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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 13 septembre 2013
Sa note : 12.5/20

LINE UP

-Gregg Higgins
(chant+guitare)

-Christian Larson
(guitare)

-Trevi Biles
(basse)

-Bongo
(batterie)

TRACKLIST

1) Funeral Queen
2) Path of Doom
3) Give Up the Witch
4) Father Time
5) Dream Again (Hellenbach)
6) Moonchild
7) Battle for the Cross
8) Venomous Maximus
9) Mothers Milk
10) Hells Heroes

DISCOGRAPHIE


Venomous Maximus - Beg Upon The Light
(2013) - heavy metal doom metal Noirci au charbon - Label : Napalm Records



« Pourquoi ? » Une question fondamentale, non ? Le Prisonnier, le numéro 6, l’a posée dans un fantastique épisode de la série du même nom (ben oui, jeunes lecteurs, il y avait une vie avant Games of Thrones), de même que José Mourinho, alors entraîneur du Real Madrid, dans une mémorable conférence de presse (quoique dans son cas c’était plutôt « ¿Por qué? »). Je vais copier ces illustres modèles et poser à mon tour cette question totalement métaphysique : pourquoi ? Pourquoi Napalm Records a choisi de pondre une réédition du premier album de Venomous Maximus, sorti en 2012 sous d’autres cieux, hein ? Pourquoi ? Vous pouvez me le dire ?
 
Le moins qu'on puisse dire, c'est que la réponse tarde à arriver, parce que jusqu’à "Moonchild", franchement, la musique de ce quatuor Texan est certes honnête, mais sans plus, la faute notamment à une voix un tantinet agaçante. Il est certain que l’organe vocal du sieur Higgins est particulier – un mélange de Rozz Williams, Glenn Danzig et Nemtheanga en eaux calmes – et confère par moments au heavy/classic doom du groupe une dimension malsaine limite batcave (notamment sur "Path of Doom") assez intéressante.  Le problème est que le chanteur, dont la voix est très (trop) mise en avant, en fait des tonnes et le fait qu’il déclame bien souvent au lieu de chanter ne colle pas forcément toujours très bien avec le mélange heavy / doom mâtiné de gros rock proposé par les instrumentistes. Rien d’inécoutable bien sûr ("Give Up The Witch" est même plutôt intéressant), mais, outre les longueurs d'un titre comme "Dream Again", on a parfois envie que le Monsieur se taise et que la section rythmique soit un peu plus mise en avant. De là à questionner la pertinence de la réédition d’une œuvre assez quelconque, il n’y a qu’un pas, franchi assez allégrement.
Les choses commencent à changer avec le titre évoqué au début de la chronique : "Moonchild" possède encore quelques approximations (la voix féminine n’apporte pas grand-chose, il faut bien le dire), mais la musique se fait plus incisive et plus franchement heavy-metal. Gregg modère un peu ses ardeurs théâtrales et, tel le meilleur ami de l’homme, l’auditeur dresse les deux oreilles (mais ne remue pas encore la queue). L’embellie se confirme carrément avec le très bon "Battle For The Cross" : la musique de Venomous Maximus, toujours aussi pesante, se fait alors épique, et les gros riffs, simples comme bonjour mais bien efficaces, font mouche. Un hymne en puissance quoi. Si par la suite, l’énergique "Venomous Maximus" ne dément pas l’amélioration, "Hell’s Heroes" la confirme complètement et clôt en beauté l’œuvre. Titre de la chanson oblige, celle-ci possède un petit côté black-metal bien agréable : l’un des principaux riffs utilisés ne dépareillerait en rien sur un titre heavy d’une formation norvégienne peinturlurée pratiquant le sacro-pas-saint genre musical qui a tant fait pour la réputation métallique de ce pays. 


Venomous Maximus n’a pas sorti une merveille d’album, mais quand le chanteur choisit de ne pas trop faire le cabot et que les Américains sortent vraiment l’artillerie lourde, le résultat est plutôt bon. Beg Upon The Light peut avoir une place dans le lecteur MP3/l’armoire à CD du fan de doom traditionnel et de heavy qu’une petite dose d’obscurité n’effraye pas. A la lumière de la seconde moitié de l’album (enfin lumière, c’est une façon de parler…), le choix de Napalm ne paraît pas si idiot. Contrairement à Patrick Mc Goohan ou José Mourinho, j’ai obtenu une réponse. Tardive certes, mais comme le dit Lao-Tse : « Mieux vaut tard que jamais. »



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