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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 03 novembre 2013
Sa note : 6/20

LINE UP

-Matt Johnson
(chant)

-Tim Hillier-Brook
(guitare)

-Tom Searle
(guitare)

-Tim Lucas
(basse)

-Dan Searle
(batterie)


TRACKLIST

1) To The Death
2) You Don't Walk Away From Dismemberment
3) Minesweeper
4) They'll Be Hanging Us Tonight
5) This Confession Means Nothing
6) In The Desert
7) A Portait For The Deceased
8) The Darkest Tomb

DISCOGRAPHIE


Architects - Nightmares
(2006) - metalcore technique & casse-noix - Label : In at the Deep End Records



Autant jouer franc-jeu dès le départ : j'ai adoré les dernières sorties d'Architects. Même The Here and Now n'est pas aussi mauvais qu'on se l'entend dire. Je vous jure. Et mazette, ce pied intégral sur Daybreaker... Inutile de vous faire un dessin. C'est plein d'enthousiasme que j'avais prévu de m'enjailler (ouais, on parle comme B2OBA dans le coin) avec le reste de la discographie des fougueux Anglais. Oh, je savais bien que le chanteur Sam Carter, si plaisant sur les derniers opus, n'était pas encore de la partie mais il en fallait plus pour me refroidir. Et ce plus, c'est Nightmares qui me l'a apporté sur un plateau un peu trop « -core » pour moi. 

Pour un premier album, réalisé par des gamins qui plus est, Nightmares envoie du bois, c'est certain. Les huit pistes sont une démonstration de metalcore salement technique et méchamment virevoltant. Pas besoin d'artifices électro ou de refrains putassiers pour faire pleurer de joie les adolescents pré-metal de la planète (car oui, les méchus d'aujourd'hui s'introduisent au genre par le metalcore mais viendront écouter vos groupes de vieux un jour, soyez sans craintes). Quelques solos bien sentis comme celui de "You Don't Walk Away From Dismemberment", quelques rythmes perturbés et perturbant d'inspiration Meshuggienne voire Dillinger-Escape-Planienne, le tout saupoudré (ou plutôt noyé) de vocaux arrachés en permanence du beugleur d'alors, Matt Johnsson, et le tour est joué. Je dis hurleur car le chant clair n'est pas de mise ici. Et l'on comprend bien que les puristes ont dû se sentir trahis avec son arrivée, c'est certain, mais finalement, un peu de chant clair pour aérer le tout sera une grande idée du groupe. Sur Nightmares, la seule aération est "This Confession Means Nothing", quasi-instrumentale et seule piste à ralentir le tempo quelques minutes. Pour le reste, tout n'est qu'ultra-violence ("The Darkest Tomb", piste finale, n'est pas une ballade, ça non). Sauf que voilà, vous avez dû le remarquer, j'ai parlé d'une « démonstration de metalcore ». Et c'est clairement ce qui fâche ici.
Car malgré l'ébauche des futures réalisations du groupe (changement de rythmes fréquents, technicité mise en avant, tapping de tueurs comme celui, bref, d'"In The Desert"), Nightmares reste un bête album de metalcore. Pas foncièrement mal foutu, loin de là, mais qui comporte les défauts tellement récurrents du genre qu'ils en deviennent éliminatoires. Clauses noires / Au revoir. Mais quels sont donc ces défauts ? Premièrement, un chant hurlé absolument bateau et monolithique. Quasiment aucune variation là-dedans, ce qui est dommage lorsque les lignes vocales ne portent elles-même aucunes mélodies. Tout cela est bien évidemment calé sur la technicité bordélique de la musique qui passe en fond, mais, à trop jouer les foufous, Architects en devient franchement irritant et brouillon. Second défaut, évoqué ici : le manque de musique dans tout ce fatras. Les plans (pas mauvais et techniques à mort, j'insiste) semblent s’enchaîner sans logique apparente. Certaines aiment. Pas tout le monde. Enfin, dernier défaut : le contexte. Architects version Nightmares n'apporte, déjà en 2005, et mis à part sa technicité sur laquelle j'insiste vraiment trop lourdement, rien de nouveau à une scène metalcore pullulante de groupes taillés du même bois. Et ça, mes chers amis, c'est toujours quelque chose d'un peu embêtant, même si non éliminatoire par principe. 


Bref, à dire vrai, Nightmares est bien fichu. Partant un peu trop en vrille du fait de la jeunesse des membres du groupe, qui en profitent surement extérioriser tout un tas d'hormones, l'album souffre des défauts caractéristiques du genre, l'aspect racoleur en moins. Ici, c'est la construction-déconstruction ultra-brouillonne, confuse et monolithique qui domine. Si je ne dénie pas un charme certain à ce genre de chose, j'y reste le plus souvent imperméable. Et dans le cas présent, trop de foutraque tue le foutraque. La folie cède place à l'ennui puisqu'il est impossible de se raccrocher à quoi que ce soir pour fixer sa concentration. Vivement la suite, nettement plus buvable (et plus racoleuse, aussi, mais c'est une autre histoire). 


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