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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 19 février 2014
Sa note : 6/20

LINE UP

-Stuart Braithwaite
(guitare)

-Barry Burns
(guitare+claviers)

-John Cummings
(guitare)

-Dominic Aitchison 
(basse)

-Martin Bulloch
(batterie)

TRACKLIST

1) Heard About You Last Night
2) Simon Ferocious
3) Remurdered
4) Hexon Bogon
5) Rapelish
6) Master Card
7) Deesh
8) Blues Hour
9) No Medicine For Regret
10) The Lors Is Out Of Control

DISCOGRAPHIE


Mogwai - Rave Tapes
(2014) - post rock electro - Label : Sub Pop



Ceux qui écoutent de la musique sur leur ordinateur sauront de quoi je veux parler. Car, voyez-vous, il est fréquent, lors d'une première écoute, de se divertir en notant une première impression via le système de notation par étoiles du logiciel. Une étoile = beurk ; cinq étoile = magnifique ; trois étoiles = réponse de normand ; vous avez compris le principe. Et la somme des notes de chaque piste de faire apparaître une note moyenne pour l'album. Pour ce dernier Mogwai, attendu de pied ferme, j'ai très exactement fait cela. Une notation par les étoiles... pour me divertir... pour ne pas pleurer...

Si, au départ, les étoiles obscurcissaient le logi-CIEL (wouah, trop poétique), filaient, ne sachant où trouver de l'espace, force fut d'admettre qu'avec les écoutes, les étoiles devinrent des météores et chutèrent les unes après les autres. Un drame universel. Qu'était-il en train de se produire chez Mogwai ? Que se passait-il chez moi ? Sur le papier, les Ecossais ne sont pourtant pas en faute. Rave Tapes présente l'idéal du post-rock Mogwai-esque : un changement dans la continuité. Quelque chose de beau comme un slogan. En effet, si le Mogwai classique est immédiatement identifiable - un connaisseur ne sera nullement désarçonné par cette sortie - le Mogwai nouveau profite de Rave Tapes pour pointer le bout de son nez. Car cette fois-ci, les sonorités électroniques sont utilisées différemment. Elles tissent souvent les mélodies, prenant ainsi la place d'une guitare décidément en retrait. Le meilleur exemple sera "Remurdered", single de l'album qui ne m'avait pas emballé à la base, et qui n'y parvient pas davantage dans le contexte du disque. Le morceau est symptomatique de la maladie qui frappe Rave Tapes : il ne mène à rien . Mais l'on pourrait évoquer également la mélodie l'irritante et ridicule de "Simon Ferocious", la mélancolie de "No Medicine For Regret" ou l'inénarrable vocoder de "The Lord Is Out of Control", piste finale un brin factice. 
Toutefois, si Rave Tapes semble bel et bien innovant en quelques endroits, il ne faudrait oublier qu'il est également classique en bien des points. Les morceaux les plus calmes - et clairement, les plus réussis - que sont "Heard About You Last Night" (magnifique de retenue et de gloire), "Deesh" ou "Blues Hour" auraient pu se trouver sur n'importe quel opus précédent. Et l'on comprend mieux pourquoi Les Revenants était si bon : c'est lorsque Mogwai est calme et attentif à ses émotions qu'il est le meilleur. Dès que le facétieux lutin s'échappe et tente de semer la zizanie, il s'écrase et devient inexcusable dans sa balourdise. Où est, en effet, l'émotion sur un titre comme ce mauvais "Master Card", dont la guitare donne envie de se la jouer comme Cobain : un smash au sol et c'est marre, apu guitare. Le reste ? Le reste se regarde jouer, comme un vieux cow-boy qui regarde ses pieds en espérant impressionner le monde avec ses jolis éperons. Pauvre de lui. Le monde, en réalité, le trouve bien ridicule, dans ses frusques. Les mélodies de l'album mènent nul part. Et surtout, les gimmick traditionnels du groupe sont utilisés de manière... impolies, pourrait-on dire. Le texte déclamé de "Repellish" est inutile. Le vocoder de "The Lord Is Out of Control" sans surprise. Bref. 


Rave Tapes n'excelle en aucun lieu une fois passé le très joli premier morceau. Le reste de l'album semble se perdre entre légères innovations inutiles et ressassement digne d'un cow-boy grabataire. Les morceaux - qui s'écoutent globalement sans mal, bien sûr, car Mogwai est accessible - ne mènent à rien. L'émotion est pratiquement absente de cet album qui signe, pour moi, une déception à la hauteur de mes attentes. Fort heureusement, avec Mogwai, cela ne présage en rien de l'avenir. Un coup pour (presque) rien. 


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