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CHRONIQUE PAR ...

85
JC
Cette chronique a été mise en ligne le 10 mars 2013
Sa note : 11/20

LINE UP

-Luke
(chant+guitare+basse)

-Tim
(chant+guitare+basse)

-Patrick
(batterie)

TRACKLIST

1) Wounded Knee
2) Christbastard
3) Slowbled
4) Warpainted
5) Sunshine Acid
6) Cover Tracks/Sever Ties
7) Crack Ikon
8) Chris Brown
9) Unleashed
10) Circle the Lord of Flies
11) No Suffering

DISCOGRAPHIE

Golden Eagle (2013)

Ambassador Gun - Golden Eagle
(2013) - grindcore Grind/Punk/Hardcore - Label : Prosthetic Records Pangea



Parmi les groupes qui pratiquent une musique violente il y a ceux qui enchaînent les combos à tire-larigot, les maîtres de la déflagration sonore, les Zlatan de l'uppercut auditif. Et à côté, sur le banc de touche, il y a ceux qui, en dépit de beaucoup d'efforts et de volonté, viendront t'en bousculer une sans jamais arriver à te faire bouger l'autre. L'objectif de cette intro cher lecteur, et tu as dû le saisir, est de te faire comprendre que les Ambassador Gun font partie de cette seconde catégorie.

Pourtant c'est pas comme si les mecs n'avaient rien à revendre. Avec ce Golden Eagle, le trio distille une hargne bien palpable à travers des compos qui vont droit au but (un jour je serai publié dans So Foot). Chaudron bouillant de virulence, les compositions s'orientent vers un grind légèrement saupoudré de hardcore. De ce premier registre, le groupe tire la concision de ces titres ("Christbastard"), une production crasseuse (assez mortelle il faut l'avouer) avec un potard volume poussé à 12, un chant vociféré, des plans rythmiques qui s'allient à un duo guitare/basse pour un rendu rouleau compresseur. La touche hardcore quant à elle fait surface à plusieurs moments notamment grâce à des riffs de grattes éparpillés de ci de là ("Sunshine Acid", "Covers Tracks/Sever Ties" sur l'intro).
Rien de bien désagréable au premier abord donc. Et pourtant, malgré tous ces points, le trio n'arrive pas à prendre aux tripes. L'album passe, les titres défilent sans quasiment jamais interpeller et semblent bien plats derrière leur production. Le fait que le groupe ait des choses à dire ("Chris Brown") n'y change rien et n'offre pas à l'ensemble l'accroche suffisante qui nous donnera l'envie de revenir sur l'album par la suite. Et puis quand on voit certaines des dernières productions en matière de brutalité pouvant s'apparenter (de près ou de loin) au registre du groupe (Converge, Rotten Sound), on se dit qu'il y a encore un pas à franchir. Pourtant ce n'est ni l'envie ni la générosité qui semble manquer aux gars du Minnesota, quand on voit que le combo est tout de même capable de faire preuve d'éclat ("Sunshine Acid"). Mais bon, quand la mayonnaise ne prend pas, elle ne prend pas.


Dans chaque chronique sa dose de subjectivité, forcément. Les amateurs des anciens albums du groupe trouveront probablement leur compte avec cette dernière offrande. Les autres resteront sûrement de marbre face à cet album.


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