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CHRONIQUE PAR ...

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Avast!
Cette chronique a été mise en ligne le 27 mai 2013
Sa note : 14/20

LINE UP

-Michael Brown
(guitare+chant )

-Jett Heysen-Hicks
(basse+chant)

-Andre Wise
(batterie)

TRACKLIST

1) El Pistolero
2) Lady Killer
3) Dirty Little Secret
4) Dead Garden
5) Ballad of El Pistolero
6) Santa Cecilia
7) Wolf In Cheap Clothes
8) Scream In Silence
9) Hangman
10) Manic For Ya
11) There’s A Man
12) Until The War Is Won
13) Now I Ride

DISCOGRAPHIE

El Pistolero (2013)

Tracer - El Pistolero
(2013) - hard rock Stoner - Label : Mascot Records



Pour une intro classique il faut : présenter le groupe brièvement, avec une bonne amorce pour donner envie au lecteur de continuer. Mettre dans le contexte, puis pourquoi pas insérer une petite blagounette de chantier. Alors : Tracer, groupe de rock sous influences sort avec El Pistolero son troisième album. Spaces In Between son prédécesseur constituait un parfait petit manifeste de hard rock moderne, qu’en est-il maintenant des Australiens ? A l’écoute de cet album, un constat s’impose : Tracer, ça nique ta sœur (ba ouais, j’avais dit « de chantier »).

« Allez viens prendre mon burner dans les dents, tu vois nous, on fait du rock’n’roll. On est des sauvages. Même qu’on pue des pieds. Et ouais. » Pistolero c’est un peu ça. Pas le temps de se poser pour admirer le paysage, on se retrouve directement en selle d’un destrier lancé à pleine vitesse à la poursuite d’une locomotive en… Non, stop. Les métaphores sur le désert dès qu’un groupe met un peu de stoner dans sa musique, ça va bien cinq minutes.  Du stoner on en retrouve par petites touches un peu partout sur Pistolero, plus disséminée que sur leur précédente production. C’est le hard rock qui prédomine maintenant, et le groupe sait s’y faire en la matière. Il faut d’ailleurs noter sa faculté à pondre des refrains absolument jouissifs. C’est simple, prenez n’importe quel titre de l’album en exemple. Certains sortant tout de même du lot, en pôle position "Dirty Little Secret" et son riff « à la QOTSA », suivi de près par "Wolf In Cheap Clothes" et "Manic For Ya". Tracer enchaîne tube sur tube avec classe, sans en faire trop et en mettre partout. Si la recette fonctionne à ce point, c'est surtout grâce au travail du chanteur/guitariste, possédant une voix bien à lui à la croisée des plus grands vocalistes de rock, il peut aisément crooner puis passer dans les aigus sans aucunes fausses notes, et sur le même morceau. Fatalement, c'est lui qui est largement mis en avant sur des compositions grandement orientées chanson, dont aucune ne souffre de véritables défauts majeurs, si ce n'est d'être un léger cran en dessous de celles présentes sur Spaces In Beetween (qui a l'avantage d'être un peu moins formaté, et plus varié).
Heureusement, le groupe ne s'appuie pas uniquement sur ses refrains, et sait les enrober de bons petits riffs à papa, riffs penchant la plupart du temps vers un stoner rock classique, mais efficace (ceux de "Lady Killer" et "Now Ride" ont déjà été entendu mille fois, mais ça marche). Sans eux, ces refrains ne seraient rien, mais je le répète, le martèle (comme un refrain !) malgré des instrus honorables, Michael Brown est l’atout indéniable du groupe, résultant aussi son principal défaut : sorti du coté sympa et bien envoyé, il n’y a plus grand-chose à dire sur les morceaux. En effet, nombre de groupes de stoner dégagent une intensité, une chaleur et une lourdeur bien supérieure à celle de Tracer. Ici, point de riff hypnotique qui nous font écouter le morceau en boucle, la bave aux lèvres, à murmurer un « mon dieu, que c’est bon ». Par son classicisme indéniable, El Pistolero ne résistera pas à quelques écoutes, mais viendra ensuite agrémenter vos playlists pour vos soirées. Avec en tête de liste les deux bonnes balades qui vont bien : la grungy "Scream In Silence" et l’excellente "Until The War Is Won", où comment charmer la donzelle à grand coup de groupe qui sent des aisselles. Tracer ose néanmoins une pointe d’originalité sur "Hangman" et son petit côté oriental qui fonctionne bien. Mais pas de quoi s’enflammer sous les cocotiers. Niveau production, pas grand chose à dire : bien catchy, moins étouffée que sur les albums précédents, elle contribue au virage hard rock plus prononcée de El Pistolero.


En conclusion (aujourd'hui moi aussi, je fais dans le classique) nous avons un très bon disque de hard rock teinté de stoner et de grunge, qui s’écoute avec plaisir. Avec un petit air de reviens y mais pas trop. Ce parti pris de la part du groupe décevra les grands blasés comme moi, à la recherche du petit truc en plus, mais saura satisfaire pleinement les amateurs du genre. Avec ce disque, Tracer à la route toute tracée.


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