5690

CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 21 décembre 2012
Sa note : 12/20

LINE UP

-Julien
(chant+claviers)

-Lennart
(guitare)

-Benoit
(guitare)

-Flavien
(batterie)

TRACKLIST

1) Wandering
2)The Marvelous Gems
3)Northern Lights
4) Lost in Despair
5) Raging Storm
6) His Majesty Pharaoh
7) Purple Haze
8) Soldier's Willpower
9) The Temple
10) Zenith

DISCOGRAPHIE


AevLord - The Nomad's Path



Autant dire que ça n'était pas vraiment bon signe. Quand j'ai reçu le promo de Aevlord, je me suis dit « oh chouette, toujours content de découvrir un nouveau groupe de black sympho, et en plus c'est français ». Alors quand j'ai réalisé que j'avais déjà leur album précédent History Of A New Mankind (il me semble que le groupe l'avais proposé gratos en téléchargement sur le net fût un temps, ce qui est toujours cool) mais que je l'avais totalement oublié, c'était mal parti : ça voulait dire que je l'avais écouté mais que cela ne m'avait pas du tout marqué et que je l'avais laissé couler dans les tréfonds de mon disque dur. The Nomad's Path allait-il avoir un destin différent ?

Bon, déjà la production est beaucoup mieux, plus professionnelle et qui met clairement plus en valeur la musique du groupe – et quand on fait du black symphonique, autant dire qu'une production cradingue peut ruiner un bon travail de composition. Mais attaquons par ce qui fâche : The Nomad's Path est un album sympathique et attachant, mais sans plus. Autant Aevlord parvient à éviter l'ennui profond, autant il peine à provoquer l'enthousiasme sinon lors de rares moments vraiment réussis. Le gros de l'album passe bien, rien ne choque, mais tout cela manque clairement de relief et de consistance. L'une des raisons de cela c'est la voix de Julien, manquant clairement de charisme dans un genre où la théâtralité et l'ambiance doivent impérativement être incarnées par le frontman. Or ici, si le chant black (et parfois death) est sympa, il manque clairement de variation, de vie et d'audace pour faire pleinement vivre la musique de Aevlord. Trop souvent perché dans un registre black, on aurait adoré des passages plus variés, plus habités.
Parce que l'effort fait sur la musique, en s'essayant à des petites choses originales ici ou là, s'avère plutôt payant. La fin acoustique de "The Marvelous Gem", par exemple, est excellente. Les voix psalmodiées sur "His Majesty Pharaoh" sont également une fameuse bonne idée, surmontées de guitare acoustiques donnant une ambiance enfin originale à la musique de Aevlord - ou encore, les violons à la fin de "Soldier's Willpower" qui donnent un relief intéressant aux guitares. Mais sur la majorité du disque, le groupe semble choisir la facilité en oubliant de mettre une réelle intensité dans leur musique, et du coup est bien loin des folies proposées par Fleshgod Apocalypse ou du côté grand-guignolesque mis en scène par Carach Angren. Du coup, cela fait ressortir les bons titres – ou plutôt les bons passages – mais sur la longueur, The Nomad's Path parvient difficilement à accrocher l'auditeur.


Il manque donc encore quelque chose à Aevlord pour acquérir une identité et proposer une musique qui donnerait à l'auditeur l'envie de se réécouter l'album une soixantième fois. Diversifier le chant et les ambiances, gagner en intensité : voilà bien ce que l'on peut souhaiter d'Aevlord pour le futur, et ça sera avec joie qu'on lui fera une place parmi les pièces maîtresses du black français.



©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 4 polaroid milieu 4 polaroid gauche 4