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CHRONIQUE PAR ...

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Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 14 avril 2013
Sa note : 16/20

LINE UP

-Silvio Mancini
(chant)

-Simone Mularoni
(guitare)

-Emanuele Casali
(claviers)

-Simone Bertozzi
(basse)

-Matteo Mastroianni
(batterie)


TRACKLIST

1) Nescience
2) Domino
3) Masters
4) Reveries
5) Unplugged
6) Renovation
7) Wormhole
8) Square One
9) ZION
10) Blackmail
11) Madman

DISCOGRAPHIE

Zion (2013)

Empyrios - Zion
(2013) - metal prog djentisé et accrocheur - Label : Scarlet Records



Si l'on en croit la théorie des multivers, il doit exister une réalité parallèle dans laquelle le doom est le genre le plus radiodiffusé (c'est par où ?), une autre dans laquelle les Eternels sont classés au patrimoine mondial de l'Humanité (quoi, ce n'est pas encore le cas ?!), une troisième dans laquelle Metallica sort des bons albums (haha !)... Enfin, dans cet amas infini de possible, il existe surement un multivers lequel la formation danoise Mnemic (chroniques ici) décide, plutôt que de sortir des albums aussi faciles qu'efficaces, de gagner en maturité. Dans ce multivers là, Mnemic ne se repose pas sur une formule-type souvent trop évidente : le groupe innove et hybride sa musique moderne et groovy avec le bon vieux prog' des familles. Dans ce multivers, Mnemic s'appelle Empyrios et vient de sortir une bombe intitulée Zion

Selon une tendance très moderne, le jeu d'Empyrios est basé sur les rythmes plutôt que sur les riffs et, vous l'avez compris, dès la première écoute, c'est l'impression d'avoir à faire au nouvel album de Mnemic, quelques mois seulement après Mnemesis, qui domine. Le son est identique, notamment en raison des guitares qui sonnent de cette façon froide et lourde (on se croirait chez Sybreed, autre point de référence), mais aussi de la basse, qui claque ses parties avec puissance. Et le chant. On croirait réellement entendre Guillaume Bideau (de chez Mnemic, donc, mais aussi de One Way Mirror et ex-Scarve) à chaque instant, à tel point que j'ai dû vérifier qu'il n'apparaissait pas sur l'album. Le tout mélangé avec, parfois, une pointe de Jorn Lande. (D)étonnant ! Ce curieux mélange est frappant sur "Square One", où toutes les mimiques vocales du Frenchy sont singées à la perfection. L'illusion est totale pour ce qui est du chant clair, le growl étant absent chez Empyrios, sauf exception regrettable sur "Unplugged". Mais tout cela ne tient surement pas du hasard, car à se pencher de plus près sur le line up, on découvre qu'Empyrios et Mnemic ont un membre commun depuis 2012 : Simone Bertozzi, bassiste et producteur. Et diantre, ma main à couper que le bougre d'Italien est impliqué dans les compositions et la production des deux formations tant les points communs sautent aux yeux, pour notre plus grand plaisir ! Tout s'explique : cet homme est talentueux et son influence est grande. Un bonhomme à suivre.
Malgré tous ces rapprochements, Empyrios n'est pas Mnemic. Là où les Danois optent pour des compositions efficaces, directes et plus ou moins accrocheuses, les Italiens d'Empyrios allient les sonorités du djent, marquées par des rythmes plus complexes, avec des aspects de metal progressif, plus mélodiques et racés. Les deux genres, proches cousins, mettent en lumière leur lien de parenté sur Zion. En résulte des morceaux pour la plupart loin d'être mémorisables en première lecture. Comment mémoriser une succession de rythmes imbriqués les uns dans les autres de manières quasiment aléatoires ? Le risque de la formule est de devenir très vite indigeste, trop lourd, trop maladroit. Mais que nenni ! Empyrios a la solution : ponctuer les morceaux de refrains très travaillés et inévitablement réussis (voir "Blackmail", "Domino"...,  tous imparables). Cela ne suffit pas ? Allons-y pour quelques soli, bienvenus et aériens qui accentuent nettement le coté prog' du groupe. Quoi ?  Il vous en faut plus ? Les quelques touches électroniques ("Renovation" et son clavier discret) ou dubstep - rares, mais on échappe pas à son époque ! - sur "Wormhole" ou sur la fin de "Masters" (qui est au passage plus catchy qu'un tube d'eurodance et armé d'un riff survitaminé et, pour le coup, mémorable) sauront convaincre les aficionados de modernité. Sur Zion, le seul reproche éventuel sera celui de l'absence totale de variation entre les pistes, toutes basée sur la même formule. Des cacahuètes oui ! Quand on trouve LE truc, on le garde et on le maîtrise. C'est ce que fait Empyrios.


Fusion du djent et d'une musique plus progressive, Zion dévoile une musique pétrie de modernité et largement influencée par le sillon tracé depuis Fear Factory jusqu'à Mnemic en passant par Townsend le Fou. Tout ça sans sacrifier les éléments plus conventionnels de sa musique : maîtrise vocale parfaite, guitares de haute volée et sens constant de la mélodie, bien que cachée sous des tonnes de rythmes saccadés. Finalement, les fautes sont ici quantité négligeable et le CD est un régal. Recommandé ! 


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