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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 04 juin 2013
Sa note : 16/20

LINE UP

-Carl Lindquist
(chant)

-Linus Abrahamson
(guitare+basse)

-Sebastian Berglund et Erik Wiss
(claviers)

-Mats Bergentz
(batterie)

-Anna Forsvall Lundmark
(violoncelle)

-Evelina Andersson, Ellen Abrahamson et Mikael Cederhag
(backing)

+ Guests :

-Mattias IA Eklundh
-Magnus Karlsson
-Jens Johansson
-Lalle Larsson
-Jonas Hansson
-Alf Wemmenlind
-Dennis Post
-Magnus Kristensson

TRACKLIST

1) Galahad – The Hope
2) Somewhere – The Quest
3) Happy – The Incident
4) Hunted – The Decision
5) Morning Sun – The Battle
6) Loneliness – The Peace
7) Never Alone – The Victory
8) Coming Home – The Reward
9) Vision Divine – The End
10) Galahad - The Man

DISCOGRAPHIE

Galahad Suite (2013)

(2013) - rock metal prog mélodique et élégant - Label : Lion Music



On ne peut pas dire que ce Monsieur Anton Johansson soit bien connu de nos services – favorablement ou défavorablement, comme ils disent. Lion Music a beau clamer avec fierté que le monsieur est issu d'un obscur groupe de leur roster nommé Mister Kyte ayant sorti deux albums il y a dix ans, il y a gros à parier que la majorité des gens vont se demander d'où sort ce type. Si apposer fièrement son nom à son projet comme si on était une célébrité mondiale a de quoi faire s'interroger sur le diamètre du melon de ce Anton, une première écoute rassure vite : le gars sait de quoi il parle, et il sait s'entourer...

Car la liste des invités est, comme souvent avec ce genre de projet, longue comme le bras (rappelez-vous Tobias Sammet's Avantasia, ou – également chez Lion – Docker's Guild). Citons en vrac Linus Abrahamson, bassiste chez Andromeda et ancien compère de Johansson chez Mister Kyte, Magnus Karlsson (Primal Fear), Jens Johansson (Stratovarius) mais également Mattias Eklundh, bref : une bien belle brochette. Pour un peu, on croirait assister à un générique de film. Ce qui n'est d'ailleurs pas totalement idiot, car nous avons ici affaire à un concept album autour du preux Galahad, fils de Lancelot, dans sa quête pour trouver le Sacré Graal. Oui, je sais, vous pensez sûrement vous aussi aux Monty Python, ce qui prouve que vous avez du goût. Et que donc, en conséquence, vous apprécierez certainement ce Galahad Suite simple, élégant et bien amené.

Vous l'aurez deviné avec toutes les infos distillées dans le paragraphe précédent, nous sommes en présence d'un concept album de rock/metal progressif mélodique ayant le bon goût – c'est déjà un bon point – de ne pas s'étaler outrageusement puisqu'il ne nous propose « que » 45 minutes de musique, avec donc des titres pour le moins concis pour un concept album. Ce premier point contribue pour ce Galahad Suite à lui donner du cachet en variant le propos et en le rendant à la fois direct et accessible, loin de se perdre dans d'alambiquées digressions comme chez Docker's Guild (qui est, au demeurant, un très chouette projet également). En dehors de ça, les canons du genre sont respectés : des sons de claviers lead, des solos de guitare et quelques riffs bien progressifs, mais avec deux caractéristiques notables : un tempo lent, posé, et une légèreté d'écriture faisant de chaque titre de cet album une vraie chanson et non un simple enchaînement de riffs à la complexité croissante.

Le titre d’ouverture en est un bon exemple : une jolie ligne de piano, quelques orchestrations, de belles mélodies vocales et ces chœurs (
« Galahad, Galahad ») délicieusement rétros, pouvant presque figurer dans une comédie musicale : tout cela respire un mélange de naïveté, de mélancolie et de douceur. "Loneliness - The Peace" est également, avec son violoncelle, une jolie chanson dépouillée et modeste, mais très bien écrite. Pour les amateurs de testostérone, Johansson muscle un peu le propos sur les très Dream Theateriennes "Happy - The Incident" et "Never Alone - The Victory", ou encore la très Royal Huntienne "Hunted - The Decision". Mais globalement, douceur et tempo posé sont la norme comme sur l'élégante "Coming Home - The Reward" ou encore "Vision Divine - The End" et ses solos aériens à la Pink Floyd – élégance et sobriété, encore une fois.

Galahad Suite est donc un album très attachant, loin de toute prétention, respirant la modestie et le talent et ce malgré quelques influences un poil trop marquées. Anton Johansson montre qu'on peut construire un beau concept album de progressif mélodique sans se sentir obligé de mettre de la virtuosité partout et sans faire durer la moitié des titres plus de dix minutes. Une chouette réussite.



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