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CHRONIQUE PAR ...

103
Amdor
Cette chronique a été mise en ligne le 02 décembre 2012
Sa note : 14/20

LINE UP

-Robert Meadows
(chant)

-Douglas Sabolick
(guitare+chant)

-Jordan Crouse
(batterie)

TRACKLIST

1) Something Awful
2) Gnawing Lisp
3) Madness is God
4) Miracle Worker
5) Empty Form
6) I Am
7) The Blues
8) People Stare
9) I See, I Hear
10) I Sit Ill

DISCOGRAPHIE

Iron Gag (2007)
Ecstatic Trance (2012)

A Life Once Lost - Ecstatic Trance
(2012) - metalcore groove metal - Label : Season Of Mist



Une pochette qui pète la couleur, mine de rien, c’est pas si courant dans le metal. Le métalleux il n’aime pas ça, la couleur ; par nature, il aurait plutôt tendance à préférer une bonne vieille forêt norvégienne la nuit et en plein hiver. Manque de bol, ce n’est pas avec ce Ecstatic Trance qu’il en trouvera... Et puis de toute façon, il voue une haine viscérale au core alors, rien qu’à la lecture du nom cliché du groupe, il a fait une poussée de fièvre et est reparti écouter Carpathian Forest, c’est dire.

Et pourtant, que les quelques true metalleux qui sont toujours en train de lire ces lignes reprennent confiance, A Life Once Lost a pour motivation de faire une musique qui s’éloigne autant que possible des clichés du metalcore et essaie d’affirmer pleinement sa personnalité. Même si le chant de Robert Meadows ne dément absolument pas l’influence que le hardcore a sur le groupe, ce qui fait la différence par rapport à la concurrence, ce sont ces guitares qui transpirent le groove, introduites sporadiquement dans Iron Gag, leur précédent essai. Kroboy regrettait d’ailleurs à l’époque que cet aspect ne soit pas plus présent dans la musique du combo, peut-être a-t-il été entendu puisqu'après ces cinq années de battement entre les deux albums, il occupe désormais une position centrale. Les rythmiques ressemblent tantôt à du Meshuggah, tantôt à du Lamb of God, le tout dans une ambiance qui colle à merveille au titre de l’opus et qui n’est pas sans rappeler Mastodon par moment. Les compositions sont hypnotiques, reposant souvent sur une seule rythmique groovy à souhait et un ou deux motifs qui tournent en boucle, le tout servi par une très bonne production chaude et organique. La recette est simple mais l’ensemble fait mouche, on secoue la tête et on tape du pied de bout en bout.
On ne retrouve en effet pas de mauvais titre sur cet album, et au contraire, il y a même deux ou trois bonnes tueries, comme le titre d’ouverture, "Something Awful" aux syncopes absolument imparables, le spatial "Empty Form" ou encore "Madness is God" qui mériterait sa place dans la définition du mot "groove". Notons quelques regrets toutefois, car il en faut bien : tout d’abord, s’il est techniquement correct et colle assez bien à l’atmosphère, le chant reste assez monocorde, quoique que ça ne soit pas vraiment dommageable. De même, on ne peut pas dire que le batteur fasse preuve d’une grande originalité, suivant simplement la guitare. Enfin, on pourrait aussi craindre que l’enchaînement de pistes aux structures très similaires puisse en lasser quelques-uns mais la faible durée de l’ensemble (un peu plus d’une demi-heure) ne devrait pas leur en laisser le temps, un mal pour un bien en quelque sorte, quoiqu’un peu plus de diversité n’aurait pas pu faire de mal... Cependant, ne vous formalisez pas, face à tous les moments jouissifs qui jalonnent l’album, ces regrets ne font pas le poids et sont assez rapidement oubliés. Ajoutons d’ailleurs à la liste des bons moments la reprise d’"Asteroid" de Killing Joke, présente sur la version bonus de l’album, qui devrait convaincre les fans de l’originale.


A conseiller grandement aux amateurs de groove, Ecstatic Trance marque un retour gagnant pour A Life Once Lost qui devrait pouvoir se constituer une fanbase nouvelle et pouvoir repartir de plus belle.  Il restera à varier un petit peu les compositions et à appuyer encore un petit peu l’originalité de l’ensemble mais en attendant, on tient déjà un effort tout à fait convaincant qui place ALOL parmi les formations à suivre de près.


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