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CHRONIQUE PAR ...

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Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 22 janvier 2013
Sa note : 12/20

LINE UP

-Natasha Vaichuk
(chant)

-Hiroaki Kato
(guitare+bouzouki+piano+mellotron+ orgue)

-Yugo Maeda
(basse)

-Yushi Soutome
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-Jan Erik Liljeström
(spoken words sur "The Fog")

-Mutsumi Tanamura
(spoken words sur "The Pilgrimage")

-Shigetsugu Hagiya
(guitare sur "The Pilgrimage")

TRACKLIST

1) Ashes & Yarrow
2) Cry Havoc
3) Hymn to the Fallen
4) In the Half Light of the Canyon
5) Cairn
6) The Pilgrimage
7) The Fog

DISCOGRAPHIE

Pathfinder (2013)

Early Cross - Pathfinder
(2013) - metal prog - Label : Lion Music



« -Dites donc messieurs-dames, y'en aurait pas un ou une parmi vous qui m'aurait barboté le dernier Depressive Saussage of the Mad Buchter, le tribute band doom gore bruitiste de Kirghizie ? J'ai toujours rien reçu, là.
- Tu es sûr que tu ne confonds pas avec la formation de female prog metal nippo-ukrainienne, tu sais, euh...
-Cross Denied ?
-Non, attends, c'est du prog', quand même... Early Cross !
-Ah. Ouais. Early. Eux. Je les avais pas refilés au Grand Mamamouchi ?
-Non.
-Au stagiaire ?
-Non plus.
-Et merde.
»


Ça paraît dingue mais ce groupe existe réellement. Pas le cover band centre-asiatique de Destruction – encore que ça mériterait vérification – mais Early Cross, une section japonaise de metal progressif ayant la particularité de détenir en son sein une chanteuse, Natasha Vaichuk, d'origine ukrainienne. Ah, les heureux avatars du métissage, comme il est doux de les contempler ! Enfin, de les entendre, surtout. Car la vocaliste constitue l'indéniable atout n°1 d'Early Cross. Ne laissant aucun vibrato disgracieux troubler son chant cristallin, la demoiselle – aux intonations proches de celles délivrées par Cristina Scabbia de Lacuna Coil - ne donne ni dans le beuglement geignard ni dans la cacochymie, ce dont on lui est infiniment reconnaissant tant le résultat se révèle agréable et confère à cet enregistrement la dimension onirique qui sied à tout recueil de rock ou metal progressif digne de ce nom. Malheureusement, c'est également à peu près tout ce que l'on retient de positif à l'écoute de Pathfinder. Soyons justes, néanmoins : les morceaux sont correctement interprétés par des musiciens qui ne révolutionnent certes pas la pratique de leurs instruments mais nous épargnent au moins les oiseuses démonstrations techniques qui gâchent tant de réalisations dans leur genre de prédilection.
Alors qu'est-ce qui cloche chez ces Nippons ? Les chansons. Toutes composées par le multi-instrumentiste Hiroaki Kato, elles ont le défaut de présenter des passages qui semblent avoir été entendus des dizaines de fois chez d'autres, Porcupine Tree et Fates Warning en tête. On connaît des influences plus douteuses mais difficile, à moins d'être un fan inconditionnel du genre, de s'enthousiasmer à l'écoute de ces titres à l'invariable mid tempo qui ronronnent sans surprendre. La production, assurée par Kato lui-même, abuse de la réverb' qui renforce l'impression d'uniformité et neutralise les bonnes idées qui affleurent ici ou là, comme les épilogues mélancoliques des deux dernières pistes de l'album qui auraient mérités d'être développés. Hélas, malgré des guitares parfois mordantes et quelques sympathiques interventions au mellotron comme sur le single "Cairn", les breaks sont à la fois trop peu nombreux et surtout pas assez tranchants pour relancer l'intérêt. Et ce n'est pas l'apparition furtive de Jan Erik Liljeström d'Anekdoten sur "The Fog", probablement destinée à donner un peu de crédibilité au projet, qui risque de changer la donne (la tentation d'employer l'épithète « anecdotique » était en l'occurrence fort tentante mais il faut savoir prendre sur soi).


Trop sage et trop respectueux des aînés, le metal progressif d'Early Cross, s'il n'est pas déplaisant, reste trop anecdotique sur ce premier LP pour donner l'envie d'y revenir. Cependant, le potentiel est là. Si la bande à Kato parvient à se lâcher vraiment et proposer une musique plus aventureuse, elle aura tout à y gagner. Surtout en possédant une chanteuse aussi intéressante que Natasha Vaichuk, que le prolongement du sous-emploi pourrait bien inciter à vérifier si d'autres collectifs à l'ambition plus affirmée n'auraient pas quelques partitions à lui soumettre.


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