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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 07 avril 2013
Sa note : 18/20

LINE UP

-Stuart Braithwaite
(guitare)

-Barry Burns
(guitare+claviers)

-John Cummings
(guitare)

-Dominic Aitchison
(basse)

-Martin Bulloch
(batterie)

+ quelques invités


TRACKLIST

1) White Noise
2) Mexican Grand Prix
3) Rano Pano
4) Death Rays
5) San Pedro
6) Letters To The Metro
7) George Square Thatcher Death Party
8) How To Be A Werewold
9) Too Raging To Cheers
10) You're Lionel Richie
11) 
Music For A Forgotten Future (The Singing Mountain)


DISCOGRAPHIE


Mogwai - Hardcore Will Never Die, But You Will
(2011) - post rock - Label : PIAS



Attendu que Mogwai (le groupe) a convenu, par acte sous seing privé en date du 14 février 2011, de dévoiler au public son septième album intitulé Hardcore Will Never Die, But You Will ; que le groupe écossais, pionnier du mouvement post-rock, demeure une référence incontournable en la matière ; attendu pourtant qu'une partie du public de Mogwai s'est sentie flouée par cette nouvelle sortie ; attendu que constatant la qualité soi-disant médiocre de l'album, les râleurs ont formé un pourvoi contre l'arrêt confirmatif du jugement en ce qu'il qualifie « d 'excellent » ledit album ; alors, selon le moyen ;
 
1°/ que, d'une part, le post-rock ne saurait être un genre à négliger, quand bien même les musiciens en cause en seraient parmi les principaux promoteurs ; qu'il suppose une remise en cause permanente des acquis et qu'il ne devrait jamais, comme c'est le cas en l'espèce, entraîner plus d'ennui que de plaisir ; qu'en estimant en l'espèce que l'album, outre le fait qu'il reprenait l'ensemble des éléments attendus non seulement au regard du genre pratiqué (crescendo, mélodie, émotion...) mais également au regard de la discographie du groupe à compter du très bon Mr. Beast (mise en avant du piano, chant rare mais effectivement présent, récurrence de plages plus rythmées comme "Rano Pano"...), qu'en relevant par ailleurs que loin de se reposer sur ses acquis, le groupe, sans remettre en cause les fondements de sa formule, n'hésitait pas à varier les ambiances et les instruments utilisés ; qu'il n'hésitait pas non plus à alterner les plages les plus calmes et introspectives ("White Noise", "Letters To The Metro"...) avec d'autres plus abrasives ("Rano Pano", "San Pedro"...) ; qu'en outre, les requérants ne pouvaient faire valoir l'absence de prise de risque au regard de la présence d'un second disque, justifié par la présence d'un unique morceau particulièrement ambiant ("Music For A Forgotten Future") basé sur un piano doux et avare en notes, dépassant la vingtaine de minutes et originalement destiné à constituer la bande sonore d'une exposition artistique installée ; qu'en statuant comme elle l'a fait, la cour se serait prononcée selon des motifs contradictoires ;
2°/ que, d'autre part, Mogwai, groupe sur le déclin, ne saurait légitimement et de bonne foi arguer de la qualité de cet opus alors qu'il apparaît comme évident que le paroxysme d'innovation atteint par son début de carrière, notamment par l'album Young Team, lui est désormais inaccessible ; qu'en l'espèce, ayant constaté que l'album critiqué est pourtant d'une consistance et d'une profondeur rare ; qu'il parvient sans mal à jouer entre les différentes facettes du groupe en alternant sans cesse les atmosphères sans pour autant perdre la cohérence de l'ensemble ; que les riffs sont aussi entraînants que les mélodies dépeignent une nostalgie sincère ; que les touches électroniques, vocoder inclus ("Mexican Grand Prix", "Georges Square Thatcher Death Party"), très présentes sur l'opus, n'altèrent en rien la nature foncièrement organique de l'album ; que constatant encore que certaines influences se font parfois sentir, notamment sur "You're Lionel Richie", aux allures de Earth, ou sur "Too Raging Too Cheers", à la saveur de Boards of Canada ;  qu'enfin, prenant acte du fait de la très longue durée de vie de l'oeuvre, les juges du fond, à la lumière de leur pouvoir d'appréciation souveraine, constatant cet ensemble de faits, relèvent enfin que, sans s'éloigner du genre post-rock, le groupe parvient néanmoins à, si ce n'est redéfinir ledit genre, apporter un regard nouveau et frais sur celui-ci ; qu'en statuant ainsi, la cour n'aurait pas répondu au moyen invoqué;


Mais attendu qu'ayant constaté par motifs propres et adaptés qu'Hardcore Will Never Die, But You Will, n'est pas un simple album supplémentaire dans la discographie déjà conséquente des Écossais mais qu'il y apporte une réelle plus-value; attendu que tout autre grief tendant notamment à faire valoir l'argument d'une baisse qualitative de la production ou d'une baisse régulière d'inspiration serait inopérant et ne serait pas de nature à permettre l'admission du pourvoi ;

PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI ; et déclare Hardcore... comme étant l'un des meilleurs album de l'année 2011, rien que ça ;

pouêt-pouêt.




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