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CHRONIQUE PAR ...

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Moumou le hibou
Cette chronique a été mise en ligne le 01 décembre 2012
Sa note : 13/20

LINE UP

-Cristian Machado
(chant)


-Ahrue Luster
(guitare)

-R. Diego Verduzco
(guitare)

-Lazaro Pina
(basse)

-Dave Chavarri
(batterie)

-Daniel Couto
(percussions)

TRACKLIST

1) The Depression
2) Only the Unloved
3) La Epidemia
4) Eva
5) Demi-God
6) Death Wants More
7) Escape
8) Time Won't Save You
9) Forgive Me Father...
10) Invisible People
11)

DISCOGRAPHIE

Enigma (2008)
Dead New World (2010)
Epidemia (2012)

Ill Niño - Epidemia



Tiens un nouveau Ill Niño ! Si je me souviens bien, c'est du néo sauce latino tout ça, le genre de truc qui affolait les jeunes à l'époque. Une époque où l'on découvrait le metal à travers des groupes comme Linkin Park, Slipknot, Deftones... le majeur bien en évidence à la face de la société. Rhytmiquement parlant, ça groovait méchamment (néo oblige), c'était frais mais vite redondant quand même. Voyons si le temps a une emprise quelconque sur ces niños, qu'elle soit positive ou négative.

Pour les nostalgiques, bonne nouvelle : Ill Niño reste Ill Niño. Pas ou peu de changements en vue, c'est toujours du néo metal latino plutôt bien foutu et surtout extrêmement entraînant. A peine la galette insérée, on sent déjà comme une envie de se jeter contre les murs de la pièce en jouant des castagnettes (situation assez cocasse je vous l'accorde). Effectivement, le premier morceau ("The Depression") est une bombe, ça envoie du gros, du gras, du groove ! Production énorme, riffs efficaces au possible, ensemble basse / batterie surpuissant, un petit côté tribal qui rapelle Sepultura (période Roots) bref, tout y est. Le chanteur assure avec son flow proche du rap et ses vocaux extrêmes imposants. La suite va s'enchaîner à une vitesse folle. On apprécie en particulier l'impact jouissif des parties "brise-nuques", voici le domaine dans lequel Ill Niño satisfait le plus (montez le son sur le trio "La Epidemia", "Eva", "Demi-God" !). Le taco est même parfois particulièrement épicé comme sur la très thrashy "Forgive Me Father...". Les petites touches latino disséminées ici et là font mouche à tous les coups ("The Depression", "Forgive Me Father..." en sont les meilleurs exemples). Idem pour les leads qui, bien que simples (pour ne pas dire simplets), ajoutent un peu de variété aux compositions et permettent de varier un peu les plaisirs entre deux pilonnages. Voilà pour les bons points de l'album. Une vraie cure de jouvence, on irait même presque jusqu'à ressortir son vieux baggy et son skateboard du grenier !
C'est là le problème justement. La jeunesse c'est bien, la maturité c'est mieux. Les mecs jouent fort, frappent là où ça fait mal (mes cervicales sont encore douloureuses) mais malheureusement, ça ne va pas plus loin. Il s'agit typiquement du genre d'album qui s'écoute trois ou quatre fois d'affilée, afin de se laisser aller à nos bas instincts, pour ensuite devenir un ramasse poussière aussi utile qu'une collection de fèves de galettes des rois. Aucun effet de surprise, aucun moment véritablement marquant, il manque à leur recette "muy caliente" un peu d'âme. Ne comptez pas sur le chant clair pour palier à cela. Ce dernier est particulièrement insupportable, sauf si vous êtes des aficionados des refrains "power gay". Le pire c'est qu'il apparaît régulièrement et possède le don magique de casser la dynamique des compositions ("Only the Unloved", "Death Wants More" et "Invisible People" excellent dans ce désagréable domaine). Comme dans une partie de "1, 2, 3, soleil !", on passe de moments d'hystérie au vide le plus total d'une seconde à l'autre (analogie laborieuse n'est-ce pas ?).  Pour terminer avec ce qui emballe moins, on peut reprocher au groupe de proposer à chaque piste la même chose, alors certes cela rend l'écoute fluide mais à force, c'est vite répétitif et donc légèrement énervant. Heureusement que les quelques soli fort sympathiques et l'ambiance évitent de justesse l'ennui mais ils ne sont cependant pas assez nombreux pour totalement nous convaincre.


On se retrouve face à un album pas mal mais sans grand intérêt sur la longueur. La "jeunesse" est le mot qui représente le mieux l'ensemble soit quelque chose de frais et dynamique mais manquant cruellement de finesse et de personnalité (ce qui est bien dommage car le côté latino est vraiment bon mais trop peu utilisé). Ill Niño est à n'en pas douter un bon groupe de néo mais se cantonne aux codes d'un style qui ne semble pas vouloir grandir. Le Peter Pan du metal en quelque sorte (seconde et dernière analogie pitoyable !).


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