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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 12 mars 2013
Sa note : 12/20

LINE UP

-Steve Vanica
(chant)

-Patrick Alberts
(guitare)

-Alex Pace
(basse)

-Gordon Koch
(batterie)

TRACKLIST

1) Failure
2) Theory of Mind
3) Bottom Feeder
4) Endless Ritual Abuse
5) Abomination
6) Napalm Lungs
7) Breeding Grounds
8) The Liar's Heart
9) I Hope You Two Fuck
10) Faith & Filth

DISCOGRAPHIE


Call of the Void - Dragged Down a Dead End Path
(2013) - grindcore - Label : Relapse Records



Pour débuter un album de grind, que vaut-il mieux faire ? Blaster énormément sans coup férir ou tenter le riff gras accompagné de roulement de toms ? Cette question étant à réponses multiples, libre à vous d'en décider l'issue. Reste que Call of the Void a choisi son camp et fourbi ses armes via la deuxième solution de l'équation. En fait, il envoie le gros blast derrière rendant caduque la différenciation ainsi posée initialement. Comment ça cette intro n'a aucun sens ? Pompeuse et pompante ? Rhabillez vos insultes, il faut bien ouvrir les vannes d'une manière ou d'une autre.

"Failure" les ouvre merveilleusement avec cette « expérimentation » initiale suivie de gros riffs blastés. Le chant crie et dénonce tandis qu'un break totalement rock'n roll groove casse la chanson. Le schéma se répète sur la suivante mais pour une orientation plus post hardcore. La constituante consubstantielle de la musique de Call of the Void reste néanmoins une farouche volonté d'en découdre et d'aérer sa musique de manière totalement intelligente. Le blast a beau être prédominant, il n'est pas idiotement dominateur tandis que les riffs ne sont absolument pas oubliés. Ils matraquent, enfoncent, pillonnent, donnent le cœur au headbanging sauvage, bref ils tapent dans le mille. Si la tentation de révolution musicale n'est évidemment pas présente, on note avec ferveur une originalité marquée pour un grind pas si fonceur que ça.
Call of the Void réussit à absorber ce que Brutal Truth faisait si bien dans sa prime jeunesse : varier les plaisirs en sachant se faire passer pour le gros bourrin de service. Call of the Void est d'ailleurs plus sage que son aîné en ménageant savamment les plages purement sauvages. Est-ce à dire qu'on regrette cette trop grande sagesse ? Oui indubitablement, car les compositions ont beau être plus qu'à la hauteur avec cette diversité bienvenue, on aurait kiffé se faire maraver la gueule plus en majesté plus souvent. La sauvagerie est mère du grind, quoiqu'on en dise. Trop de finesse tue le grind, surtout qu'elle peut être utilisée de manière plus... fine (allez, subtile). Voici sûrement une réaction de vieux con attaché à ses principes, mais sans doute Dragged Down a Dead End Path aurait gagné à marquer plus fortement sa brutalité, surtout dans un format si condensé (25 minutes) qui se prête à merveille à la défonce.


Du grind, mais pas que, et très bien fait si l'on s'en tient à la composition pure. Étonnamment, c'est par le manque de folie que ce disque pêche. On obtient de bonnes chansons mais la puissante brutalité sauvage du grind nous manque. Ce qui plaira aux réfractaires du style fera grincer au contraire les aficionados.


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