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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 15 mars 2013
Sa note : 7/20

LINE UP

-Andrew Loucks
(chant)

-Zach Hunter
(guitare)

-Jared Loucks 
(guitare)

-Eli Masharbash 
(basse)

-Chris "The Lieutenant" Stinnett
(batterie)


TRACKLIST

1) Dividers
2) Half-Lived
3) Transitions
4) Homewrecker
5) Glass Houses
6) Milestone
7) Dreamkiller
8) Visions 
9) Breathe On Ice
10) Ghostwatcher

DISCOGRAPHIE

Ghostwatcher (2013)

Beyond The Shore - Ghostwatcher
(2013) - metalcore djent - Label : Metal Blade Records



Pour avoir des os solides, outre l'option qui consiste à se gaver de calcium matin, midi et soir, il est parfois indiqué de provoquer régulièrement des micro-fissures inoffensives qui, en se refermant, permettront aux os de se recalcifier et donc de se solidifier. Comme l'idée est maline, on s'est dit qu'elle devait fonctionner sur autre chose. Les chroniqueurs par exemple. Pour avoir un chroniqueur solide, l'idéal semble donc de lui balancer de temps à autre un disque inoffensif qui l’embêtera un peu. Comme ça, notre chroniqueur fait ses griffes et devient de plus en plus résistant aux assauts répétés de médiocrité. Il s'endurcit et devient imperméable à tout ce qui n'est pas assez puissant pour l'affecter franchement. Vous l'aurez compris : Ghostwatcher est ma petite micro-fissure personnelle. 

Récemment, on pouvait lire des propos plutôt bien vus émanant des mecs de Carcass, le cultosaure groupe de grind / death Anglais: « A lot of what is happening now is based on rhythms rather than actual riffs ». Et punaise ouais : tout est dit. Pas besoin de creuser davantage: le metal des années 2010 est résumé dans ce petit bout de phrase. Là où jadis les Maiden, Priest, Metallica, Megadeth et consorts tranchaient la gorge des auditeurs à coup de riffs incisifs, les groupes modernes sont passés à autre chose. Il bondissent et rebondissent sans cesse sur des riffs constitués de quelques notes jouées sur des rythmes pas possibles. Loin de nous l'idée de porter un quelconque jugement de valeur sur cette tendance qui n'est pas plus mauvaise, en elle-même, que le trémolo éculé du black metal ou que la lenteur du doom. Des formations comme Meshuggah, Textures ou Sybreed s'en tirent d'ailleurs avec tous les honneurs et sortent régulièrement des albums dingues. Toutefois, ce courant apporte également, comme tout courant qui se respecte, son lot de résidus. Pas de bol, Beyond The Shore est plutôt de ce genre-là. Le genre résidu qui suit le mouvement. On aurait préféré un joli bateau-feuille flottant sur la douce et sinueuse rivière du metalcore, mais non.
Bien sur, Ghostwatcher répond au minimum syndical exigé du metalcorus commonus : production bétonnée, riffs épileptiques titant sur le djent, chant alternant entre un growl grave (à la Deadlock), un chant écorché (à la Architects) et une voix claire chouinarde (à la... Sum 41, arf !). Ajoutez à cela quelques pouet-pouet électroniques par-ci par-là, une piste-interlude à tendance acoustique pour montrer que oui, dans le fond, ces messieurs ont une âme, et une durée d'album plutôt courte et vous obtenez un produit parfaitement dans l'air du temps et, surtout, parfaitement calibré pour plaire instantanément. Le souci, c'est qu'outre l'impression d'avoir déjà entendu ça un peu partout dernièrement, la durée de vie de l'oeuvre risque de vaciller relativement rapidement. Que voulez-vous, c'est la loi du genre... Au final, Beyond The Shore pêche clairement par un manque de mélodie (malgré les quelques soli qui ponctuent l'album) et, pire, par un manque de variation dans le propos qui le rend relativement plat malgré des pistes n'excédant jamais les quatre minutes. 


Le bilan est clair : si vous appréciez le metalcore, vous pouvez jeter une oreille sur Ghostwatcher sans être déçu. Sinon, inutile de s'attarder sur ce premier essai. La musique un peu trop propre sur elle des Américains et le trop peu d'originalité qu'elle présente devraient plutôt vous aiguiller vers les albums les plus renommés du genre (cf. les formations évoquées ci-dessus, entre autres). Pas franchement mauvais, mais jamais positivement bon non plus, Ghostwatcher sera oublié aussi vite qu'il est arrivé. A ce propos, je vous mets au défi de vous en remémorer ne serait-ce qu'un passage à la fin de l'écoute. C'est pas gagné.


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