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CHRONIQUE PAR ...

16
Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 25 février 2013
Sa note : 11/20

LINE UP

-Diego Valdez
(chant+piano)

-Mariano Rios
(guitare)

-Leo Aristu
(guitare)

-Christian Abarca
(basse)

-Hernan Coronel
(batterie)

TRACKLIST

1) Modern Roman Circus
2) Just Be Yourself
3)
No Chance to Be Reborn
4) Begging for Forgiveness
5) Wake Up
6) At the End of the Journey
7) Ghosts from the Past
8)
Still Alive
9) Flying
10) Inside of Me
11) Dreams

DISCOGRAPHIE


Helker - Somewhere in the Circle
(2013) - heavy metal - Label : AFM Records



Helker est une formation avec un nom à consonance allemande, signée sur un label allemand et produit par une sommité du heavy allemand, en l'occurrence Mat Sinner, qui a même ramené son pote Ralf Scheepers dans l'aventure. Et pourtant Helker est un groupe… argentin. Si j'osais, je dirais bien que les musiciens doivent être des descendants de dignitaires nazis réfugiés en Amérique Latine après la débâcle, mais à l'heure où toute remarque de mauvais goût est proscrite et où la Police de la Bienséance règne en maître sur internet, je vais m'abstenir…

Helker, pour faire simple, c'est un groupe de heavy classique de chez classique. Vous me direz, il n'y a pas 50 façons de jouer du heavy traditionnel, mais là, sur le plan strictement musical, il n'y a pas de quoi faire péter le feu d'artifice : les riffs sont plats en règle générale, et les solos ne sont guère plus éblouissants. On a parfois l'impression que les musiciens se sont dit bof, pas besoin de se fouler, de toute façon Diego va nous sauver la mise. Parce qu'en effet, le Diego Valdez, il sait envoyer la sauce : nul doute qu'à The Voice, il aurait l'embarras du choix pour le coach ! On dirait une sorte de Ronnie James Owens, qui emprunte au premier son amplitude et son sens théâtral, et au second ses intonations agressives, quitte à exagérer un peu parfois (flagrant au début de "No Chance to Be Reborn"). Bien souvent, ce sont la qualité de son interprétation et des mélodies vocales qui donnent tout leur attrait aux morceaux. D'ailleurs, dès que cela flanche sur ce dernier point, le bonhomme ne peut pas faire de miracles et le niveau plonge immédiatement. Résultat, une fin d'album particulièrement difficile, entre morceaux moyens ("Still Alive" et le très Primal Fear "Inside of Me") et carrément pénibles (la ballade "Flying").
Le plus surprenant de la part de ce groupe au look de gros durs, c'est qu'il n'est jamais aussi bon que lorsqu'il se la joue soft. Quand Helker décide d'avoiner, il peut se montrer habile comme sur la doublette d'ouverture (surtout "Just Be Yourself" et son excellent refrain), mais aussi moyennement inspiré ("No Chance to Be Reborn" ou "At the End of the Journey"), voire décevant sur "Begging for Forgivenesss" qui ne tient pas ses promesses. Quelles promesses ? Un trio avec Ripper et Ralf Scheepers, rien que ça, le genre de truc que la frange la plus déviante de la rédaction des Eternels n'imaginait même pas en rêve. Sauf que voilà, Ripper est en roue libre (comme souvent), Scheepers est sous-employé et surtout, le morceau ne tient absolument pas debout : on cherche encore le lien entre le couplet / refrain et le break, collé à la va-comme-je-te-pousse… On dirait clairement deux morceaux différents à la base, collés juste histoire de réunir ces deux invités de marque. A l'inverse, dès que Helker adoucit le propos et laisse parler ses velléités « commerciales », cela fonctionne tout de suite : "Wake Up", "Dreams" et surtout "Ghosts from the Past", autant de réussites dans un domaine plus lisse, avec des refrains immédiats.


Somewhere in the Circle fait partie de ces albums tièdes, ni ratés ni réussis. Helker y apparaît comme un groupe souffrant du syndrome Metalium, cette pathologie qui consiste à se reposer un peu trop sur les qualités hors normes du chanteur et à négliger le travail sur les compositions. Au final, cet album contient davantage de bon que de moins bon, le tout s'écoute sans déplaisir, mais à l'évidence, on n'y trouve rien de très fulgurant qui donne envie d'y revenir.


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