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CHRONIQUE PAR ...

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Althor
Cette chronique a été mise en ligne le 22 septembre 2013
Sa note : 11/20

LINE UP

- Kobi Farhi
(chant)

- Yossi Sassi
(guitare)

- Chen Balbus
(guitare + piano)

- Uri Zelcha
(basse)

- Matan Shmuely
(batterie)

TRACKLIST

1) All Is One
2) The Simple Man
3) Brother
4) Let the Truce Be Known
5) Through Fire and Water
6) Fail
7) Freedom
8) Shama'im
9) Ya Benaye
10) Our Own Messiah
11) Children

DISCOGRAPHIE


Orphaned Land - All Is One
(2013) - folk oriental - Label : Century Media



Depuis sa création, Orphaned Land est parvenu à développer avec beaucoup de cohérence une musique orientale sur fond de death. Leurs textes ont également beaucoup de portée puisqu’ils traitent avec intelligence des problèmes religieux de la région et qui finalement touchent le monde entier. L’artwork de All Is One est particulièrement évocateur : la croix chrétienne, l’étoile de David et le croissant musulman se confondent en un seul symbole. Connaissant la qualité de leur musique avec notamment les magnifiques Mabool et The Never Ending Way Of ORWarriOR, on ne peut que se réjouir de découvrir ce nouvel album.

Jusque-là nous étions habitués à attendre pas loin d’un lustre entre chaque sortie mais le groupe affiche désormais la volonté d’être plus présent. C’est en soi une très bonne nouvelle, un groupe de ce calibre a besoin d’être plus régulier pour espérer toucher un public toujours plus large. Un petit mot rapide sur la production de l’album : elle est propre, les guitares présentent un son très présent dans les graves, moins dans les mediums. Et c’est avec la piste "All Is One" que l’on entre dans le vif du sujet. C’est maintenant une tradition, chaque album d’Orphaned Land doit avoir son hymne. "All Is One" est donc l’homologue de "Sapari", opener et single du précédent opus. Rien de bien extraordinaire si ce n’est la présence de chœur féminin et d’une bonne énergie, en live la recette fonctionnera à coup sûr. Un petit solo vient même enrichir le morceau qui aurait été trop simpliste sans cela. Le titre suivant est très décevant et donne envie de passer rapidement. "Brother" est une belle ballade, la voix de Kobi fait des merveilles. J’interromps dès ici le track-by-track, pourquoi ? La déception nous gagne rapidement.
C’est véritablement lors de l’écoute de "Fail" que cela fait le plus mal. Contrairement à son titre, cette piste est tout sauf un loupé. C’est même une claque, la claque de l’album. Tous les ingrédients qui jusque-là nous faisaient défaut sont présents. Dans le désordre on peut citer : le chant extrême de Kobi (toujours aussi propre), de vrais riffs, de vrais leads soutenus par une basse qui s’émancipe (magnifique passage à 2:26) ; en bref du métal comme on l’attend. Mais pas seulement car la narration alterne brillamment avec les différents chants, qui sont, inutile de le dire, parfaits. Ne serait-ce que 2-3 titres de ce calibre et le disque aurait été sauvé. Et ce n’est pas faute d’enchaîner les écoutes pour tenter de percer l'univers de cet opus. Mais où donc voulait en venir la bande à Kobi. Quel est le but des 2 premières minutes de "Through Fire And Water ou du titre entier "Ya Benaye" qui se répète à outrance ? Les guitares proposent la plus part du temps des riffs ennuyeux si ce n’est inconsistants et les solos, pire, les leads, se font rares. Bref, c’est vide. Heureusement, "Children" conclut de manière élégante l’album avec ses belles mélodies.

All is One est une grosse déception, cet album s’adresse définitivement à un autre public. L’aspect métal est quasi inexistant, restreint à un seul titre (excellent cela dit) pour ainsi dire. A la base, on aime Orphaned Land pour son mariage entre l’orient et le métal. L’équilibre est rompu ici. Il ne reste ici qu'une musique aux sonorités très orientales qui pourra plaire aux plus ouverts mais pas aux puristes qui ont besoin de leur dose de métal (on les comprend !). C’est une grosse déception, espérons que le tir sera corrigé au prochain essai. Pour l’ouverture d’esprit, soyons généreux et accordons la moyenne à cet album.


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