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CHRONIQUE PAR ...

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Ptilouis
Cette chronique a été mise en ligne le 26 janvier 2014
Sa note : 12.5/20

LINE UP

-Andrea Rampa
(chant+claviers)

-Davide Ronfetto
(guitares+chant+programmation)

-Luca Spagnuolo
(guitares)

-Alessandro Spagnuolo
(basse+contrebasse)

-Salvo Amato
(batterie+percussions)

TRACKLIST

1) Among the Fields of Rust
2) Waxhopes
3) Losing Time
4) Love Moan
5) Burning the Air
6) Sacrifice
7) Social Contract
8) The Secret Garden
9) Run with Me
10) Out of the Blue
11) High Waters
12)
Melissa

DISCOGRAPHIE


Rustfield - Kingdom of Rust
(2013) - heavy metal metal prog mélancolique - Label : Massacre Records



Rustfield c'est le projet de deux italiens inconnus, Davide Ronfetto et Andrea Rampa, qui se sont un jour dit: « Hey si on faisait un truc avec des tempo chelou, ça devrait déchirer grave ! ». Ils ont donc monté le groupe en 2007, épaulés par deux autres inconnus, et se sont mis à composer. Les morceaux avancent lentement. Qu'à cela ne tienne, des musiciens de marque sont touchés par leurs démos et décident de les épauler et de faire une apparition sur Kingdom of Rust. Et ce n'est n'importe qui jugez plutôt : Federica De Boni (White Skull), Douglas R. Docker (Docer's Guild), mais surtout John Macaluso (Symphony X, ex-James Labrie, ex-Ark). Et bien heureusement que ce dernier était là, car sinon je ne me serai jamais penché sur un groupe qui partait très mal avec son affreuse pochette et son premier single pas terrible.

Kingdom of Rust s'avère être un album tentant un équilibre maladroit entre un metal progressif mélancolique et aérien, privilégiant l'émotion comme Pain of Salvation ou Porcupine Tree à la technique pure, et du heavy metal assez ancien. Si le mélange a déjà été fait par d'autres groupes, il n'est ici pas complètement réussi car la plupart des parties heavy tombent à plat. L'écoute de "Waxhopes", morceau sensé nous appâter pour écouter le reste de l'album, en est un exemple flagrant. Tout y est mou, poussif et même l'intervention de Federica De Boni pour y mettre un peu de punch n'y fait rien, on s'ennuie. A cela deux raisons : une production manquant vraiment de punch rendant certains passages heavy peu crédibles alors qu’ils devraient apporter cette dualité aux morceaux ("Sacrifice", "Burning The Air") et les hurlements d'Andrea Rampa qui sont très souvent à la limite du supportable (la triplette "Sacrifice", "Burning The Air" et "Social Contract" est une vraie épreuve). Et ce constat amère est d'autant plus regrettable que le groupe arrive par moments à bien marier les genres, ne serait-ce que sur le très bon "Among The Field of Rust" qui mélange très bien une première partie heavy et efficace, pour déboucher sur un passage plus calme tout en émotion où le chanteur fait des merveilles. C'est aussi le cas pour l'excellent long morceau final "High Waters" qui s'inspire habilement de la période plus rock de Dream Theater avec un début qui n'est pas sans rappeler "Lines in the Sand".
C'est particulièrement sur ce versant progressif et mélancolique que le groupe gagne en crédibilité et rend l'écoute de Kingdom of Rust agréable. Les instruments savent y insuffler une atmosphère à la fois triste et aérienne et certaines mélodies s'avèrent profondément entêtante comme celle de l'instrumentale "Out of The Blue" (qui possède un sublime solo de guitare). De même pour les passages plus influencés par le rock progressif qui ponctuent le disque et s'avèrent souvent très agréable, nous berçant dans un monde empli d'émotions et de finesses. On pourrait prendre pour exemple la beauté d'un "Love Moan" ou d'un "Losing Time" chanté par un Davide Ronfetto touchant et accompagné par un clavier qui sait être discret. On pourra dire la même chose d'une autre ballade "Secret Garden" où Andrea Rampa fait des merveilles. C'est aussi lui, avec son clavier, qui apporte de nombreuses idées aux différentes compositions, créant non seulement une ambiance, mais aussi cette touche progressive avec des claviers renvoyant au rock progressif des années 70. Les autres instruments ne déméritent pas, bien sûr, mais savent ne pas trop en faire pour garder une cohérence à l'ensemble. Pour finir, on peut encore regretter que la sympathique "Run With Me" sonne un peu hors-sujet dans cet univers avec son clavier enjoué et que le disque soit bien trop long (près de 70 minutes) comme souvent dans les groupes jouant du progressif.

En voulant jouer sur plusieurs tableaux qu’ils ne maîtrisent pas totalement, les italiens de Rustfield nous livrent un album en demi-teinte, basé sur un équilibre précaire entre moments heavy et passages mélancoliques. Si l’équilibre n’est que rarement trouvé et que Kingdom of Rust déçoit quand il veut muscler son jeu, il reste tout de même agréable lorsqu’il emprunte un langage plus doux et progressif. Toutefois, si le chant agressif d'Andrea Rampa s’améliore et que la production monte d'un cran, les italiens devraient pouvoir nous offrir un prochain album plus abouti, rempli d'une musique à la fois subtile et profondément mélancolique.


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