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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 12 avril 2013
Sa note : 16/20

LINE UP

-Manuel Candiotto
(chant)

-Gianmaria Saddi
(guitare)

-Gabriele Ciaccia
(claviers)

-Gigi Andreone
(basse)

-Federico Pennazzato
(batterie)


TRACKLIST

1) The Unknown King
2) Under My Creed
3) Dissolving Into the Void
4) It's So Late
5) Another Time
6) Fortune and Pain
7) The New Line of Times
8) Far From Desire

DISCOGRAPHIE


Odd Dimension - The Last Embrace To Humanity
(2013) - heavy metal metal prog proggin' power ! - Label : Scarlet Records



- Je dois m’absenter un moment, soyez sages pendant ce temps, dit Maître Prog. Commencez à jouer, mais pas de bêtise, pas de heavy, pas d’horreur de power metal, vous savez combien cette musique est dégradante ! D’accord les enfants ?
- D’accord, Maître Prog ! répondent en chœur les enfants.
« Ils sont mignons » se dit le Maître qui s’en va, confiant. C’est vrai qu’ils sont mignons, mais voilà, il y a un hic. Ils aiment le metal. Le prog' aussi, bien sûr, mais le metal, c’est également leur dada ! Et ce sont des enfants…


Du coup, profitant du fait que le Maître ne sera pas là pour les réprimer, les garnements désobéissent et s’en donnent à cœur joie pour plomber leurs riffs et pondre des refrains bien power dans l’âme, imitant en cela des groupes comme Kamelot. Pas question pour autant de renier le prog' qu’ils affectionnent presque autant que leur Maître. Les enfants ne sauraient se priver des multiples interventions aux claviers, des breaks soudains, des rythmiques un brin complexes et autres joies au programme de tout bon groupe de prog' metal qui se respecte. Du coup, nos artistes en herbe créent d’un trait trois excellents morceaux, à la fois puissants, mélodiques et un poil sophistiqués, à savoir "The Unknown King", "Under My Creed", et "Dissolving into the Void". Le chanteur, à la prononciation de l’anglais quelque peu customisée, ose même quelques vocalises plus proches d’un chanteur en pantalon à rayures rouges et noires que d’un proggeux pur jus. Ils n’inventent certes rien, mais utilisent avec beaucoup de conviction et d'à-propos les recettes créées par leur prédécesseur pour un résultant probant. Pressentant peut-être le retour imminent de leur mentor, le dernier des trois titres cités, développe plus le côté prog', mais son refrain fleure encore bon le vrai metal.
« Attention ! Il arrive ! » crie soudain l’un des gamins. « Alors les enfants, quoi de neuf ? demande le gourou, un peu contrarié. Dehors j’ai cru entendre quelques riffs heavy, j’ai dû me tromper, non ?  - Certainement, Maître, jugez par vous-même ! » Les apprentis musiciens n’osent pas dans un premier temps défier celui qui leur a tout appris et s’appliquent à considérablement assagir leur musique. Empruntant à Marillon, Pendragon et compagnie, ils produisent deux titres beaucoup plus sucrés, mais encore de très bonne qualité ("It’s so Late", "Another Time"). Histoire de tester l’humeur de leur Guide, ils osent un "Fortune and Pain" aux riffs proches de ceux que peuvent utiliser Dream Theater. La qualité est encore au rendez-vous mais Il n’apprécie pas : « Attention les enfants, vous vous égarez ! Allez, quoi, composez-moi quelque chose de plus subtil ! » Ne voulant pas blesser leur vieux Maître, les artistes s’exécutent une magnifique ballade à la Flower Kings ("The New Line Of Times"), lumineuse et gracieuse. « Parfait ! Un instrumental accoustique maintenant ! » Cette fois, c’en est trop pour nos jeunes amis. Ils se regardent et d’un commun accord décident de se déchainer, lâchant alors un "Far From Desire" au début sauvage et on ne peut plus métallique. Maître Prog s’écroule, victime d’un malaise. Il n’y survivra pas. Tant mieux.

The Last Embrace To Humanity n’est pas novateur. C’est là son unique défaut, car pour le reste, Odd Dimension a produit un second album de très haute volée, percutant et mélodique. Accessibles et tous de très haut niveau, les huit titres proposés montrent que les Italiens peuvent être metal sans être bas du front, et prog' sans être ennuyeux ni mièvres. Les puristes des deux genres n’y trouveront sans doute pas leur compte, les pinailleurs pourront ergoter sur l’accent anglais douteux du chanteur, mais le reste de l’humanité métallique devrait, elle, y trouver son compte. Si Odd Dimension pouvait inspirer quelques uns de leur collègues proggeux, personnellement je ne m’en plaindrais pas…


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