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CHRONIQUE PAR ...

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Moumou le hibou
Cette chronique a été mise en ligne le 19 décembre 2012
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Julien Soler
(chant)

-David Mazelines
(guitare)

-Damien Landeau
(guitare)

-Laurent Tostain
(basse)

-Ludovic Landeau
(batterie)

TRACKLIST

1) Shaman's Warning Song
2) Nomad Soul
3) Rubber Boots
4) Hidden Sun
5) The Violet Kind
6) Going to Varzi
7) From Beyond
8) Soul Grinder
9) Anthik Technik
10) A Last Devotchka
11) Cosmogony and Dimensions of the Mind
12) End of the Beauty

DISCOGRAPHIE


Last Barons - Cheval de Troie
(2012) - rock prog Stoner - Label : Klonosphere



Quand un groupe est décrit comme étant influencé par Faith No More (qui sera désormais écrit FNM par souci de fainéantise), mon rythme cardiaque s’accélère. Surtout lorsque l'album pris en exemple se révèle être King for a Day, Fool for a Lifetime, qui représente mon plus gros choc musical. Avant même la moindre écoute deux optiques s'offrent à moi : une chronique dithyrambique accompagnée d'une note de 21/20 si Cheval de Troie tient ses promesses où un massacre en règle avec en guise de sentence un zéro pointé et un passage par la case "coup de gueule" de votre webzine préféré s'il se la joue plagiat.

Désolé mais ce ne sera ni la première option ni la seconde (bande de naïfs). Et oui, il s'agit d'un bon voire très bon album, mais certainement pas du saint Graal ni d'une infâme imposture. La réfèrence à l'oeuvre culte de Faith No More (dernière fois avant l'abrévation c'est promis) n'est pas totalement impertinente mais on est quand même loin de la classe de Mike Patton et sa bande. Le premier titre ("Shaman's Warning Song"), tout en violence retenue, est assez troublant : voix proche de celle de Manson (dans les tons les plus graves), riff étouffé, batterie peu présente mais dont la lourdeur nous scotche à chaque coup de tom... bizarre ! A vrai dire on se sent mal, la tension est palpable. Puis le silence, court mais salvateur. C'est alors qu'une guitare folk apparaît et fait redescendre la pression puis Last Barons trouve son rythme de croisière. Sur ce second titre, la ressemblance avec FNM est bluffante et c'est loin d'être désagréable car les mecs jouent très bien mais surtout le chanteur n'est pas un immonde imitateur de Patton (ce qui relèverait du blasphème !). Pensez plutôt à Brent Hinds de Mastodon, en moins nasillard. La musique, quant à elle, pourrait figurer sans problème sur un album des Américains : nappes de claviers planantes, ensemble basse / batterie ultra groovy, guitare passant du rock abrasif au jazz ou encore à la country... mon Dieu (mon Patton devrais-je dire !) que c'est bon de retrouvée une musique hybride (mais toujours cohérente) de cette qualité ! Du long des environ 60 minutes que proposent les Français, le style ne changera pas, pour notre plus grand bonheur (surtout le mien, hé hé !).
Que peut-il manquer à ce groupe pour atteindre le niveau de FNM ? La folie ! Cette chose à la fois effrayante et fascinante. Cette sensation que tout peut exploser à chaque instant. Pour exemple, rappelez vous (ceux qui connaissent King for a Day..., les autres c'est le moment de se rattraper) les hurlements de dément sur "Cuckoo for Caca" ou les phrases répétés à l’excès sur "Ugly in the Morning". Point de déviances chez les Frenchies, et c'est peut être la seule chose à leur reprocher. On sent bien qu'ils essaient de nous surprendre, comme sur les passages funky alternés avec des bon gros riffs saturés et des cuivres dans "Hidden Sun" ou encore le rythme qui s'emballe dans "Anthik Technik", mais cela reste un peu trop sage. Ces passages sont-ils pour autant ininteressants ? Non, absolument pas, car ils sont très bien agencés et enrichissent considérablement les compositions. Précisons également que le groupe penche également de temps à autres vers un gros stoner limite doom à la Cathedral ("Soul Grinder" et "A Last Devotchka") et qu'il est très convaincant également dans des tempos plus lents. Le titre de clôture, "End of  the Beauty",sorte de ballade torturée à la Alice in Chains, dévoile un groupe également capable de jouer sur la corde sensible et c'est peut être ça qui manque encore au groupe, un chouïa plus d'émotion.


Noël approche et je ne saurais que vous recommandez l'acquisition de cet excellent album (à noter que l'artwork est fort sympathique). Si vous êtes amateur de rock décalé, de stoner ou de dinde aux marrons (désolé je m’égare), priez pour qu'il soit sous votre sapin le 25 décembre au petit matin. A écouter près de la cheminée en regardant la neige tomber et en s’empiffrant de papillotes. Joyeuses fêtes à tous, amis mélomanes !


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