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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 11 mars 2013
Sa note : 9/20

LINE UP

-Gerrit P. Mutz
(chant)

-Jens Sonnenberg
(guitare)

-Jonas Khalil
(guitare)

-Kai Schindelar
(basse)

-Mathias Straub
(batterie)

TRACKLIST

1) Storm of Fire 1916
2)
 No Gad / No Religion
3) When the Siren Calls
4) The Darkness of Angels
5) The Bloodshed Summoning
6) Under the Banner of Blasphemy
7) Black Towers
8) Crypts of the Fallen
9) The Night They Came to Kill
10) Join the Congregation
11) Journey into Purgatory
12) Doomed to Eternal Hell
13) Perversions of the Scriptures
14) Unbinding the Chains
15) Dig up her Bones

DISCOGRAPHIE


Sacred Steel - The Bloodshed Summoning
(2013) - heavy metal - Label : Cruz Del Sur Music



Même dans les plaisirs les plus inavouables, on a tous nos limites. On peut admirer secrètement Steven Seagal, mais refuser de le suivre dans la longue série de nanars sortis en DTV qui font le bonheur de NT1 ou NRJ12 ; on peut aimer notre si décriée L1 mais refuser de s'infliger les matches l'AS Nancy Lorraine ; et on peut aussi aimer le heavy à la sauce teutonne, y compris les groupes les plus caricaturaux comme Wizard ou Paragon, et ne pas pousser le vice jusqu'à apprécier Sacred Steel.

Et pourtant, au bout de 3 titres, j'ai presque cru que j'allais devoir ravaler ma bile. Déjà, parce que Sacred Steel attaque avec l'envie de mettre tout le monde KO dès le premier round. Pas de première piste symphonique qui pète plus haut que son cul, même pas de petite intro musicale, ce qui vous attend, c'est un riff thrash basique de chez basique (le meilleur, donc) direct dans la tronche avec un Mutz qui donne tout ce qu'il a. "Storm of Fire 1916", c'est 3 minutes chrono, pas la moindre fioriture au programme, le tout en mode Alphonse Danletas. Petit miracle, tout est parfait sur ce morceau, que ce soit le couplet rageur, le refrain catchy, le breaak mid tempo efficace et surtout la bonne poussée d'adrénaline finale. Là, franchement absolument rien à redire. La suite s'annonce pas trop mal non plus, avec un "No God / No Religion" bien heavy où Mutz reprend son côté Messiah Mercolin du pauvre sur le refrain sans que cela ne soit trop foireux (contrairement au morceau-titre, où ses envolées pseudo-lyriques ne volent pas bien haut) puis "When the Sirens Call", qui mélange une touche NWOBHM affirmée avec un son cradingue. Même "The Darkness of Angels", sur lequel Mutz commence à partir en sucette sur le refrain (aïe, les aigus) et sur le final (aïe, le jeu d'acteur moisi), parvient encore à tirer son épingle du jeu avec ses blast beats osés et bien sentis. Bref, pour reprendre le célèbre leitmotiv de La Haine, « jusqu'ici tout va bien…»
« …mais l'important, c'est pas la chute, c'est l'atterrissage. » Et là, Sacred Steel se heurte à un obstacle majeur qu'il s'est lui-même imposé : la longueur excessive de l'album. Il dure à peine plus d'une heure, mais Mon Dieu qu'elle paraît longue ! The Bloodshed Summoning, c'est un peu comme un cinéaste qui voudrait réaliser une comédie de 2 heures 30 : forcément, la probabilité de vautrage augmente de façon exponentielle. Avec 15 titres (dont 2 interludes qui encadrent le pavé "Journey into Purgatory" et une reprise finale assez incongrue des Misfits), il y avait sûrement moyen de dégraisser un peu et de s'épargner une poignée de titres sans saveur. Les "Under the Banner of Blasphemy" (sorte de "Storm of Fire 1916" bis, en moins convaincant évidemment), "Crypts of the Fallen" (riff bateau, refrain mauvais – comme à chaque fois que Mutz se prend pour Messiah Marcolin), "Perversions of the Scriptures" et autres "Unbinding the Chains" auraient pu facilement passer à la trappe sans que personne n'y voit grand-chose à y redire. Bon, si, à la limite, en dégageant tout ça, il ne serait plus alors resté que 8 compos originales, ce qui ne fait plus très lourd, mais l'album aurait été plus homogène ; et puis bon, 45 minutes, c'est encore une durée honorable… Avec tant de déchet, il aurait fallu davantage que des titres moyens tels que "Black Towers", "The Night They Came to Kill" ou "Journey into Purgatory" pour sauver les meubles. 


The Bloodshed Summoning n'est sans doute pas le plus mauvais des albums de Sacred Steel, mais on y retrouve à peu près le même menu que d'habitude : un peu de bon, pas mal de moins bon et beaucoup de pas terrible. On aurait presque pu atteindre la moyenne grâce à cet opener coup de poing ainsi que pas mal de titres corrects à défaut d'être géniaux, mails il y a décidément bien trop de titres dispensables pour justifier l'achat de cet album. Sauf pour les plus irréductibles bien sûr…


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