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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 10 mars 2013
Sa note : 14/20

LINE UP

-Joe Mack
(chant)

-James Curl
(guitare+basse)

-Mark Bogacki
(basse)

-Mike Rosswug
(batterie)

TRACKLIST

1) Mind Compf
2) Errant Social Mile Marker
3) The Art Gospel of Aggravated Assault
4) Head Hanger to Be
5) Drag Migrator
6) Exitist
7) Defenseless Mechanisms of Self Inflicted  Heartbreak
8) Disivinctus
9) Hero of the Church Herd
10) The Unlove Overhue

DISCOGRAPHIE


Complete Failure - The Art Gospel of Aggravated Assault
(2013) - grindcore - Label : Season Of Mist



Mmmmmmmmhhh, ça débute comme un bon gros miam ce disque. Jugez donc : une basse ténébreuse, lourde, ronde et incroyablement metallique. On se croirait sur la tête de l'instrument à se faire inonder en direct des ondes qui brassent l'air en majesté grave. Complete Failure débute ainsi ce disque au nom sorti d'un livre punk. Attendez, Complete Failure ?

Oui, ça ne parlera pas à grand monde a priori, et c'est fort normal. Rien de honteux à ne pas connaître la troupe de Pennsylvanie et pourtant, voici déjà son troisième album. Le groupe est évidemment un nom connu du milieu grind, mais bon, quel groupe ne l'est pas ? Et c'est ainsi que sans coup férir, vous venez de découvrir que nous parlons de grind dans cette chronique. Pas n'importe quel grind puisque le propos est totalement grindcore, à savoir que nous entendons tout ce que le grind a de punk et de hardcore en lui (et bien plus comme nous le verrons). Point de gore ou d'outrance mais bien de la musique débordante d'énergie dans tous les sens. Les guitares qui interviendront après la mise en bouche initiale produite par la basse (fort bien mise en valeur au demeurant tout au long de l'album, ce qui en fait une réjouissance constante) sonnent dans la veine Blockheads, façon mur en fusion donc.
Basse mise en avant, guitares consistantes, la batterie va devoir se battre pour se faire entendre. Pas de problème, la grosse caisse est bien pleine et ronde comme un œuf et les toms / caisse claire sont maltraités avec la due violence. Carton plein niveau son puisque le chant est mixé comme il faut, beuglard à souhait. Les compositions s'articulent autour de riffs solides et impeccables, de multiples changements de rythme et surtout d'une inventivité qui fait clairement plaisir à entendre. Car loin de se cantonner à brutaliser leurs instruments respectifs, les musiciens en usent régulièrement dans des rythmes surprenants et inattendus au milieu de ce grind abrasif à décorner des bœufs. Si les blasts sont monnaie courante, il n'en demeure pas moins que les descentes de toms ou les roulements de tambour sont là pour casser une quelconque monotonie. 
La basse, rien que par son caractère primordial à l'album, le fait vivre d'une manière différente et se permet de livrer nombre de lignes enchanteresses bonnes à vous plomber les tympans. Quant aux riffs, ils ne sont finalement pas si prépondérants et c'est tant mieux. L'ultra vitesse n'étant pas la règle, ils ont tout loisir de s'éparpiller dans des expérimentations remarquables en terme de grind, peut-être d'ailleurs réside ici la faiblesse de cet album qui s'éparpille et manque d'essentiel. On navigue à travers le grindcore pur jus façon pêche éclatante tout en s'autorisant de nombreuses incartades pachydermiques ou des grooves plus rock 70's passé à la moulinette sulfateuse. En fait, Complete Failure réussit à mélanger dans une sauce grindcore tout un tas d'influences qui n'en sont pas (grindcore), et fait sonner l'ensemble comme si tout était normal. Belle performance que voilà. Faut-il absolument se plaindre de quelque chose ? Pas forcément tant tout est bien fait et exécuté.


Et c'est ainsi que voilà une chronique anormalement longue pour un album de grind. Il faut dire que celui-ci se permet un voyage inattendu sur de nombreux territoires. C'est bien comme ça qu'on l'aime notre grindcore, punk en rage et se foutant royalement de toute convention dictant une marche musicale à suivre. Complete Failure a totalement intégré le fait et signe là une petite bombe à laquelle on ne pourra finalement reprocher que... sa trop grande variété dans le doux.


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