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CHRONIQUE PAR ...

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Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 28 janvier 2013
Sa note : 10/20

LINE UP

-Mert
(chant)

-Phil
(guitare)

-Kell
(basse)

-Tom
(batterie)

TRACKLIST

1) Cold Sweat
2) No Tomorrow, No Regrets
3) Colossus
4) Loose Lips
5) The Big Rip
6) Bullsharks
7) Sink Ships
8) Matriarch / Utopia
9) L'Étranger
10) The, I Am
11) Reinvent The Real

DISCOGRAPHIE


The Green River Burial - Separate & Coalesce
(2013) - hardcore beatdown torché - Label : Bastardized Recordings



Apparemment, ma bonne dame, le hardcore beatdown bas du front serait de retour à la mode? Génial, wooh-fuckin-hou-hou quoi ! Justement, avec les semi-bouses de Awaken Demons et de Give'Em'Blood chroniquées il y a peu dans ces pages par votre serviteur bien contrit qu'on lui serve cette soupe indigeste, ce dernier pensait être un peu peinard de ce côté là. Ah ah, con de lui ! C'était sans compter sur le valeureux chef des Eternoz qui rodait, cherchant à sournoisement refiler quelques promoz hardcore qui trainaient encore dans le coin. Le bon Dime, dans sa naïveté aussi touchante que pathétique, ne se fit pas prier et accepta donc, sans se rencarder plus que cela, de s'occuper du premier The Green River Burial.

Mal lui en prit, cela se vérifiera sous peu. Et plus tôt que sous peu en fait : maintenant, même. Pourquoi fut-ce une erreur, alors ? Eh bien tout simplement parce que la lecture des chros des deux groupes précités en intro pourraient suffire, en les mélangeant et en changeant les noms de morceaux (et encore, qui s'en rendrait vraiment compte ?), à appréhender l'absence totale de complexité et de réel intérêt de cet album. The Green River Burial, c'est encore une bande de mecs un peu primitifs sous leurs dehors de jeunes loups hipsters, pas réellement foutus d'écrire un riff complexe qui tient un peu la route ou un morceau de plus deux minutes sans se mettre à résolument tourner à vide, et préférant donc bananer un sorte de metalcore / hardcore beatdown tout poussif et basique. Un peu comme si on prenait August Burns Red, qu'on enlevait tous les trucs cools et techniques / mélodiques, pour n'en garder que l'ossature breakée de partout ("Colossus", "The Big Rip"). Pénible quoi. Donc voilà, pardon pour le caractère court et désabusé du présent exercice, mais il est inconcevable pour le chroniqueur enflammé d'accepter de tourner à vide comme les groupes qu'il évoque ici.
Bref, un album court, une technique à peu près en place mais extrêmement sommaire, ce qui s'entend dans peu ou prou tous les riffs de l'album et dans la construction de la plupart des morceaux (notamment "Cold Sweat" ou "Matriarch Utopia"), une section rythmique tractopelle qui fait des beatdowns, des guitares qui font aussi des beatdowns ("Bullsharks" et tant d'autres), un chanteur qui hurle sa race par dessus le tout sans trop varier et d'ailleurs, à la limite, merci à lui (pas de chant clair émo-rroïde), et voici un nouvel album de hardcore beatdown totalement anonyme et sans aucune espèce d’intérêt (enfin si, un gros atout comique tout de même, mais on y viendra en conclusion). L'envie d'en rester là est prégnante, mais encore un effort : la prod' est bonne, sauf la basse bien trop surgonflée comme de bien entendu (les grosses infrabasses typiques du genre, et c'est bien utile pour masquer la pauvreté du reste a priori) mais rien de bien scandaleux, l'ensemble est plutôt puissant, comme très souvent chez ces jeunes groupes, c'est déjà ça. Ensuite quoi ? Ah, ils sont allemands, ce qui laisserait à penser qu'entre eux, Give'Em'Blood (autrichiens) et Awaken Demons (eux sont italiens, et les trois groupes sont signés chez Bastardized Recordings, étonnament), il y a une sorte de conspiration pour une ascension au premier plan du mauvais hardcore beatdown (on pourrait dire « moshcore ») européen à la Emmure et autres. Heureusement, avec des groupes comme Rise & Fall, Birds In Row ou Rise of the Northstar dans le coin, ils ne sont pas près d'y parvenir, du moins peut-on raisonnablement l'espérer.


Et donc comme promis et pour conclure, l'atout comique involontaire : tapez le nom de ce groupe dans Google, visez un peu la touche capillaire du batteur (une sorte d'improbable choucroute rousse à la fois bouclée et méchée, ce qui est fort puissant, le tout avec un diamètre faisant bien trois fois la tête du bonhomme), c'est à se pisser dessus de rire jusqu'à une funeste déshydratation.  Rien que pour ça, un point de moins, le mec n'ayant même pas la décence de mettre une casquette ou une capuche dans les photos de promo du groupe. Enfin, restons sérieux, le problème majeur de ce groupe reste bel et bien le fait que ce soit un peu de la grosse merde, à mon humble avis. Encore des types qui ont sorti leur opus trop tôt, en somme. Dommage, la pochette était ma-gni-fi-que (pour une fois...). 


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