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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 11/20

LINE UP

-Aro
(chant)

-Zapa
(guitare+chant)

-Raz
(basse+chant)

-Pala
(batterie+chant)

TRACKLIST

1)Innervention
2)Golpe
3)Atman Collapse
4)Last Way Left
5)Responses
6)Train
7)The Hive of Damage

DISCOGRAPHIE


Agabus - Last Way Left (EP)
(2005) - metalcore - Label : Autoproduction Deadsun



Le nombre de groupes italiens qui se décident à arrêter de pomper Rhapsody ou de faire systématiquement du speed-sympho-mélo-power-gay-metal est en hausse et c'est fort bien. Après un premier album éponyme autoproduit dont je ne sais rien du tout, Agabus est de retour avec ce gros EP (sept titres, vingt-trois minutes de musique) intitulé Last Way Left qui fleure bon la violence et le jump. Agabus fait en effet du metalcore, cette savante mixture qui fait fureur ces temps-ci: gros riffs qui font sauter, chant hurlé aigu et feeling thrash/metal sont au programme.

Les deux premiers titres "Golpe" et "Atman Collapse" sont fondés sur la même base: riffs qui rappellent parfois Slipknot et parfois le Sepultura post-Chaos A.D en plus dissonant, passages syncopés jumpy enchaînés à des accélérations thrash, et ce chant… En gros, c'est l'essence du chant vomi que l'on trouve ici: des hurlements très haut-perchés et surtout tenus très longtemps. Le grain hardcore/black d'Aro n'est d'ailleurs pas très convaincant: il est souvent doublé par des hurlements plus graves qui font passer la sauce, et noyé dans les riffs ça reste acceptable en général, mais quand il tente de balancer la sauce seul ("The Hive Of Damage") on se rend compte que c'est un peu poussif tout ça. En tout cas tout cela ne sonne pas mal du tout pour une prod artisanale: tous les instruments ressortent, et sans donner dans l'énorme les guitares sont suffisamment pêchues pour que les riffs ne soient pas pourris par un son indigent. C'est plus au niveau de l'originalité que le bât blesse.

Car le voilà le gros défaut qui handicape cet album comme le bouton purulent sur le menton handicape le dragueur: malgré une énergie appréciable tout cela ne révolutionne pas grand-chose. Tout n'est pas à jeter, loin de là: certaines chansons donnent à entendre des constructions assez alambiquées et des riffs sympathiques, "Train" étant même particulièrement entraînante et présentant un enchaînement d'ambiances béton. Mais certaines tares empêchent Agabus de décoller pour de vrai: "Responses" est par exemple plombée par une douloureuse tentative de chant clair à la fin du morceau, et une bonne partie des autres morceaux est dépourvue de ce petit plus qui transforme un groupe efficace en groupe inspiré. Trop de riffs sur ce Last Way Left sont directement pompés ailleurs, trop de placements rythmiques évoquent les ténors du hardcore et du thrash. Qu'un groupe ne parvienne pas à maintenir un niveau d'excellence sur tout un album je veux bien, mais il s'agit d'un EP! C'est donc assez gênant.

Je dois finir cette chronique en évoquant le title-track "Last Way Left", OVNI total de ce CD. Petit interlude à mi-chemin entre l'intro, l'instrumental et la véritable compo, ce titre développe une ambiance groovy et chaude jamais retrouvée ailleurs. J'ai fortement pensé au Snot calme et jazzy des moments les plus tranquilles de Get Some, ce qui est une excellente référence! Dommage qu'Agabus n'ait pas réellement intégré cette couleur à leur palette, car j'aurais été curieux de voir ce feeling marié aux autres éléments thrashcore du groupe. Last Way Left est donc un mini-album sympatoche, pas vraiment mauvais et qui révèle même quelques très bonnes surprises, mais ces surprises ne suffisent pas à relever le niveau général et le côté assez quelconque du reste. On l'a déjà dit, la scène metalcore est saturée, donc être moyen ne suffit pas! Le potentiel est là, mais il faudra qu'Agabus gagne en maturité pour être concurrenciel.




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