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CHRONIQUE PAR ...

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Moumou le hibou
Cette chronique a été mise en ligne le 17 novembre 2012
Sa note : 19/20

LINE UP

-Jonathan Carpenter
(chants+claviers)

-Robby Baca
(guitare)

-Cameron Maynard
(guitare)

-Christopher Tilley
(basse)

-Joey Baca
(batterie)

TRACKLIST

1) Holomovement
2) Feedback loop
3) Causality
4) Sequential vision
5) Geocentric confusion
6) Dreaming schematics
7) Anatomy anomalies
8) Cortical
9) Solipsis
10) Parallel trance

DISCOGRAPHIE

Intrinsic (2012)

The Contorsionist - Intrinsic
(2012) - metal prog djent spatial - Label : Season Of Mist



The Contorsionist... ? Avec un nom comme ça c'est surement du Zavata metal (comprenant des groupes comme The Jongleurist, The Clownist...) non ? Si comme moi, vous ne connaissiez pas ce groupe américain, sachez qu'il s'agit de djent progressif à tendance spatiale. J'en vois faire la grimace (« beurk encore de la polyrythmie sur fond de bruits bizarroïdes ! ») et d'autres baver d'impatience (« le djent c'est cool et j'adore Star Trek ! »). Bon, on va mettre tout le monde d'accord, on a ici une version moderne du groupe légendaire Cynic. Avouez que ça vend du rêve !

Avant de me pendre par les parties prénatales pour avoir osé mettre en relation les mots djent et Cynic, laissez moi vous expliquer d'où me vient cette idée aussi saugrenue que celle de mélanger un bon whisky écossais avec du Coca Cola (sacrilège) ! Tout d'abord, il y a ce côté très jazzy prédominant dans chaque composition, ensuite il y a cette voix claire légèrement vocodée, et enfin le génie est omniprésent chez l'un comme chez l'autre. Alors certes, The Contorsionist ne marquera peut être pas le monde de la musique comme Cynic avec l'incontournable Focus, mais on ne peut que s'incliner devant une telle œuvre. La technique est impressionnante et toujours justifiée, les mélodies magiques, l'ambiance n'en parlons pas... Ou si justement, parlons-en ! L'espace, l'infini, captivant et mystérieux... Cet endroit parfois sombre et froid (la première partie de "Feedback Loop", "Solipsis"), parfois rempli de lumière à l'approche d'étoiles ou de planètes ("Anatomy Anomalies", "Parallel Trance", "Cortical"). De plus, on a toujours cette délicieuse sensation d'être bien à l’abri dans une bulle protectrice formée par de magnifiques passages en son "clean". Le voyage intergalactique proposé par The Contorsionist, bien qu'il nous malmène lors des parties aux métries improbables issues du djent, se révèle incroyablement doux, riche et subtil. Effectivement, la violence n'est pas prioritaire (mais tout de même bien présente), le chant clair et les mélodies l'emportent et nous transportent. C'est pour cela que considérer ces Américains comme les héritiers de Cynic n'est pas totalement loufoque (ouf, je m'en sors sans trop de dégâts... ou pas). Le côté djent n'est présent que comme renfort de puissance afin de maximiser l'impact des compositions.
La maîtrise de chaque membre est impressionnante, mais n'allez pas croire que Intrinsic soit un album simplement démonstratif, bien au contraire. Les compositions sont gorgées de feeling et c'est ce qui leur donne vie, à aucun moment on a l'impression de se retrouver face à des musiciens excessivement doués gâchant leur talent en tombant dans le piège de la surenchère... Non vraiment, ces mecs ont tout compris à la musique. Le djent signifie parfois "musique mécanique", mais c'est loin d'être le cas ici. Il suffit de poser une oreille sur les soli pour se rendre compte à qui on a affaire, de véritables passionnés qui réussissent l'alliage parfait de l'émotion et de la technique. L'ouverture ("Holomovement") rassemble les différents ingrédients qu'on retrouvera tout au long de ces quarante minutes : le décollage se fait en douceur avec un chant clair céleste puis on a le droit à une pluie de météores ravageuse. Par la suite, le groupe utilise à quelques détails près le même schéma (il arrive que ça tabasse d'entrée de jeu et que ça se calme par la suite), sans pour autant paraître une seule fois redondant tant chaque moment est intelligemment composé. Tous les titres sont immédiatement identifiables et c'est là que The Contorsionist frappe très fort : c'est homogène sans devenir monolithique. Que dire de plus si ce n'est que la production permet aux morceaux d'atteindre le firmament musical ? On pourrait rajouter que les textes sont aussi captivants que la musique, ces derniers traitant entre autre de rêves lucides ainsi que d'expériences de mort imminente ("Causality"), de la conscience ("Sequential vision")... Bref, des mystères de la psyché humaine. Le dernier titre, ambiant, laisse l'auditeur rêveur , la tête encore très loin dans les étoiles.


Bon je pense que la chronique est suffisamment éloquente pour ne pas en faire des tonnes sur la conclusion : voici une galette (spatiale) quasi parfaite. A conseiller à tous les amateurs de musique subtile et puissante à la fois sans oublier les astronautes en devenir (album certainement fournie par la NASA pour se mettre en condition). « -Ici le commandant de bord qui vous parle, veuillez attacher vos ceintures le décollage est imminent. Nous vous rappelons que la compagnie n'est pas responsable de la gêne occasionnée pour les voisins. Bon voyage ! »


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