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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 23 janvier 2014
Sa note : 16/20

LINE UP

-Florent Langevin
(chant+guitare)

-Pierre Baluze
(guitare)

-José Pascual
(basse)

-Steven Fernandez
(batterie)

TRACKLIST

1) Blood Curse
2) The Living Dead
3) Unleash the Fucking Death
4) Abyss of the Lost Time
5) Hydra of Filth
6) Pyramidal Dissection
7) Psychiatrist
8) Dark Side
9) Artificial Life
10) On the Styx River
11) Bedouin at the North Pole

DISCOGRAPHIE


Exorcizer - Mechanism of Decay
(2014) - thrash metal - Label : Autoproduction



Tommy T. Baron fait le ménage dans sa somptueuse villa de Los Angeles quand on sonne à la porte.
-  Schmier ? Mais… que fais-tu ici ? Tu es fou ? Si jamais on te voit…
-  Je… je viens te dire que je m’en vais… pour toujours ! Et que je veux que tu viennes avec moi !!
-  Mais… mais… les gars de Vektor m’ont dit que…
-  Oublie Vektor !!! C’est toi que je veux Tommy, tu comprends ?? Partons, allons fonder un groupe loin d’ici !
-  Tu sais bien que je ne peux pas !!! s’écrie Tommy avant de fondre en larmes.

 
Du côté de Limoges, quatre gars sont carrément accros à Frappe Moi Fort, le fameux soap pour metalleux. Tellement accros que, émus jusqu’aux larmes par cette déclaration d’amour, ils ont décidé de faire du rêve du leader de Destruction une réalité et de monter un groupe qui soit capable de mixer la technicité de Coroner époque No More Color/Mental Vortex avec le raw-thrash germanique. Comme en plus ils ne sont pas étroits d’esprits et plutôt malicieux, ils se sont dit que rajouter des petites références à Possessed (le départ de "Unleash the Fucking Death" fait penser à "Beyond the Gates"), ou Death version Human ("The Psychiatrist" commence comme "Suicide Machine") ne serait pas une mauvaise chose. Et ils ont eu raison ! Quand la musique est nulle, mettre quelques passages entendus autre part peut passer pour un manque d’inspiration, mais quand on sort un truc de la qualité de Mechanism of Decay, on parle plus facilement de « clins d’œil » et d’influences bien assimilées.
C’est vraiment le cas ici puisque le quatuor Frenchie au nom fleurant aussi bon le thrash que la pochette en tout point hideuse dessinée par le fils de 12 ans de la concierge de l’immeuble où vit José, le bassiste, délivre un premier opus carrément béton. Véritable démonstration de puissance, Mechanism… pourrait presque être qualifié d’encyclopédie de riffs tant le groupe passe en revue, près d’une heure durant, toutes les possibilités pour défoncer l’oreille de l’auditeur, utilisant même plus d’une fois le blast-beat, rythme peu à la mode dans le milieu thrash. Emmené par un vocaliste aux hurlements Schmiriens aussi hargneux (et un poil plus graves) que ceux du maître teuton, muni d’une section rythmique infaillible et d’un batteur peu regardant quant à la dose de double-pédale, et appuyé par une guitare lead aimant tenir compagnie aux vocaux, Exorcizer enchaîne directs, uppercuts et crochets dans le foie sans sourciller, en toute tranquillité puisqu’à aucun moment les Limougeauds paraissent forcer la machine. Il en résulte une œuvre dense, travaillée, tout en maîtrise, et qui ne s’apprécie pleinement qu’au bout d’un nombre d’écoutes suffisant pour saisir la largeur du spectre d’attaque de nos gaillards.
On attend un vain une petite baisse de régime, mais les onze titres, longs de plus de quatre minutes chacun, sont tous d’un excellent niveau. Il est d’ailleurs difficile de ressortir une compo, on signalera simplement que "Unleash the Fucking Death", "On the Styx River" ou encore "Hydra of Filth" sont les plus directes et les plus catchy, que "Psychiatrist" est une agréable incursion dans un univers plus death (plus Death ?) et plus aéré que le reste de l’œuvre, et que "Bedouin at the North Pole" le bien nommé confirme la facétie des artistes qui terminent Mechanism... par une outro black metal aussi inattendue que bienvenue. Néanmoins, il est très hautement recommandé d’écouter l’album en entier tant il regorge de poutreries (ou poutrance pour suivre les recommandations de l’Académie Française à ce sujet). Côté défauts, c’est le calme plat : outre le traditionnel « on a déjà entendu ça autre part » applicable à tellement d'œuvres, on déplorera le côté parfois poussif des démarrages des chansons, qui commencent en général en mode diesel ("Abyss of the Lost Time", "Artificial Life", voire le lead qui introduit "Blood Curse"). Des broutilles en somme.


Moins frénétique que celui de Vektor, le thrash d’Exorcizer boxe néanmoins dans la même catégorie que celui des grandioses Ricains. Mechanism of Decay allie pendant près d’une heure puissance et technicité sans jamais défaillir. Vous aimez le thrash agressif, complexe mais pas trop et lorgnant parfois sur le death ? Vous pouvez acheter l’album les yeux fermés, vous en aurez pour votre argent, bande de petits masochistes : Exorcizer a mis les petits plats dans les grands et passe en revue toutes les manières de vous faire du bien. Si les Limougeauds se comportent au lit de la même manière que lorsqu'ils jouent de la musique, leurs compagnes doivent être littéralement épuisées. Quelle santé !
 

 



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