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CHRONIQUE PAR ...

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Wrathchild
Cette chronique a été mise en ligne le 11 février 2013
Sa note : 14/20

LINE UP

-Chris Ousey
(chant)

-Micky Moody
(guitare)

-Laurie Wisefield
(guitare)

-Adam Wakeman
(claviers)

-Neil Murray
(basse)

-Harry James
(batterie)

TRACKLIST

1) My Angel
2) Accident Prone
3) To The Rescue
4) Falling Leaves
5) A Little Rock & Roll
6) Turn Of The Screw
7) Smoking Gun
8) Stand Up
9) Guilty As Charged
10) Nothing To Lose
11) Cover Me In You

DISCOGRAPHIE

Snakecharmer (2013)

Snakecharmer - Snakecharmer
(2013) - rock teinté de blues - Label : Frontiers Records



L'atmosphère ces derniers temps semble propice à la génèse de ce qu'on appelle les Supergroupes - c'est-à-dire l'association de talents réputés venant de divers horizons et ayant pour but de faire plus que la somme de ses parties. Ici, toute consonance rappelant un certain Serpent Blanc est entièrement volontaire puisque nous avons parmi les membres de Snakecharmer les messieurs Micky Moody et Neil Murray, qui furent en partie responsables de ce côté bluesy du Whitesnake de la première période. Caractère qui manque beaucoup à la musique de Monsieur Coverdale, trop emprunt aux pyrotechnics de tous genres depuis maintenant plus de deux décennies.

Ce projet qui fut commencé par messieurs Moddy et Murray sous le nom de Moody-Murray's Whitesnake - avant qu'on leur dise en termes sans appel que non, ils ne pouvaient pas faire ça - se voit enfin se matérialiser avec la sortie de leur premier album éponyme. Ils adoptèrent le nom de Snakecharmer en 2011 avec l'arrivée de Adam Wakeman - ajoutant ainsi Ozzy à Whitesnake, Black Sabbath, Thunder, Wishbone Ash au palmarès des membres du groupe. Pardon, du Supergroupe - après avoir tourné sous le patronyme de Monsters of British Rock. Mais pour une formation vouée à la musique du Serpent Blanc première période, la référence à ce dernier faisait franchement défaut. Donc, Snakecharmer.
Et charmeur - ah, ah - ce disque l'est. Au point de se faire charmant et de donner à l'auditeur une certaine impression de confort, et ce dès la première écoute. Pour tous ceux qui ont aimé le Whitesnake des débuts - et à qui il manque beaucoup - ou bien ceux qui ont une faiblesse pour un rock légèrement teinté de blues, ou encore pour les autres qui ont un penchant pour ce que les radios US appellent « Classic Rock », ce disque est pour vous. Vous vous sentirez chez vous, en terrain connu. Un peu comme cette vieille paire de pantoufles que l'on retrouve avec joie chaque hiver!
Musicalement, il n'y a aucune surprise en disant que c'est du Whitesnake comme Whitesnake n'en fait plus. Les deux premiers titres écrits lorsque le groupe était en tournée et dépoussiérait les classiques, "Turn Of The Screw" et "Smoking Gun", sont bien dans cette veine, le dernier offrant un refrain mélodique digne du Serpent Blanc. "Guilty As Charged" est du même calibre avec son rythme entraînant, sa mélodie aux claviers et son très bon solo de slide - Mr. Moody rappelle à tous ceux qui l'auraient oublié combien il excelle dans cet exercice, évoquant même le meilleur guitariste de slide, Sonny Landreth, à la fin de "A Little Rock & Roll". "Nothing To Lose" reprend la formule du refrain accrocheur et mélodique qui reste bien en tête dans un titre où la slide bluesy fait une nouvelle fois bonne figure.
Outre le Serpent Blanc, Snakecharmer fait penser à d'autres géants du rock mélodique. On retrouve du Bad Company dans les lignes de basse de "To The Rescue" ou dans les mélodies de "Cover Me In You". "Falling Leaves" plonge dans la ballade à la Scorpions - pensez "Holiday" - avec son intro. Ce morceau est très réussi avec un chant rempli de sentiments secondé par des choeurs féminins. Les guitaristes ajoutent des touches subtiles, préférant la parcimonie au flash. Il montre également une très belle harmonie des musiciens dans son dialogue claviers / guitare. Quant à "Stand Up", c'est un morceau très proche de ce que faisait Foreigner dans leur période classique. A comprendre, les seventies, avant que ceux-ci ne se plongent dans un marasme de claviers pour les eighties. Le refrain est très accrocheur avec un très bon riff et une ligne de chant digne de Lou Gramm.


Ces vétérans nous ont sorti un album fort agréable, qui passe tout à fait le test et qui devrait faire plaisir à bons nombres de fans du Whitesnake de la première heure ainsi qu'à tous les amateurs d'un bon rock légèrement bluesy - même si les puristes vont froncer les cils à cette description - des années 70. Seul bémol dans le tas, il manque légèrement de venin et aurait bénéficié de titres de la veine d'un "Slow'n'Easy" ou bien "Fool For Your Loving" - tous deux co-écrits par Micky Moody - pour faire de cet essai une réussite complète. 


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