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CHRONIQUE PAR ...

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Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 18 janvier 2013
Sa note : 12/20

LINE UP

-David Readman
(chant)

-Alfred Koffler
(guitare+claviers)

-Uwe Reitenauer
(guitare)

-Dennis Ward
(basse+claviers)

-Chris Schmidt
(batterie)

TRACKLIST

1) Land of Confusion
2) Wasted Years
3) Special
4) Find Your Soul
5) The Tide
6) Big Machine
7) Let the Thunder Roll
8) Right or Wrong
9) Passage of Time
10) I Came to Rock
11) King for One Day
12) Superman

DISCOGRAPHIE


Pink Cream 69 - Ceremonial
(2013) - hard rock - Label : Frontiers Records



Pink Cream 69 n'aurait jamais dû sortir cet album. Ni les dix précédents. En toute logique, cette version clean de Skid Row – permanentes, piège à filles et bandanas – aurait dû être balayée à l'orée des nineties par le grunge et le néo metal, du sérieux s'il en était. Il faut croire que le hard rock vitaminé de ces Germano-Américains valait mieux que les inénarrables Poison ou Warrant - si le groupe continue à publier des enregistrements plus de vingt ans après sa création, c'est qu'il devait y avoir du potentiel. Or le potentiel, c'est comme le pétrole ou le hardeur débutant après la vingt-cinquième prise : ça s'épuise. Alors, faut-il s'obstiner à écouter Pink Cream 69 en 2013 ?

Non seulement ces ultimes avatars du hair metal eighties ont survécu à Pearl Jam et Limp Bizkit – merci aux fans japonais et leur fixette sur les blonds efféminés - mais ils ont su en outre maintenir le cap malgré le départ chez Helloween de leur charismatique chanteur Andreas « Andi » Deris avec lequel ils avaient enregistré leurs trois premiers lp dont l'excellent One Size Fits all (1991). Si la période avec Deris coïncide indéniablement avec l'âge d'or du collectif, la suite ne fut pas vilaine grâce notamment au recrutement du très pro David Readman, beaucoup plus sobre – à tout point de vue - que son illustre prédécesseur. Le double live capté en 2009 dans sa base de Karlsruhe avait montré un gang encore alerte à défaut d'être fougueux, rassurant sur ses capacités a injecter un peu d'intensité à son big rock ultra mélodique. Le retour en studio s'effectue pourtant sans le batteur Kosta Zafiriou qui évoque un emploi du temps surchargé... Qu'on aurait tendance à traduire par « manque de motivation ». Pas bon, ça, venant d'un membre fondateur.
Reconnaissons à Pink Cream 69 une qualité d'exécution quasi irréprochable, le « quasi » concernant certains soli un peu vite expédiés qui souffrent de la comparaison avec les interventions décoiffantes entendues sur la dernière livraison de Ten réalisée l'an passé dans le même style et sur le même label. Alternant mid tempo et pistes un peu plus enlevés, le quintet montre qu'il sait encore écrire des chansons. Mais il ne faut pas se le cacher : l'impression que le cœur n'y est plus prédomine. Certes, les cinq vétérans ne se vautrent pas dans la guimauve - les semi-ballades "The Tide" et "Passage of Time" conservent une dose honorable d'électricité. Mais sans forcément évoquer les débuts glorieux de la Crème Rose auxquels seul l'entraînant "Let the Thunder Roll " fait écho, le constat est que cette douzaine de morceaux manque cruellement d'originalité, laissant un tenace arrière-goût de déjà entendu. La section d'Outre-Rhin frise même l'auto-citation – les soli de "Let the Thunder Roll", "Right or Wrong" et "I Came to Rock" étant par exemple très proches. Restent les guitares qui évitent la mièvrerie et une aptitude rarement prise en défaut pour le refrain bien troussé.


Les amateurs de hard FM, car ce créneau est clairement celui dans lequel évolue Pink Cream 69 désormais, viendront utilement chercher sur Ceremonial leur dose de titres léchés et de refrains calibrés. Mais les autres, peut-être moins indulgents envers la (ré)utilisation de plans usés jusqu'aux gluons de l'ultime pépin du dernier trognon, estimeront sans doute que la troupe du vénérable Dennis Ward a livré une œuvre sans grand intérêt, malgré quelques bons passages et une interprétation de haut niveau. Ceux qui découvriraient les Badois avec cette production seraient donc bien inspirés de jeter une oreille sur leurs premières réalisations, autrement plus excitantes.


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