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CHRONIQUE PAR ...

85
JC
Cette chronique a été mise en ligne le 23 avril 2013
Sa note : 5/20

LINE UP

-Edward Gibbs
(chant)

-Jonny Renshaw
(guitare)

-Rick Chapple
(guitare+piano)

-Paul Kitney
(samples)

-Jozef Norocky
(basse)

-Leks Wood
(batterie)

TRACKLIST

1)No Remorse, No Regret
2)A New Legacy
3)It Rains Down
4)The Waves and the Seas
5)Sorrow Plagues
6)Time and Pressure
7)Salvation Lies Within
8)Crusader
9)The Verge
10)End of Days

DISCOGRAPHIE


Devil Sold His Soul - Empire Of Light
(2012) - metalcore Metalcore/Screamo - Label : Shellshock



Ne jamais perdre son sang froid. Toujours persévérer, creuser et donner une chance. Toujours. Ne jamais hésiter à se retaper la galette plusieurs fois. Rester objectif et tenter de trouver un point de lumière dans le néant. Et puis accepter que c'est parfois impossible...

Il existe des groupes dont on finit par saturer après avoir écouté leurs albums en boucle. L'exemple type des formations qu'on a trop aimé/écouté et qui finissent par ne plus rien nous faire. D'autres formations parviennent à nous agacer au bout de quelques titres seulement. Ces groupes sont plutôt à ranger dans la catégorie des formations que l'on apprécie pas vraiment. On y jette une oreille et on y reviendra probablement plus. Mais il existe une autre catégorie de groupes : les hors normes. Ceux qui ont décidé de nous faire craquer en un temps record. Et dans ce cas là, Devil Sold His Soul fait mouche. Trois minutes et quarante quatre secondes. Voila le temps que met le groupe pour nous faire regretter le fait d'avoir eu l'audace de poser nos oreilles sur Empire of Light.
Les choses ont pourtant failli bien commencer. L'intro aussi brève que menaçante de "No Remorse No Regret" enchaînée par un riff lourd et écrasant fonctionne bien, avouons le, et parvient à créer une accroche plutôt convaincante. Efficacité qui ne va pas non plus casser trois pattes à un unijambiste, soyons honnête. A ce moment là donc, rien ne laisse présager les sévices que nos oreilles vont endurer et pourtant... Principal responsable du calvaire ici subi : un chant à double face, toutes deux aussi calamiteuses l'une que l'autre. Dès leur entrée en jeu, les cris aux relents screamo se révèlent agaçants et difficilement supportables. L'album ne fait que commencer et nous avons déjà beaucoup de mal à nous projeter dans son écoute. Voila qui est bien mal parti au final, mais on persévère...
… Et on ne devrait pas. Une fois l'intro incisive passée, le combo montre son second visage en axant ses compositions vers des envolées musicales appuyées par un chant clair et mélodique. Si ces deux derniers qualificatifs ne sont des injures en soit (loin de là), il suffit de laisser ses esgourdes ouvertes pour se rendre compte qu'utilisés à de mauvaises fin, ils peuvent devenir nos pires ennemis. Et creuser dans l'écoute ne fait que confirmer le fait qu'il n'y a rien à sauver. Nous nous rendons à l'évidence, c'est « gnian-gnian », craignos, pseudo émotionnel, tout juste bon à faire mouiller et frissonner les ados à mèche révoltés et en manque de sensations fortes. S'orienter vers des passages plus agressifs et opter pour un chant screamo n'y change rien. Tout élément vocal décrédibilise l'ensemble de « l’œuvre ».
Pour pallier à ce néant, le seul refuge se trouve dans ce qu'il y a autour, la musique. D'un point de vue instrumental le groupe parvient tant bien que mal à sauver l'honneur en sachant proposer (par moments) des passages bruts et massifs ("VIII") qui seront tempérés par des accalmies plutôt planantes et aériennes. Dans ces dernières, les samples et nappes jouent un rôle non négligeable. Rien d'original mais ces très rares passages sont toujours bons à prendre car relativement efficaces. Oui, « rares », car à côté de ça le combo s'enfonce lui aussi dans des passages prout-prout. Et quand ce visage (bien trop présent malheureusement) de l'instrumental s'allie au chant, cela nous donne un ensemble des plus irritable ("It Rain Down"). Effet « Boys band ov metal » garanti.


La bonne production dont jouit l'album ne parvient pas à sauver l'ensemble. Qu'il y ait des fans de ce genre peut se comprendre, difficilement mais bon... Seule cette élite qui ne craint pas le viol auditif pourra trouver un intérêt à cette sortie. Les autres passeront leur chemin. Et cela dure depuis trois albums et plusieurs EP... les blagues les plus courtes sont les meilleures.





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