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CHRONIQUE PAR ...

103
Amdor
Cette chronique a été mise en ligne le 12 janvier 2014
Sa note : 8/20

LINE UP

-Michael Tiefenthaler
(chant+guitare)

-Johannes Frauenhuber
(chant+percussions)

-Christoph Kiebe
(chant+percussions)

-Jakob Schreimoser
(guitare)

-Reinhard Seifriedsberger
(basse)

-Christopher Till
(batterie)

TRACKLIST

1) Intro
2) Anger
3) Ignorance
4) Boom
5) World of Deadhearted
6) Rethink Your Choice
7) Fight
8) Social Scum
9) I'm Always Here
10) Deambula
11) Self-Absorbed Folk
12) Dying Sheep
13) Self Polka

DISCOGRAPHIE


Tuxedo - Flowerfield Melodies
(2013) - metalcore et des animaux de la ferme - Label : Massacre Records



C’est cool quand on est bourré : on est indestructible, charismatique et beau, parfois même un peu philosophe... dans la tête du moins. Vu de l’extérieur, t’es surtout un pauvre paumé en train de dégueuler un mélange de pizza savoyarde, de vodka et de bile à quatre pattes au milieu de la route en ignorant tout à fait d’où tu viens, où tu es et où tu vas. Pourquoi vous dis-je ça ? Parce que le « concept » de Tuxedo pue l’ébriété à pleins nasaux : de l’« alpencore » ? Vous êtes sérieux ? A mon humble avis, quand le géniteur de cette brillante idée s’est dit que ça pourrait avoir de la gueule, son taux d’alcoolémie devait vraisemblablement s’exprimer en grammes de sang par litre d’éthanol…

Après tout, ça partait d’une intention louable : puisque l’Autriche lègue comme héritage au monde le bon goût et le raffinement que représentent conjointement la polka et la Lederhose ainsi que les verts alpages fleuris foulés mollement par les vaches, les membres du groupe se targuent de mélanger avec autodérision ces éléments avec le metal qu’ils affectionnent tant. Et finalement, l’espace d’une seconde, on se dit  « pourquoi pas ? Il existe bien des mélanges de genres qui semblent immondes sur le papier mais qui fonctionnent à merveille. Surtout dans le metal (voir Pryapisme par exemple) ! ». Pourtant, ce Flowerfield Melodies va vous offrir la preuve, pour peu que vous en doutiez encore, que si Summoning n’avait pas encore osé le faire, c’est parce qu’il y avait une bonne raison…
Le Flowerfield Melodies en question est le second album de nos Autrichiens et c’est d’ores et déjà l’heure d’un premier constat : cinq titres sont des redites du premier essai qui datait de 2010 et si on fait le calcul, on se rend compte que cette galette ne contient que 28 minutes de nouveaux titres. C'est chiche de leur part, mais dans la mesure ou personne, ou presque, ne connait leur premier essai, autant leur pardonner. Le début d’album entretient le temps de quelques minutes l’espoir : certes avoir une intro à l’accordéon sur un album de metal ça n’est pas banal, mais "Anger", à défaut de réinventer la poudre, est plutôt efficace, proposant un metalcore mélodique déjà entendu mille et une fois mais loin d’être honteux malgré un essai de tapping pendant quelques secondes qui fleure bon l’amateurisme. C’est après que ça se gâte…
Déjà, on a beau l’attendre avec un mélange de crainte et d’excitation, le mélange des genres metal/musique alpine n’aura jamais lieu, contrairement à ce qui était sous-entendu. Certes on aura le droit un percussionniste qui martèle périodiquement des cloches de façon assez anarchique sur la majorité des titres pour un effet très discutable, des bruitages d’animaux de la ferme à la fin de certains morceaux et… c’est tout. Ne restent donc que des mecs en costume traditionnel jouant un metalcore réchauffé qui fait l’affaire le temps de cinq ou six morceaux mais qui finit par gonfler quand on connait tellement mieux. Pourtant le mélange allumé de percussions et d’électro sur "Dying Sheep" aurait pu être intéressant à creuser et donner un résultat bien plus détonnant. De plus que, sur le reste de l’album il y a même des passages qui ne passent carrément pas comme l’inutile morceau de polka qui conclut l’affaire, le chant clair imbuvable de "I’m Always Here" ou encore le « Un, dos tres » (quoi ?) introductif sur "Deambula".


L’étiquette d’« alpencore » ne sera donc qu’un gimmick pour Tuxedo qui est bien plus conventionnel qu’il ne voudrait le faire croire. En outre, si la musique n’est pas, dans l’ensemble de très mauvaise qualité, l’amateurisme ambiant des musiciens sera absolument rédhibitoire pour tous les amateurs de metalcore. Pourtant, en exploitant bien l’idée de départ, aussi incongrue qu’elle soit sur le papier, il pourrait bien y avoir quelque chose de sympa à faire à l'avenir. A vous de rectifier le cap messieurs.


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