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CHRONIQUE PAR ...

7
Count D
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13/20

LINE UP

-Vicomte de Neurasthésie
(basse+chant)

-Many Laethurius
(guitare+claviers)

-Starthell
(batterie)

TRACKLIST

1)Intro (Carmina Burana : O Fortuna)
2)Votre sang est ma victoire
3)L'hymne à la haine
4)Les portes de l'oubli
5)Dieu dévastateur
6)Outro (Voici que mon
7)corps se nomme carcasse)

DISCOGRAPHIE


Ancêtres - Votre Sang Est Ma Victoire (démo)
(2004) - black metal - Label : Autoproduction



Fondé en 1998, le groupe français Ancêtres s’orientait jusqu’alors vers un death/black Metal qui vit le jour avec leur première production Dieu Dévastateur. Subissant avec le temps et la maturité les modifications de line-up, Ancêtres se voit proposer aujourd’hui avec ce deuxième opus Votre Sang Est Ma Victoire une musique plus riche et mélodique, orientée vers un Black Metal haineux, dans la pure tradition sonore d’une autoproduction. Un album correct, même si musicalement il n’y a rien de nouveau sous le soleil.

Ancêtres propose six titres dont quatre vraiment métal. Au-delà d’une technique peu mise en avant, la personnalité du groupe prend sa source directement dans les racines les plus froides et malsaines du genre. Le rythme de l’album peut sembler assez homogène à la longue. C’est donc dans les mélodies qu’il faut se plonger, fermer les yeux, et s’inspirer de la haine glaciale qui émane de chaque composition. La première, intro plutôt réussie, met en scène le réputissime "O Fortuna" de Carmina Burana mêlé à des sons guerriers. Belle entrée en matière pour Votre Sang Est Ma Victoire où le thème principal, comme celui de tout l’album en fait, tourne autour d’anti-religion, de faiblesse humaine et de mort. Ancêtres privilégie la langue de Molière pour mettre en avant ses textes expressifs, tout autant que le chant du Vicomte de Neurasthénie, qui va chercher loin dans la perfidie et l’agressivité impie.

C’est dans cette ambiance que commence le titre "Dieu Dévastateur", un mélange de voix extrêmes, blasphématoires et destructrices, pour déboucher sur un black entremêlant mélodies sombres et sobres, parfois à la limite du simpliste. Le but n’est bien sûr pas de faire de la démonstration sinon une musique pure. "Les portes de l’oubli" possède tout d’un bon titre, les riffs typiquement sombres sur une rythmique solide et rapide, sans toutefois jouer aux blast beat extrêmes. Des passages plus atmosphériques viennent enfoncer l’esprit du morceau dans des méandres noirs, un peu comme le ferait Nehemah. Entrent alors en jeu quelques claviers timides et lointains, mais suffisants pour donner son ampleur plus profonde à la musique.

Pour revenir sur le son, la production est correcte, même si l’ensemble sonne un peu comme l’enregistrement réussi d’une répétition, peut être une inspiration darkthronienne… D’ailleurs le titre "Les portes de l’oubli" nous rappelle qu'Ancêtres puise ses sources dans cette pureté dénuée de toute dentelle. Dommage que l’enchaînement un peu trop systématique des riffs nous laisse sur une impression d’homogénéité et de déjà-vu. Le dernier titre "Outro" est une longue litanie narrée, contant le voyage post mortem dans le monde des Ancêtres. La scène prend vie grâce à un orgue d’église lent et posé, sommant le recueillement et le désarroi. Les narrations laissent place à une orchestration plus complexe et satanique où vient s’imposer un chant extrême, histoire de nous rappeler que l’on appartient maintenant bel et bien aux enfers.


Cet album montre que Ancêtres possède un potentiel mélodique satisfaisant dans ce monde sombre et tordu qu’il s’est créé. Peut être attendons-nous une mise en avant plus évidente et travaillée de la personnalité de ce groupe français qui saura proposer dans le futur des œuvres plus matures et précises, telle est la volonté de cette horde…


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