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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-Jon Nödtveidt
(chant+guitare)

-Johan Norman
(guitare)

-Tobias Kellgren
(batterie)

-Emil Nödtveidt
(basse)

TRACKLIST

1)At The Fathomless Depths
2)Retribution - Storm Of The Light's Bane
3)Unhallowed
4)Where Dead Angels Lie
5)Frozen
6)Thorns Of Crimson Death
7)The Somberlain

DISCOGRAPHIE


Dissection - Live Legacy
(2003) - dark metal - Label : Nuclear Blast



Premier point, le son. Pour un live il est tout simplement pharaoniquement monstrueux pour un groupe affilié à la scène black, c’est dit. Tous les instruments sont clairement et distinctement audibles et la précision de la musique n’est nullement mise en défaut. Impressionnant. Ce live a été enregistré au Wacken en 1997 et propose quelques classiques du groupe, même si on m’a susurré qu’il en manquait honteusement. Et j’avoue par là même que ce live est, pour l’instant, ma seule possession dissectionienne.

Pour la petite histoire, sachez aussi que si Dissection ne sort plus d’album sdepuis une petite dizaine d’années, c’est parce que leur leader Nödtveidt nous a fait une Bertrand Cantat, mais de sang froid. Résultat de la taule, mais il devrait bientôt sortir pour le plus grand plaisir des amateurs de musique extrême. Car autant ne pas s’en cacher, Dissection est un groupe drôlement talentueux. Jon Nödtveidt son leader et principal compositeur est un monsieur vraiment très doué du metal extrême. Les riffs qui sortent de son esprit torturé sont vraiment excellents et il trouve des soli, comme sur "Unhallowed", vraiment très mélodieux tout en gardant une certaine touche de froideur lointaine, typique du black.

Quoiqu’il en soit, la musique de Dissection repose sur de très solides riffs et ma foi fort variés, ce qui représente le côté death du groupe, en même temps que ses soli que visiblement il affectionne. Il n’oublie pas en plus d’aérer sa musique avec la très bienvenue intro en arpèges de "Where Dead Angels Lie". Et oui, Dissection manifestement n’est pas un groupe de black comme les autres. Certes le chant est braillard, raclé, mais la musique dans sa globalité est loin de rentrer dans les carcans, parfois si réducteurs, de la simplicité inhérente au black. Dissection joue. Il ne distille pas uniquement des ambiances comme Dark Throne en est devenu le maître, il montre que ses instruments ont de quoi balancer la purée et des riffs acérés et racés. Franchement, j’arrive à comprendre pourquoi à l’époque on considérait ce groupe comme le futur grand du genre extrême. Quel potentiel!

Car non content de nous offrir des riffs agressifs, la musique de Dissection est aussi pas mal mélodique. Mélodies présentes tout au long des chansons, aussi bien à travers les riffs que les soli. Bien évidemment, le groupe n’est pas que guitares et il offre une batterie de qualité avec blasts et roulements de double pédale à la pelle, sans oublier des indispensables breaks car une musique si recherchée ne pouvait décemment s’accommoder de bêtes blast beats continus sous peine de sanction immédiate. La basse est plus en retrait même si pour une fois on peut l’entendre aisément avec des lignes toutefois pas aussi alléchantes que peuvent l’être les riffs.

En fait, il est difficile de trouver de véritables faiblesse à Live Legacy. Car ses compositions dégagent une telle impression de puissance et de maîtrise de tous les instants qu’on ne saurait lui reprocher sans mauvaise foi d’être simpliste. Franchement, Dissection m’impressionne dans sa capacité à sortir des pièces de choix à chaque chanson, toujours pourvue de riffs diaboliquement précis et efficaces. Et le plus fort c’est que tout cela est assorti d’un aspect mélodique très prononcé. La véritable force du groupe réside ici. La force brute du death, alliée à la haine explosive du black le tout parsemé de la beauté des mélodies. Dissection c’est vraiment la grande classe.

Vous qui n’écoutez pas de black parce que c’est inécoutable, vous qui n’écoutez pas de death parce que c’est trop bourrin, posez donc vos oreilles sur Dissection, à la croisée des genres sans trop y être et aussi et surtout à la croisée des talents. Car voilà, Dissection, enfin Nödtveidt, est génial pour ça, le mariage et la synthèse parfaite de deux styles extrême du metal. Inutile de préciser que si on replace cela dans son contexte, à savoir 91-96, nul doute qu’on obtient là un personnage que l’on peut aisément qualifier de visionnaire. "The Somberlain" qui clôture l’album est à ce titre éloquent car il est tout bonnement renversant de mélancolie, de beauté brute et de haine refoulée. Une belle valse des sentiments associée à un plaisir exquis des tympans.

Finalement, ce Live Legacy par la qualité étonnante de son enregistrement et le talent naturel du groupe est à recommander chaudement à tout amateur de metal. Les compositions sont inattaquables, et c’est valable pour l’ensemble des chansons, et les défauts sont très rares. Le principal étant le fait que pour un live, on n’entend carrément pas le public et que les transitions entre les chansons ne sont pas fluides comme on est en droit de l’attendre d’un live. Au contraire, on a même l’impression d’avoir à faire à un album studio…

En fait, le truc le plus dérangeant de cet album, c’est de se dire qu’à cause de la bêtise de son maître à penser et de son fameux chaos gnostique (aucune idée de ce que c’est) on devra attendre encore avant de trouver un nouvel album studio du groupe. Sachez que la reformation du groupe est proche, puisque le sieur Nödvteidt a obtenu la permission de jouer et qu’il a rencontré Faust en prison, batteur légendaire de Emperor sur In the Nightside Eclipse notamment. L’émulation risque de donner un sacré bon résultat !


Un live qui donne envie de découvrir la facette studio du groupe au plus vite.


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