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CHRONIQUE PAR ...

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Lotus
Cette chronique a été mise en ligne le 03 décembre 2013
Sa note : 18/20

LINE UP

-Greg Puciato
(chant)

-Ben Weinman
(guitare)

-Brian Benoit
(guitare)

-Liam Wilson
(basse)

-Chris Pennie
(batterie)

TRACKLIST

1)Panasonic Youth
2)Sunshine The Werewolf
3)Highway Robbery

4)Van Damsel
5)Phone Home
6)We Are The Storm
7)Crutch Field Tongs
8)Setting Fire To Sleeping Giants
9)Baby's First Coffin
 
10)Unretrofied
11)The Perfect Design


DISCOGRAPHIE


The Dillinger Escape Plan - Miss Machine
(2004) - hardcore Mathcore Nerveux et Destructeur - Label : Relapse Records



Si pendant votre sommeil vous rencontrez des drôles de bonhommes répondant au nom de The Dillinger Escape Plan, relaxxx tout va bien ils jouent du mathcore chaotique, tranquille non ?… Si en revanche ce même groupe vous propose de faire un tour dans leur Miss Machine, foutez le camp votre âme et votre être subiront d’irrémédiables blessures 

Les DEP sont de fins chirurgiens, c’est un fait que même le plus récalcitrant étourdi d’entre nous ne peut nier, leur finesse n’a d’égale que leur capacité d’alterner arrêts vasculaires et sueurs sadiques camouflées en drapeau blanc (genre je t’envoie une poutre, te baise le front les lèvres pleines d’herpès, pour te faire déguster par la suite la charpente dans son entièreté). Leur musique fait penser généralement à une belle orgie (pour ne pas dire autre chose) : le jazz flirte fougueusement avec le hardcore, sa chaleur l’imprégnant violemment, le trip-hop et le rock s’enivrent des boissons les plus nobles et le métal supervise la scène en pleurant à chaudes larmes… Trop exagéré ? Absolument pas, rien que les morceaux "Sunshine The Werewolf " et "The Perfect Design" vous la mettrons profonde, essayez simplement de ne pas trembler de la patte ça sera déjà ça, et c’est loin d’être tout.
Cette voix… Doux Jésus ! Saint Dieu ! Et leurs multiples apôtres ! Greg défouraille le marteau, l’enclume et ce putain d’étrier par ses gueulardes foutrement jouissives, les parties saturées ("Unretrofied", "The Perfect Design") accentuent l’instrument du frontman et le dote d’une violence inouïe, donnant ainsi une impression (c’est même pas une impression en y réfléchissant bien) de chaos chaotiquement chaotique. Dès l’intro, les célèbres riffs épileptiques taillés au scalpel de la quintette (ça fait tout de suite moins méchant hein ? haha) sont balancés, on aime ou on aime pas mais l’effet est identique pour tous : montée d’adrénaline, pouls qui s’emballe, mydriase, encéphalogramme plat piiiiiiiiiiiiiiiiiiii… Il va falloir plusieurs écoutes pour capter le truc, pour entrer dans leur bulle de savon à l’acide fluorhydrique, à vos risques et périls bien évidemment.
« Mais merde, comment est-ce possible d’alterner une tempête dissonante avec une mélodie à faire pâlir l’âme d’un démon ? Comment la musicalité a-t-elle su faire son nid dans cet arbre aux branches incandescentes » ? Tant de questions que nous, simples amateurs, nous posons à chaque seconde des 40 minutes que nous offre cette galette génétiquement modifiée. DEP insère judicieusement des accents jazz et rock, et même un arrière-goût de trip-hop brumeux prêt pour la B.O du prochain thriller psychologique ( "Phone Home"). Quelle diversité, quel plaisir, quelle extase ! Que dire de plus ? L’inclinaison s’impose devant des titres aussi magiques que "Setting Fire To Sleeping Giants" ou " Highway Robbery ", les larmes montent aux yeux, la lèvre inférieure sanglote, que faire d’autre à part se rendre à l’évidence que cette édifice frappe directement au moteur humain ?

Si le chaos et les expériences destructrices vous bottent, alors foncez sur cette came. Vu la qualité ça ne peut pas vous passer sous le nez (haha)… Puristes ou que sais-je, passez votre chemin, ce melting pot musical vous mettra en rogne. Ah oui au fait… Si jamais DEP passe dans votre bled pourri, ne ratez pas ça leur prestation sur scène est plus qu’orgasmique.


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