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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17/20

LINE UP

-Adam Symonds
(chant)

-Phil Buch
(guitare)

-Simon Davis
(guitare)

-Nick Brown
(basse)

-Keiron Iles
(batterie)

TRACKLIST

1)Solstitium
2)Hail Satan
3)I Am What You Are
4)More Fireflies For The Candlelight
5)The Hunter And The Hunted
6)Do Not Move A Muscle, Do Not Breathe A Word
7)Voices
8)Murder Was Her Name
9)Echoes
10)The Acidic Taste Of Betrayal
11)The Atheist Light
12)Disinformasiya

DISCOGRAPHIE


Eden Maine - To You The First Star
(2005) - postcore - Label : Undergroove Records



L'emploi du temps d'un chroniqueur devient rapidement monotone. On reçoit des promos, on écoute les promos, on leur met une note entre 8 et 13 et on reçoit de nouveaux promos. En effet, il est rare de tomber sur des albums réellement abominables ou géniaux. Les premiers ont pour avantage d'être très rapides à chroniquer: quand c'est vraiment à vomir une ou deux écoutent suffisent. Les derniers posent plus problème, surtout quand ils sont difficiles d'accès, car un grand nombre d'écoutes devient nécessaire pour goûter la musique et voir si l'effet perdure. L'album d'Eden Maine est le premier CD promo que je reçois qui me scotche littéralement à mon siège. Le premier qui est rentré dans la liste de mes CDs préférés du moment, et que j'écouterai probablement encore d'ici quelques semaines pour mon plaisir. Car To You The First Star est un album réjouissant que je m'apprête à encenser avec joie.


Dieu, que décrire la musique de ce groupe est difficile! Un mélange entre black et néo tout en passant par le suédois et le hardcore? Non, les étiquettes ne marchent plus ici. Il ne reste plus qu'à tenter de mettre des mots sur ce phénomène tout en espérant que les lecteurs réussiront à se faire un vague idée. Le chant d'Eden Maine est unique. Ce type dégage une folie consciente dans ses vocaux hurlés, ce je-ne-sais quoi qui donne l'impression qu'il est totalement cinglé. Son growl est aigu et écorché et porte tout l'album de par ses modulations, son grain, son côté maniaco-dingue. Il rappelle Varg de Burzum dans ce côté "vomissement" tout en étant aussi éloigné du chanteur culte norvégien que de tout autre vocaliste en activité. Qui hurle comme ça? Anselmo? Corey de Slipknot? Lynn Strait (R.I.P) de Snot? Un peu tous, et aucun. Voici un chanteur qui est pour moi déjà une référence.

Et le reste de la musique, ciel... Eden Maine possède un son sale, au grain lourd et râpeux qui rappelle un peu la scène rock de Seattle, comme Sonic Youth. Et utilise ce son pour pondre des riffs à la fois énormes, massifs et dissonants. La première écoute donne une grande impression de chaos musical, le fameux "mais ils font du bruit!" généré par les multiples dissonances. La basse est également très grosse et possède ce même son sale jouissif, et la batterie est tenu par un magicien de violence et de finesse, qui assure comme une brute tout au long de l'album. Tous ces braves gens aiment à balancer la sauce en même temps, dans des déflagrations soniques rythmiquement déstructurées qui remplissent totalement le spectre sonore. C'est ça qui crée cette impression de bouillie sonore au début, mais une fois le casque sur les oreilles la précision et la construction des riffs laisse pantois. C'est dissonant, ça ne sonne comme rien d'autre, mais c'est pensé à la note près. C'est bon!

L'autre caractéristique d'Eden Maine à part ces riffs bruitistes et ce chant psychotique est un goût prononcé pour les mélodies contemplatives et hypnotiques. On pense à Radiohead par moments, mais uniquement parce que le groupe anglais a prouvé qu'il était un maître es-mélodie. Eden Maine distille ses plans énigmatiques à la manière d'un Tool sous acide, captant l'attention de l'auditeur grâce à des nappes de guitares et des boucles aériennes et atmosphériques qui permettent de partir loin, très loin. Il n'y a aucune faute de goût dans ces moments de finesse et de paix, on se retrouve systématiquement happé et transporté par ces fenêtres ouvertes sur un autre monde serein et mélancolique. C'est du grand art, l'art de faire naître de la plus grande simplicité quelque chose d'unique et de profond. C'est du talent...


Voilà, je ne peux pas développer plus. Etant incapable de décrire avec précision la musique de ce groupe, je n'ai pu que tabler sur les émotions que ce disque m'a transmises, qui se confirment au moment où je tape ces lignes, l'album sur les oreilles évidemment. J'attends toujours la pointe de lassitude qui devrait finir par arriver à un moment donné, mais pour l'instant cet album me redonne à chaque écoute les mêmes frissons. Brutal et extrêmement inventif dans ses moments d'agression métallique, superbe dans ces moments d'introspection mélodique, brillant dans l'enchaînement de ces deux registres, Eden Maine est un groupe de futurs grands. En tout cas j'en prends le pari. Sacrée claque dans la face! Tiens, je vais me le remettre.


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