins.
Et puis, qui dit douceur dit ballades, et là, c'est un échec cuisant, dans des tentatives d'imitation de Bon Jovi assez peu réussies. Si le chant reste correct, on ne peut que dire non à tant de platitude et de mièvrerie : "I Live For You", "Falling Down" ou "It's Over" ne passent pas, et amputent presque un tiers de l'offrande de sa qualité. "I Don't Wanna Want You" illustre également tout ce que l'on trouvera sur Living in Yesterday : des pistes convenues, à la saveur très discutable, trop proprettes. Elles ne laissent aucune place à un quelconque plaisir, on ne peut qu'écouter ce chanteur tirer son épingle du jeu, mais se placer dans un rôle de vedette qui nuit cruellement à la musique. Si les riffs avaient été plus mordants de temps en temps, si quelques variations étaient apportées, si un peu plus de personnalité ressortait, on aurait fermé les yeux plus facilement. Hélas, ces qualités sont zappées à vitesse grand V.


Living in Yesterday est l'archétype même du projet solo peu intéressant, qui n'est fait que pour flatter l’ego d'un chanteur, permettre à une voix de briller, en oubliant que l'accompagnement musical se doit d'être à la hauteur. Et si notre cher Harry Hess est un bon chanteur qui sait s'adapter sans problème à son rock mélodique, l'opus est composé de telle manière que l'on oubliera ce qui a été écouté. Et là, la voix ne sauvera pas ce flagrant défaut.


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