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CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 20 juillet 2013
Sa note : 16/20

LINE UP

-Gore
(chant)

-Kthien
(guitare)

-Dlusternas
(guitare)

-Lykan
(basse)

-Ksaos
(batterie)

-Sethyus
(clavier)

TRACKLIST

1) Enlightenment
2) Ascetic
3) Condemned To Desolation
4) Bewildering Nightmare
5) Metaphysic Countenance
6) The Ritual Of Internicion
7) Verdict Of The Soul
8) Saunter To Extinction
9) Cataclysmic Tides
10) Metempsychosis

DISCOGRAPHIE


Erimha - Reign Through Immortality



Le besoin de réunir deux antithèses afin de créer quelque chose de nouveau, vaste programme que voilà. En même temps, il n’est pas aisé de comprendre ce qui poussa Emperor ou Dimmu Borgir à insérer dans leur musique une dimension symphonique. Le black, musique anti commerciale par excellence, primaire à souhait, déversant un flot de haine ou de neurasthénie, et le classique, et son esthétisme raffiné, les multiples procédés, le primat du concept sur la musique, réunis en une seule entité ? Inconcevable pour certains, qui préfèrent justement les débuts des deux formations citées, ce mélange donnera naissance à une tripotée de formation plus ou moins douées, avec certaines grosses blagues (Cradle Of Filth au hasard ?). De la même façon, ce mélange dans le death semblait avant Septic Flesh (1994 quand même, trois ans avant le premier Rhapsody) assez inconcevable.

Lors de la première écoute, il y a toujours ce sentiment de grandiloquence, qui emporte dans un tournoiement l’auditeur, et s’acquiert son consentement. Cependant, le scepticisme est de mise, car derrière un enrobage symphonique artificiel peut se dissimuler une vacuité artistique importante. En conséquence, d’attentives écoutes, en prêtant attention à chaque détail sont nécessaires pour percer cette première couche, de l’apparence. Un peu comme celle de la production surfaite chez certains groupes de death (Behemoth, Hour Of Penance, entre autres). Mais, au bout de ce travail préliminaire, s’impose un constat : Erimha n’est pas de ces formations sans inspiration, et leur deuxième album, que trois ans séparent de son prédécesseur, est une très bonne surprise. En 47 petites minutes, ces quatre lascars rappellent les glorieuses sorties du genre à de nombreuses reprises, et pas forcément à leur désavantage.Pour prouver d’ailleurs ceci, le groupe a la bonne idée de dévoiler d’emblée ses influences.
Du Dimmu Borgir de la grande époque, un peu d’Emperor dans certaines accélérations radicales et l’utilisation de la dissonance, ainsi que du Septic Flesh donc, avec un growl très proche et certains arrangements assez typiques. La mélodie de "Metaphysic Countenance" renvoie d’ailleurs à celles de ces même Grecs, partageant leur côté mystique et suranné. Cependant, le black/death des Québecois n’omet heureusement pas l’aspect grandiloquent, utilisé à bon escient, qui fait tout le jus des disques de ce courant. La plupart du temps adeptes des cordes et des chœurs impressionnants, ils ne crachent pas non plus sur l’usage d’ensembles de cuivres bien sentis pour exacerber le dramatisme de quelque instant, comme l’interlude "Saunter To Extinction", qui prépare l’arrivée d’un des duos de fin les plus solides du black metal sympho.De plus, la réussite attenante à l’opus est confirmée par la capacité du groupe à laisser des aérations, en coupant judicieusement le débit de blasts pour insérer quelques mélodies, ou développer l’aspect épique à grands coups d’orchestrations pompeuses, mais sans excès. 
Mais l’incompréhension se présentera la première fois à la vue de la liste des morceaux. En fin de parcours, les Montréalais ne nous réservent rien moins qu’un pavé de dix minutes. Oui, oui, dix, un et zéro derrière. Un des premiers titre aussi longs du genre, et ce n’est pas regrettable, talonné de loin par le "Apparition" de Spawn Of Possession et ses huit minutes, "Metempsychosis" est un véritable musée des influences sus-citées dans lequel le groupe enchaîne les moments de bravoures, aussi qualitatifs que ceux qu’auraient pu déployer leurs illustres aînés. Les cinq premières minutes ne sont que violence conquérante sertie de growls et de screams de première classe, alternées ensuite avec un passage martial encore une fois bien aidé par l’orchestre, pour revenir finalement dans un maelstrom acharné, illuminé en son terme par un chant clair ressemblant fortement à celui qu’on trouve chez Dimmu Borgir, avant un fade-out final qui fait redescendre peu à peu l’audience scotchée par ce déchaînement.


Une très bonne surprise venue du Québec, qui subsume ses influences en un mélange aussi épique que violent. Bien que l’originalité soit sujette à la critique, on en fera peu de cas comparativement à la qualité, justifiant par là-même un coup de cœur mérité.



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