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CHRONIQUE PAR ...

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Wrathchild
Cette chronique a été mise en ligne le 19 novembre 2012
Sa note : 16/20

LINE UP

-Joakim Nilsson
(guitare+chant)

-Jonatan Ramm
(guitare)

-Rickard Edlund
(basse)

-Axel Sjöberg
(batterie)

TRACKLIST

1) An Industry Of Murder
2) Slow Motion Countdown
3) Seven Seven
4) The Suits, The Law, & The Uniforms
5) Endless Night
6) Hard Times Lovin'
7) Goliath
8) Fool In The End
9) 20/20 (Tunnel Vision)

DISCOGRAPHIE

Lights Out (2012)

Graveyard - Lights Out
(2012) - hard rock bluesy, psyché - Label : Nuclear Blast



2011 fut une année incroyable pour les Suédois de Graveyard. Ils ont sorti leur album intitulé Hisingen Blues qui les a placés sur les best-of lists d'un peu tout le monde. Ajoutez-y une des pochettes les plus réussies de cette nouvelle décennie et la pression fut certainement au rendez-vous avant de pouvoir pondre ce nouvel opus intitulé Lights Out.

Pour ceux qui ne connaissent pas Graveyard, ils ont le talent inoui de faire sonner ce rock du début des années 70 ou de la fin des 60 comme si c'était hier. Ils parviennent à distiller une énergie et une fraicheur incroyables à une musique rock remplie de blues et parfois de doom. En plus de Grand Funk Railroad, l'un des groupes qui vient le plus souvent à l'esprit est les Doors, comme sur ce "Seven Seven". Certes, la voix de Joakim y est aussi pour quelque chose avec des intonations rappelant le charismatique Jim Morrison sur la ballade "Hard Times Lovin'" où ce dernier sait se faire envoûtant et hypnotique tout comme ce Lizard King à l'époque.
Le rock de cette époque fut plongé dans le blues et fortement inspiré par celui-ci. Ce dernier est bien toujours présent, et son coeur bat à pleine force. Et la pépite qu'est "Endless Night" se montre l'exemple le plus probant. Graveyard - comme ces moonshiners des back-country américaines - distille et alambique les styles, mélangeant le tout à la sauce garage-rock. Ils nous servent une attaque de riffs avec "An Industry Of Murder", y ajoutent une touche bluesy avec un phrasé très AC/DC dans "The Suits, The Law, & The Uniforms", et plombent leur rock par un riff sabbathien dans le proto-métal de "Goliath" - autre perle de ce disque qui ne comprend aucun titre de remplissage. Ils ont également le génie d'incorporer une note pop très british dans l'entraînant "Fool In The End."
Leur talent réside également dans ces titres plus lents où leur blues prend son essence. Le sus-nommé "Hard Times Lovin'" est ici accompagné de "Slow Motion Countdown" magnifique avec ses arrangements superbes au piano et orchestre. Languissant à souhait, le temps perd toute emprise sur la beauté. Les lumières de l'album s'éteignent sur un "20/20 (Tunnel Vision)", lent et bluesy où le phrasé de Joakim se voit presque à contre-temps pour un résultat rempli d'intelligence et qui encore une fois élève le groupe au rang de ces artistes qui furent les porte-drapeaux de ces fantastiques années 70. Le refrain reste teinté de blues, mais en y ajoutant une certaine touche d'urgence qui se finit par des "ouh ouh" très pop anglaise.


Le talent n'est pas chose courante, contrairement à ce que veulent nous faire croire les médias. Quoi qu'il en soit, Graveyard en est bourré. Ce Lights Out sonne d'actualité et maintient un intérêt mérité pour ce groupe. Certains pourront lui reporcher un certain manque d'enthousiasme qui fut présent sur Hisingen Blues. Mais ils auraient tort de l'ignorer car ce disque est tout simplement une autre merveille dans la discographie du groupe.


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