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CHRONIQUE PAR ...

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Archaic Prayer
Cette chronique a été mise en ligne le 25 février 2013
Sa note : 15/20

LINE UP

-SSatan
(chant)

-Grimvald
(guitare+basse)


TRACKLIST

1) Totenkopf (Evil Blitzkrieg Wrath)
2) Northern Death Legions
3) Daemon's Supremacy
4) S.H. 666 (The Awakening of the Baphomet's Einsatzgruppen)
5) Gegen die Rote Pest
6) Moonspell Rites
7) Juden Raus... Stench of the Nazarene
8) Le Chant du Diable

DISCOGRAPHIE


Armaggedon - S.H. 666 (The Awakening of the Baphomet's Einsatzgruppen)
(2013) - black metal - Label : Autoproduction



« No contact, no band information, no thanks, fuck you all ». Ces quatre phrases toutes simples et très éloquentes s'affichent de plus en plus sur les groupes de black metal underground. Autant les grands noms de la Norvège se laissaient au moins prendre dans les fanzines (y compris Varg Vikernes), et acceptaient les interviews. Ici par contre, vous pouvez toujours allez vous brosser pour trouver leur adresse mail. Armaggedon, mais aussi les Helvètes de Cendres de Haine et surement d'autres groupes font tout pour ne pas être aimés par la majorité de la population. Après, pour savoir si ce triptyque remplacera le mot d'ordre de Deathlike Silence, ancien label d'Euronymous (« no mosh, no core, no fun, no trend »), c'est une autre histoire.

Donc toujours à deux (on pourra toujours, là aussi, se brosser pour savoir lequel tient la batterie), les affreux Français ont récidivé avec ce S.H. 666 (The Awakening of Baphomet's Einsatzgruppen) qui montre à nouveau la fascination pour ce qui méprise et veut effacer le mot "humanité" dans le dictionnaire (nous y reviendrons). D'ailleurs, le propos n'a absolument pas varié : digne de leur prédécesseur, le très bon I.N.R.I, ce cinquième album achève d'enfoncer le clou de Sainte Hélène et installe Armaggedon au rang des meilleurs groupes de black français. L'ambiance guerrière s'est renforcée, notamment dès le premier morceau "Totenkopf (Evil Blitzkrieg Wrath)". L'ombre des Finlandais comme Sargeist ou Goatmoon plane plus que jamais sur ce disque qui ne laisse de nouveau aucune place à l'ambiguïté et aux fioritures. Mais à la différence de Cendres de Haine qui cherche aussi (et arrive) à restaurer les ambiances de Darkthrone ou Seigneur Voland, Armaggedon possède l'expérience, une meilleure maîtrise et une haine disponible sur une durée plus concise (33 minutes au total). Ce seront "Juden Raus... Stench of the Nazarene" et "Gegen die Rote Pest" qui assureront les passages lents et plus noirs. Et alors que les guitares se font toujours aussi tranchantes et brutales (voire même un peu plus percutant au niveau de la production qui écarte le fossé avec les Suisses déjà évoqués), la batterie se fait plus puissante. Quant au chant, même s'il a un peu perdu de sa folie palpable sur son prédécesseur, il est toujours convaincant et aussi torturé que sur le dernier album.
Après, s'il y a eu du changement ? Ben, peut-être sur la production, un peu plus claire. Il est certain que Armaggedon a beaucoup plus de volume et de reliefs sur ce nouveau disque. Le jeu de batterie a l'air aussi plus puissant, marquant l'héritage des scènes norvégiennes, françaises et finlandaises. Et puis surtout, le groupe ne semble faire plus de reprises sur l'album. "Le chant du Diable" montre que les deux affreux ont réussi en fin à composer un album entier, qu'ils ont fait le tour de leurs écoutes préférées... pour faire une reprise d'un autre genre. Quatre ans après, il peut être assez décevant que le duo ne se soit pas remis en question non plus. En effet, il s'agit d'une non-reprise car l'outro n'est autre qu'un document de propagande collaborationniste ponctué d'un riff black metal montrant le parti pris sans ambiguïté (vu le titre sans équivoque du split précédent, il ne faut plus s'étonner). Tiens, à ce niveau-là, autre changement : le groupe se fend ainsi d'une intro et d'une outro, histoire de plonger un peu plus l'auditeur dans leur univers flippant et parfois peu recommandable. Reste que, bien évidemment, Armaggedon nous gratifie de nouveau de passages épiques sur "Daemon's Supremacy", qui se termine sur un arpège en son clair à la fin, tandis que s'enchaine le morceau éponyme, plus rentre-dedans avec des riffs destructeurs.


Ainsi, globalement, ce nouvel album est un bon disque de black metal, où la haine est présente, les riffs explosifs. Armaggedon est un de ces groupes qui, comme Flame of War ou Goatmoon, compensent le caractère repoussoir habituel du NSBM par un métal noir de bonne facture. Après, si vous vouliez plus d'évolution de leur part, quatre ans après, la déception risque d'être au rendez-vous. Mais il ne vous restera plus qu'à prendre I.N.R.I, ce nouveau disque parce que la production déboite bien, puis choisissez entre Ave Satan ou Imperium... pour avoir une vision globale de ce groupe. Bref, que vous soyez puristes ou non, Armaggedon peut intéresser, car la France a besoin de bons groupes pour rester une grande scène black metal.





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