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CHRONIQUE PAR ...

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Thänatøs
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 18/20

LINE UP

-Aldrahn
(chant+guitare)

-Vicotnik
(guitare)

-Apollyon
(basse)

-Czral
(batterie+guitare)

-Mr. Magic Logic
(claviers)

TRACKLIST

1)Shiva-Interfere
2)Ion Storm
3)Carpet Sombing
4)Regno Potiri
5)Final Conquest
6)Logic
7)Sonar Bliss
8)Magic
9)Completion

DISCOGRAPHIE


Dødheimsgard - 666 International



Le black metal est, avec le death, le genre musical traditionaliste par excellence. Les groupes majeurs ont tour à tour posé des règles auxquelles tous les autres se plient avec respect tant bien que mal. Cependant, ces même groupes majeurs ont pour la plupart, à un moment ou à un autre de leur carrière, fait exploser en mille morceaux ces règles. On peut citer pour exemple MayheM avec son Grand Declaration Of War ou Satyricon avec son Rebel Extravaganza et… Dødheimsgard avec son 666 International.

Intéressons-nous tout d’abord au titre. Autant le fameux 666 est tout ce qu’il y a de plus classique chez un groupe de black metal, autant International est « déplacé » quand on officie dans un style qui prône la solitude et la misanthropie. Trêve de bavardages, passons sur la pochette futuriste, sur les corpse paints multicolores du groupe, sur la durée occulte de l’album (66 minutes et 6 secondes), sur ses 66 pistes dont une ballade au piano cachée et une dernière piste de 11:06, soit 666 secondes. Trêve de chiffres et d’anecdotes à la con et parlons plutôt de musique, voulez-vous ?

Dødheimsgard se rebelle contre les règles si strictes du black metal et propose un black metal sans concessions fortement teinté… non… maculé d’indus. L’indus n’est pas là pour faire joli ou original, mais fait partie intégrante de la musique. D’ailleurs les premières secondes de l’album sont très parlantes à ce sujet. On a droit à une introduction au piano qui se fait subitement écraser par un torrent de riffs acérés et de blasts infernaux qui cèdent la place illico à des samples indsutriels, une rythmique tantôt des plus groovées, tantôt martiale, et un chant décadent, tantôt clair, tantôt black, tantôt entre les deux. Puis tous ces éléments se chevauchent, cohabitant en un fragile équilibre qui risque de se rompre à tout moment.

Dødheimsgard est constamment sur le fil du rasoir en voulant offrir une musique frisant l’insupportable qui éreintera à coup sur l’auditeur (la diabolique "Ion Storm"), et réussit formidablement dans le sens où il ne causera jamais sa mort. On remerciera les plages de repos au piano aérien qui viennent toujours à point nommé pour le sauver d’une tragique fatalité. Signalons pour conclure que 666 International dégage une aura assez particulière : on se croirait réellement quelque part dans le futur, dans un bordel orgiaque ou une crack-house où plane l’odeur de l’opium et autres sympathiques substances.


Alors comment ne pas s’incliner de fascination devant ce monument de haine, de décrépitude, de décadence, de chaos musical diablement maîtrisé qui révèle toutes nos tendances masochistes? Comment ne pas s’incliner devant ce groupe qui cristallise en un album ces valeurs qui nous sont si chères ? Impossible n’est-ce pas ? Cet album tue tout simplement, et faute de lui accorder 666 comme note, ça sera un gros 18 parce que 18=6x3, soit 666. Amen.


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