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CHRONIQUE PAR ...

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Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 13 mai 2013
Sa note : 14/20

LINE UP

-Lars Tekolf    
(chant)

-Loc Tran    
(guitare)

-Marco Andree
(guitare)

-Matthias Machenheimer
(basse)

-Florian "Chaos" Dürr
(batterie)

TRACKLIST

1) The Damned          
2) We Are Ghosts          
3) Inked Inside          
4) God of the Dead          
5) Betrayer    
6) Unburied Again      
7) Heartbreaker      
8) Factor X
9) Catalyst         
10) F... Hipster

DISCOGRAPHIE


Six Reasons To Kill - We Are Ghosts
(2013) - melodeath metalcore métal moderne - Label : Massacre Records



Six Reasons To Kill, je connais un peu, puisque je m'étais chargé de la chro du dernier (à lire ici). C'était plutôt pas trop mal, on était dans un métalcore classique, mâtiné de melodeath, deustche qualitat, solide et appréciable, mais sans réel génie. Faut dire qu'après six albums studio, on commence à accepter son sort d'éternel second couteau européen d'une scène complètement saturée. Mais cela n'a pas empêché les garçons de revenir à la charge avec un septième opus, tout aussi énervé que les précédents. Sauf que là... Ben comment dire. Il s'est passé un truc apparemment. Léger certes, mais oui, il est arrivé quelque chose à ce groupe. Quelque chose de bon.


Ça ne frappe pas d'entrée, ça non. Pourtant, dès l'opener, on sent une espèce de classicisme prégnant, comme un retour vers des base arrières aux formes nettement plus thrash et mélodeath, voire death, que par le passé ("The Damned"). Car en effet, excepté un ou deux petits breaks metalcore, on est devant un pur morceau de mélodeath. Le suivant vient refoutre les pieds dans le plat moderne avec une méchante intro groove metal, qui donne le ton d'une piste nettement plus contemporaine. Qu'on se comprenne bien,  Six Reasons To Kill garde la même sauce, mais il l'a par contre assez clairement épaissie avec des éléments n'ayant rien à voir avec le metalcore au sens large (n'en déplaise à "Inked Inside", LE morceau metalcore-deathcore du skeud, bidouillages électro à l'appui, pourtant lui aussi habillé d'un petit solo thrashy pas désagréable). Car sur ce skeud, il y a "God Of The Dead". Et là pardon, mais on est dans le pur death métal à l'ancienne, méchamment massif, aux rythmiques lentes et plombées, soutenues par un jeu de batterie absolument génial rappelant un mélange d'Opeth et de Gojira (beaucoup, BEAUCOUP de double-pédale donc, mais pas de blast ou de gros breaks), un final lancinant, bref une vraie réussite et c'est plutôt surprenant de la part de ce groupe. D'autant que des trucs qui n'ont rien de metalcore, on va finalement en trouver légion sur cet album : "Betrayer" par exemple, par bien des aspects sauf son refrain, n'a rien de metalcore, ni même de melodeath. C'est du méchant death-black, point barre.

La question qui se pose alors, est la suivante : un retour en arrière constitue-t-il une évolution? Le genre de questions qu'on aimerait bien poser à un gros méchant philosophe de bâtard, malheureusement y en a pas là, sous la main, donc il faudra faire avec un chroniqueur qui n'y connait pas grand chose. Et il évacuera la question vite, parce que quand on voit l'évolution d'un monstre tel que Sylosis, par exemple, qui a pris toute son ampleur en revenant sur des bases plus classiques, le doute n'est pas permis : oui, remonter le temps de quelques années pour piquer des éléments plus classiques qu'à l'accoutumée et les incorporer à un son moderne, ça marche, c'est même très bien. Le metalcore est l'archétype du genre qui se suffit de moins en moins à lui-même (sous peine de redondances insupportables), et si certains choisissent de le moderniser encore en le tournant vers le djent, l'électro voire le dubstep, d'autres lui donnent une teinte plus vintage en le balançant dans une lourde sauce thrash-death voire black, et on ne peut que les en féliciter, surtout quand le résultat est aussi maitrisé qu'ici. Alors encore une fois et comme sur le dernier album, les Allemands n'inventent finalement absolument rien et leur musique manque toujours d'un petit truc en plus qui les ferait sortir de l'ombre et passer du côté des cadors ("Factor X", "Heartbreaker" et son deathcore pataud), mais on peut saluer leurs belles velléités d'évolution, d'autant que c'est plutôt réussi bien qu'encore beaucoup trop léger.

Bref, un album assez nettement au dessus de son prédécesseur car plus varié, et possédant un ou deux morceaux à grosse force de frappe, dont l'assez Opeth-ien "God Of The Dead", très surprenant de la part d'un groupe de ce genre. La maturité, la maitrise technique sont toujours de la partie, on est donc tout simplement face à un vrai bon album de metal contemporain, toujours majoritairement métalcore certes, mais clairement plus nuancé et proche de ses bases old-school que par le passé. Une jolie réussite. 


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